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Geobunnik

Le blog d'un enseignant qui prépare au CAPES et au CRPE en géographie à l'ESPE de Corse à Ajaccio et Corte.

Du développement au développement durable

Publié le 30 Octobre 2013 par geobunnik in epistemologie de la géographie

Introduction :

  • Elisée RECLUS : Histoire d 'un ruisseau ; Histoire d'une montagne => une empathie forte avec la nature.

  • Georges BERTRAND et son géosystème => des interactions sans déterminisme ni cause première.

  • La géographie tropicaliste à la suite de Pierre GOUROU => une première prise de conscience de la diversité du monde.

  • Yves LACOSTE => la nécessité de relier les lectures géographiques à différentes échelles et selon divers points de vue.

 

Bref, comme toute science, la géographie a évolué et a suivi l'évolution sociale. Cependant, on peut se demander si le développement durable qui est devenu un paradigme fort de ce début de XXI° siècle et qui imprègne les programmes scolaires du primaire à la terminale est devenu une branche à part entière de la géographie (= existe-t-il une géographie du développement durable, comme il existe une géographie urbaine ou une géographie culturelle ou une géographie politique) ?

 

1. Avant le développement durable :

1.1. La géographie classique

  • L'importance des relations verticales et du naturalisme.

    • Les relations verticales cherchent à comprendre comment les sociétés se sont adaptées à leur environnement proche, souvent à l'échelle locale, autour de la notion de genre de vie.

    • Le naturalisme issu des études de C. DARWIN ou de A. von HUMBOLDT marque les études, ainsi qu'un fort possibilisme (plus qu'un déterminisme), selon l'expression de Lucien FEBVRE.

  • L'étude des sociétés à travers la nature :

    • On peut voir dans la géographie classique une lecture rurale du monde, puisque les villes et l'industrie sont soit peu étudiées soit reléguées en fin d'étude. Les régions étudiées dans les monographies des thèses sont délimitées par des critères géophysiques en priorité. Du coup, les effets de l'industrie ou des sociétés sur leur environnement sont peu étudiés.

    • Cela apparaît cependant dans les travaux de Eliée RECLUS, mais aussi de jean BRUHNES (Géographie Humaine, 1910, lorsqu'il critique les méfaits de « l'économie destructive ».

Ici, on reste dans une lecture rurale du monde

1.2. La question des ressources

  • RATZEL, MALTHUS : l'homme avant tout.
    • Ils voient les ressources sous l'angle de la production et de leur utilisation pour la production industrielle naissante. Cette vision est souvent associée (comme chez John MUIR) d'une vision romantique d'une supériorité morale de l'humain sur la nature.
    • Leur crainte repose plus sur la disparition de la ressource par le pillage à court terme que sur l'idée d'en garder pour les générations futures. 

Donc une vision des ressources au service des humains.

  • Gilford PINCHOT et l'idée d'une RCE, « Ressource Conservation Ethic ». (Voir Philippe SIERRA, La géographie, concepts, savoirs et enseignements, A. COLIN, 2011)
    • Ce forestier états-unien d'origine allemande (1865-1946) propose ce concept pour permettre une régulation forte de l’État dans la gestion des ressources minérales notamment face aux entreprises privées prédatrices de la fin du XIX° siècle.
    • La RCE repose sur deux piliers : l'équité (qui est lié au temps : préserver des ressources pour les générations futures => imposer des zones réservées) et l’efficience dont le but est d'éviter le gaspillage.

La RCE propose donc une justice sociale (contre les monopoles) et d'une utilisation raisonné de la nature.

  • PINCHOT défend aussi l'idée d'une RMS (Maximum Sustainable Yield = Rendement maximum supportable), une notion issue de l'étude des captures de poissons dans les eaux danoises dans les années 1870-1890 : il ne faut prélever que ce qui correspond au taux de renouvellement de la ressource.

Apparaît donc avec ces études l'aspect temporel : les ressources doivent être pensées dans un temps long.

1.3. L'environnement et l'écologie

  • La préservation de la nature comme philosophie et comme politique.
    • Les idées de David Henri THOREAU (Walden ou la vie dans les bois, 1854) vont imprégner la culture urbaine des États-Unis : la nature comme source de loisir, une ressource originelle à préserver.
    • Parallèlement et dans la même veine que PINCHOT, le président Théodore ROOSEVELT entreprend une politique de conservation d'aires naturelles remarquables : il crée 5 parcs nationaux, fait multiplier la superficie des forêts nationales par 5, crée 51 sanctuaires pour les oiseaux, etc. à l’œuvre de TH. ROOSEVELT.

Donc l'idée que la nature doit être préservée, dans des réserves au but unique : garder une nature considérée comme originelle et non marquée par les activités humaines. 

  • L'écologie va apparaître à cette époque.
    • Son créateur, Ernst HAECKEL construit le terme d’écologie à partir du grec oikos (maison –habitat) et logos (savoir) : l'écologie est donc pour lui la science de l’habitat… Dans son ouvrage Morphologie générale des organismes, HAECKEL définit la science écologique comme : « (...) la science des relations des organismes avec le monde environnant, c'est-à-dire, dans un sens large, la science des conditions d'existence. ».
    • Le terme ne fait pas florès avant les années 1970, même si Maximilien SORRE titre une de ses ouvrages Les Fondements biologiques de la géographie humaine. Essai d'une écologie de l’homme en 1943.

Cette fois-ci, apparaît l'idée que la nature peut être étudiée non pas pour ce qu'elle apporte aux humains mais pour elle-même à travers des relations des êtres vivants avec leur environnement.

  • L'environnement, un outil pour les géographes :
    • Dans l'école de géographie classique, l'environnement n'est pas étudié dans son sens actuel. Il n'est que nature.
    • L'apport de la sociologie va permettre de penser l'environnement dans un sens plus large :
      • Abraham MOLES et Eric ROHMER proposent dans Psychologie de l'espace (1972) de classer les espaces en coquilles.

      • Aujourd'hui, la nature et l'environnement naturels sont étudiés par les géographes, souvent sous l'angle des risques, des aménagements d'un environnement protégé ou dégradé :

        • Fernand VERGER (Les zones humides du littoral français, Belin 2009)

        • André DAUPHINÉ (Risques et catastrophes – Observer, spatialiser, comprendre et gérer, A Colin 2003)

        • Patrick PIGEON (Géographie critique des risques, Economica, 2005)

        • Yvette VEYRET

        • Lionel LASLAZ, Samuel DESPRAZ, Atlas mondial des espaces protégée, les sociétés face à la nature, Autrement, 2012.

 

1.4. La géographie de la santé

  • Une géographie d'abord médicale qui cherche à comprendre les relations entre les maladies et l'environnement naturel et social.
    • Max SORRE dans un article des Annales de Géographie intitulé « Complexes pathogènes et géographie médicale » publié en 1933 s'intéresse à la géographie des maladies.
    • Les géographes s'associent aux recherches des sociologues, des économistes. Le but est alors de montrer qu'il y a une inégale répartition des maladies sur terre, et donc de chercher les raisons de ces inégalités : on regarde les facteurs étiologiques (les causes des maladies) mais aussi le rapport entre le milieu social et l'état de santé d'une population (un rapport établi par les médecins depuis le début du XX° siècle) : une démarche épidémiologiste, c'est à dire une méthode d’étude de la distribution et des déterminants des maladies dans les populations humaines. Les géographes ont en effet trouvé leur place à côté de l’épidémiologie dans l’étude de la place et du rôle des différents facteurs pathogènes afin de délimiter des populations dites à risque mais en accordant à l’espace la priorité absolue.
  • Ces premières études aboutissent :

    • au passage par Max SORRE de la notion de complexe pathogène à celle de système pathogène en fonction des facteurs dominants : « écopathogène » (maladies comme le paludisme), « sociopathogène » (cancers, toxicomanie, suicides…).

    • à l'idée qu'il y a des facteurs

      • exogènes (qualité de l’eau, conditions climatiques…), même si ces facteurs ne concernent que la pathologie parasitaire et infectieuse.

      • et aussi des facteurs sociaux, économiques et culturels pour de nombreuses pathologies lesquelles dépendent de comportements collectifs ou individuels (alimentaires, sexuels…).

Un environnement qui reste proche, à l'échelle locale, mais qui s'ouvre à l’environnement social

  • Dans les années 1980, la géographie de la santé commence à rapprocher ces deux branches, la branche politique et la branche scientifique : Une lecture géopolitique de la santé.
    • Il s'agit bien de se placer dans l'optique d'une géographie appliquée ou applicable. Une géographie qui est encore systémique, puisque SALEM et PICHERAL lui assignent plusieurs caractéristiques :
      • La géographie du système de santé construit les inter-relations entre : l’environnement (considère d’un point de vue sanitaire) ; le système de soins ; et une batterie d’indicateurs de santé (pas seulement de nature biomédicaux).

      • Les deux auteurs rappellent l'importance de la carte pour les géographes (mais aussi pour les décideurs) : des zones ou des populations à risques qui se dessinent, des processus de diffusion spatiales qui deviennent visibles, ds jeux d'échelles, l'importance des distances, … ; tout en soulignant les limites de l'objet cartographique : des limites-frontières à choisir, à tracer.

On va vers l'idée de durabilité : les aspects économiques rencontrent les éléments sociaux, mais peu les éléments naturels.

 

1.5. Les notions de développement et de sous-développement.

  • Influence de la géographie économique :

    • Dans les années 1950-70, les géographes français s'intéressent de plus en plus aux problèmes économiques, que ce soit directement (géographie économique) ou indirectement en prenant de plus en plus en compte les enjeux économiques dans l'aménagement du territoire ou des territoires. Un mouvement accompagné par l'utilisation croissante d'outils techniques pour analyser les territoires (statistiques, informatique, …). Enfin, les théories marxistes imprègnent aussi le travail des géographes, notamment des géographes tropicalistes qui rendent comptent des changements économiques et politique de cette zone du monde.

    • Ainsi, les idées de Nicholas GEORGESCU-ROEGEN (1933) sur la confusion entre croissance économique et développement sont étudiées de plus près.

    • La théorie de Samir AMIN, théorie de l'échange inégal est aussi utilisée : elle montre que les échanges déséquilibrés entre pays pauvres et pays riches (vente de produits de base et achats de produits transformés) profite surtout aux plus riches et ne fait que croître. Il permet de développer la relation centre-périphérie en la transposant à une autre échelle entre pays développés et pays non développés (ou en développement).

    • Cependant, la plupart des études géographiques prennent paradoxalement peu en compte le jeu des échelles : la conception dominante reposait sur l’idée que l’économie se déploie dans un espace homogène et que la seule variable est le temps. Ainsi Walter W. ROSTOW avait développé une théorie des étapes de la croissance économique qui reposait sur ces postulats. Du coup, la géographie se contente alors de dresser des tableaux des différences. La théorie de la croissance n’expliquant pas pourquoi certains pays s’engageaient dans la croissance et pas d’autres.

  • Les apports de l'économie vont pourtant permettre de faire avancer le travail des géographes sur les notions de

    • Développement. Selon Sylvie BRUNEL, « le développement, c'est ce qui permet à l'être humain d'exercer pleinement son libre arbitre parce qu'il vit mieux et plus longtemps, parce qu'il a accès à l'éducation et à la santé, parce que les opportunités qui s'offrent à lui sont démultipliées. Or par une étrange coïncidence, le développement se trouve discrédité au moment même où, avec la fin de la guerre froide, l'aide publique au développement s'effondre parce qu'elle a perdu son intérêt stratégique avec la disparition de l'Union soviétique. C'est à ce moment-là qu'émerge le développement durable ».

    • Sous-développement :

      • Dans les années 1970-1980, les tenants de l'économie environnementale qui fait ses débuts réfléchissent à l'idée de croissance … qui va aboutir aussi à celle de décroissance. En effet, on se rend compte que le développement prévu pour certains pays ne vient pas (en Afrique, pourtant gorgée de richesses) et qu'ailleurs elle vient (en Asie qui a connu des guerres violentes dans les années 1950-1960 : Chine, Inde, Indochine, Indonésie et qui va connaître une croissance très forte).

    • La notion de bien être, de produit de bonheur brut

      • le rapport STILGITZ remis au président de la République française en 2009 sur les outils et les indices de mesure de la richesse.

 

2. La construction du concept de développement durable

2.1. Une construction progressive et récente

  • 1971-1972 : de l'écodéveloppement au développement durable :
    • 1971 : Le Club de Rome publie un ouvrage, « Halte à la croissance ? », dans lequel il préconise la croissance zéro.
    • 1972 : La Conférence de Stockholm, sur l’Environnement humain crée le concept d’écodéveloppement.
    • 1980 : Apparition du concept de « développement durable », qui se substitue à celui d’écodéveloppement.
  • 1987-1992 : le développement durable comme paradigme mondial ?
    • 1987, Gro Harlem Brundtland, ex-premier ministre norvégien, publie un rapport, sous l’égide des Nations unies, intitulé « Notre avenir à tous », qui définit le « développement durable ». Ce texte veut agir sur l’économie et le social, pour définir un nouveau type de développement, compatible avec le respect de la planète.
    • 1992 : Sommet de la Terre de Rio. 178 pays sont représentés, pour un sommet qui formalise le concept de développement durable. Plus précisément, une action de développement durable doit intégrer une vision mondiale, s’organiser d’abord à un niveau local. Le sommet de la Terre définit un « outil » d’action, au niveau local : l’Agenda 21.
    • 1997 : Protocole de Kyoto. Les pays signataires de la Convention de Rio établissent à Kyoto des objectifs sur la réduction des gaz à effet de serre.
  • 2002-2015 : un développement durable plus élargi ou plus dilué ?
    • 2002 : le sommet de la Terre à Johannesburg élargit le concept de développement durable sous la pression des pays émergents, des pays pauvres et des 7 000 ONG présentes : en plus des volets économique, social et environnemental, il s'ouvre à la culture et à la démocratie participative. Ainsi, l'équité territoriale prend le pas sur l'équité intergénérationnelle.
    • 2005 : la France adopte une charte de l’environnement, qui a valeur constitutionnelle. L’article 6 indique : « les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable ».
    • 2007 : Grenelle de l'Environnement.
    • 2009 : Le sommet de Copenhague qui avait fait naître un espoir considérable accouche d’une souris, les participants signent un accord non-contraignant visant à limiter le réchauffement climatique à 2° C d’ici 2050.

 

2.2. L'appréhension de la finitude du monde : mondialisation et globalisation

  • La prise de conscience de la globalité des enjeux à partir des années 1970 par plusieurs éléments ou événements :
    • la mise en connexion du monde par des médias mondiaux (télévision dans les années 1970-80, internet dans les années 1990-2000) ;
    • la prise de conscience de l'existence d'événements mondiaux : sportifs (coupes du monde de football, jeux olympiques, …), politiques (11 septembre 2001, élection de Barack OBAMA, …), culturels (Prix Nobel, …) ;
    • la mise en connexion des économies à l'échelle intercontinentale puis mondiale.
  • La prise de conscience de l'existence du Monde (Michel LUSSAULT)
    • Une prise de conscience de l'extension maximale de l'écoumène (cf. Augustin BERQUE) : les humains occupent ou maîtrisent la quasi totalité de l'espace terrestre.
    • Michel LUSSAULT explique que l'on peut séparer :
      • le Monde (en tant que réalité géographique de notre temps, un produit de l'histoire humaine, qu'il commence vers les années 1950 – un monde qui peut disparaître).

      • la terre (l'écoumène : une planète convertie par les humains en un territoire)

      • la planète (le corps stellaire sur lequel s'est développée la vie animale, végétale et humaine)

    • Dans la même veine, Cynthia GHORRA-GOBIN propose elle aussi trois niveaux de lecture :
      • la planétarisation (vue comme la prise de conscience de la finitude de l'écosystème => la terre de LUSSAULT)

      • la globalisation (en tant que l'universalisation du capitalisme => se rapproche de la vision de Yves LACOSTE et du Monde de LUSSAULT)

      • la mondialisation (c'est à dire le territoire-monde)

    • On peut lire aussi les réflexions de Denis RETAILLE sur les lieux de la mondialisation (2012) : des lieux qui concentrent les connexions, les réductions de distance, les rencontres d'espaces variés.
    • Puis une première prise de conscience économique : la mondialisation relie les acteurs économiques et réduit les distances entre les pôles. Le concept de mondialisation permet de comprendre l'économie et ses inter-relations non plus à l'échelle nationale ou régionale mais à l'échelle mondiale autour de pôles majeurs, de flux qui organisent des réseaux, d'espaces mondiaux ou non.

 

2.3. Une des définitions ?

  • Du trèfle à la fleur :

    • Le contenu du concept de développement durable a d'abord (années 1972-2002) été approché à partir de trois dimensions interdépendantes (économique, sociale et environnementale) ayant chacune une finalité qui lui est propre :

      • La dimension économique qui s’exprime par une combinaison optimale des ressources naturelles, humaines et techniques dans le but d’assurer la maximisation du bien-être des générations sur un horizon de long terme ; sa finalité réside dans l’absence de tout gaspillage de ressources (efficacité des allocations).

      • La dimension sociale qui concerne l’accès aux ressources et leur répartition dans l’espace (niveau intragénérationnel) et dans le temps (niveau intergénérationnel) ; sa finalité est d’assurer l’équité entre les générations dans la distribution des dotations disponibles.

      • La dimension environnementale qui s'occupe de la gestion des stocks de ressources et de la préservation de leur qualité afin de d’assurer la permanence du capital naturel dans le temps. 

      • Cette vision est celle qui domine après le sommet de Rio (1992) :

    • Depuis les années 2002 et le sommet de la Terre à Johannesburg, le modèle de développement durable, sous la pression des États du Sud s'est élargie à deux autres éléments :

      • la culture ;

      • la gouvernance participative.

Cela donne un développement modélisé sous la formed'une fleur :

  • De plus, comme le souligne Sylve BRUNEL en évoquant l’obsession politique du réchauffement climatique, on assiste à un rétrécissement sémantique de la notion vers l’environnement, l’ensemble des décisions politiques internationales tendant dans cette direction.

 

  • les différentes visions :
    • Une vision réduite – une vision élargie entre le modèle de Rio (économie, environnement, société) et les autres qui, soit ne prennent en comptent que deux éléments (commerce équitable ; éco-tourisme, ONG humanitaires, FTN qui font du 'green washing', Al Gore et le changement climatique, …), soit en prennent trop et noient le discours.
    • Une durabilité forte face à une durabilité faible : entre le modèle néoclassique libéral qui place l'économie au cœur des décisions face au modèle écologique qui place la nature au dessus de tout, quitte à en oublier les éléments humains. Entre les deux, 'l'école de Londres' (influente auprès des institutions internationales) propose une voie médiane, mais assez proche de l'école néoclassique.
    • une durablité éco-centrée – une durabilité antrhropocentrée.
    • Selon Anne JÉGOU dans un article de l'Information Géographique (« Les géographes français face au développement durable », L'Information géographique , 2007/3) ; quatre acceptions se confrontent :
      • L’acception médiane, c’est-à-dire intermédiaire, correspond à la définition du rapport Brundtland, mise en valeur lors de la conférence de Rio. Elle est difficile à manier dans une vision puriste. Les acceptions large et étroite/rétrécie sont en totale opposition les unes par rapport aux autres : elles reposent sur des visions paradigmatiques et antagonistes de la nature, au cœur de la réflexion sur le développement durable.
      • L’acception large est celle qui a été diffusée lors du sommet de Johannesburg. Elle comprend toutes les acceptions possibles du développement durable et correspond à la vision de Sylvie Brunel d’un concept « glouton ». Très courante, elle est bien souvent celle des tenants d’une priorité au social. Elle relève d’une vision utilitariste de la nature qui n’a pour raison d’être que le service de l’homme, conduisant à privilégier le sort de l’humanité sur celui de la planète.
      • L’acception étroite correspond à des valeurs et des références antérieures au rapport Brundtland, celles des précurseurs. Certains puristes l’assimilent à la volonté de conserver la nature. Pour d’autres acteurs, elle fait référence à une conciliation du développement économique et du respect de l’environnement. Ce faisant, elle ne conserve que deux des piliers canoniques du développement durable. Cette acception n’est en rien conforme à l’esprit « originel » du rapport Brundtland ; elle correspond à un retour en arrière dans une crispation sur le volet environnemental. Très courante, elle a néanmoins le mérite d’être plus claire et plus directement opérationnelle. Bien souvent, les utilisateurs de ce sens ont une vision idéalisée de la nature, se représentant celle-ci comme une puissance créatrice, non transformée par l’homme, dans une vision romantique où la terre serait prioritaire sur les êtres humains.
      • L’acception rétrécie correspond à l’obsession de la lutte contre le changement climatique, qui tend à assimiler le développement durable à celui-ci. Cette acception relève plus d’un récent effet de mode et d’une forte volonté politique. Elle comprend également l’attention portée aux gestes écocitoyens et la valorisation de l’entreprise responsable.

 

3. Principes et actions du développement durable

3.1. Protection et principe de précaution :

On l'a vu, très tôt les instances nationales se sont préoccupées de préserver des espaces naturels soit pour leur aspect « remarquable » (les parcs naturels) soit pour leur richesse naturelle, leu biodiversité, le fait que ce soient des 'hotspots' de la biodiversité.

  • Les parcs et réserves :
    • Les premiers :
      • 1832, réserve de Hot springs (Arkansas, États-Unis) ;
      • 1872, Yellowstone, considéré par la loi comme "un monument culturel fondé pour le bénéfice du bien public." ;
      • 1909 en Europe (Suède, 10 parcs) ;
      • 1962 en France (Les Écrins).
    • Aujourd'hui : 120 000 espaces protégés dans le monde, sur 21 millions de km², 13 % de la surface terrestre (soit un peu plus que Canada + États-Unis). Trois périodes d'accélération : les années 1920-1930 (menace perçue : la production hydroélectrique), les années 1970 et les années 1990 (suit à Rio).
    • Trois paradigmes pour protéger :
      • le paradigme naturaliste-sensible : lieux pittoresques ou avec espèces rares ou remarquables (grands singes, grands arbres, fleurs, …
      • le paradigme radical (mi XX° siècle) : protéger la nature pour elle-même.
      • le paradigme intégrateur (fin XX° siècle) : associer les humains (locaux) à la préservation des sites, ne plus les exclure.
  • Le principe de précaution :
    • Dans la même logique, création dans les années 1990, suite à des cries environnementales et surtout sanitaires du principe de précaution. Il apparaît en philosophie sous la plume de Hans JONAS dans Le Principe responsabilité (1979).
      • Il pense que les humains contrôlent la nature par des techniques qu'il ne contrôle pas.
      • Selon lui, les humains doivent exiger le risque zéro de conduire à la destruction des conditions d'une vie authentiquement humaine sur Terre.
      • Il pense en effet que la Terre et ses habitants ne sont pas un objet d' expérimentations, sur le plan juridique comme sur le plan moral.
      • Il pose la question de savoir quel capital naturel nous léguerons aux générations futures (un capital naturel composé d’un ensemble d’éléments dont les fonctions sont complémentaires : ressources naturelles, services environnementaux assurés par la biosphère et les écosystèmes à travers différentes fonctions telles que le filtrage des rayons ultraviolets par la couche d’ozone, les capacités d’autoépuration et de recyclage des écosystèmes, etc.). Cela induit un principe de responsabilité mais aussi l'idée d'une gestion et d'un développement qui dépasse l'échelle temporelle de la vie humaine. 
    • Ce principe se transforme en norme : 
      • Il est inscrit dans la déclaration de Rio en 1992 : « En cas de risque de dommages graves ou irréversibles, l'absence de certitude scientifique absolue ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l'adoption de mesures effectives visant à prévenir la dégradation de l'environnement. » 
      • Il est inscrit dans le traité de Maastricht en 1992. 
      • Il est inscrit dans la Constitution française en 2005 (révision constitutionnelle incluant la charte de l'environnement).

 

3.2. Des actions et des instances locales ou globales

  • Selon Yvette VEYRET ("Environnement et développement durable - Les apports de la géographie" in Le développement durable, approches purielles), une multitude d'acteurs interviennent, chacun selon une échelle propre :

    • Au niveau mondial :

      • Les États du Sud, ainsi que des associations et ONG émanant de ces pays peuvent également être représentées dans ces grandes tribunes environnementales mondiales, sans pour autant disposer d’un pouvoir de décision fort.

      • Les grandes ONG de protection de la nature (WWF, Greenpeace, Conservation Internationale…).

      • Les grandes firmes multinationales impliquées dans le secteur environnemental,

      • Les États du Nord qui pèsent sur le financement des projets (États-Unis, Union Européenne, Japon …),

      • Les instances internationales (dépendantes des Nations Unies) qui interviennent soit dans le champ économique (Banque mondiale, FMI, FAO) soit dans le champ du développement et de l’environnement (PNUD, PNUE). Exemple, les Objectifs du Millénaire pour le Développement OMD) mis en place en 2000 (Sommet de New York).

    • Au niveau national :

      • Les institutions de coopération bilatérale.

      • Les ONG qui financent et réalisent une part des projets environnementaux,

      • Les États et leurs administrations,

    • Au niveau régional ou local :

      • Les populations locales.

      • Les ONG qui agissent sur le terrain,

      • Les échelons administratifs de base, les services forestiers locaux,

 

3.3. Un terrain d'action privilégié, les villes : (ou plutôt les aires urbaines)

Une échelle d'action plus facile que les autres car on y trouve une concentration des acteurs et des décideurs, mais aussi une concentration des enjeux économiques, sociaux ou environnementaux. 

  • C'est dans les villes que sont mis en place des Agenda 21, qui insistent sur la nécessité d'établir des indicateurs de "la qualité du cadre de vie", qui incluent la protection contre les risques environnementaux permanents (qualité de l'air, de l'eau, déchets…) et contre les événements ponctuels (risques d'inondation, sismiques, industriels..) doit conduire à envisager une ville durable.
  • 5 finalités essentielles du développement durable, auxquels les projets doivent répondre :
    • Lutte contre le changement climatique et protection de l’atmosphère ;
    • Préservation de la biodiversité, protection des milieux et des ressources ;
    • Épanouissement de tous les êtres humains ;
    • Cohésion sociale et solidarité entre territoires et entre générations ;
    • Dynamique de développement suivant des modes de production et de consommation responsables.
  • 5 éléments méthodologiques pour conduire les projets :
    • Une stratégie d’amélioration continue ;
    • La participation des acteurs ;
    • L’organisation du pilotage ;
    • La transversalité des approches ;
    • L’évaluation partagée.
  • Aujourd’hui, on recense en France plus de 560 Agenda 21 locaux à différentes échelles territoriales : 266 Agenda 21 communaux ; 107 Agenda 21 intercommunaux ; 40 Agenda 21 départementaux ; 19 Agenda 21 régionaux ;

 

  • Les lois :
    • La loi dite de solidarité et renouvellement urbain (loi SRU ), du 13 décembre 2000 qui met en place les plans locaux d'urbanisme (PLU) et introduit un plan d'aménagement et de développement durable L'échelle d'application est celle de la commune et de l'intercommunalité dans le cadre des schémas de cohérence territoriale (SCOT). La démarche implique :
      • un diagnostic des risques ;
      • une évaluation de la vulnérabilité ;
      • l'identification d'une stratégie de développement territorial ;
      • l'établissement d'un projet local ;
      • la mise en œuvre du projet.
    • Le plan d'aménagement et de développement durable (PADD) associé se fonde sur trois objectifs :
      • la protection de l'environnement et l'amélioration du cadre de vie (ce qui intègre les risques et leur gestion) ;
      • l'équité et la cohésion sociale ;
      • l'efficacité économique susceptible de modifier les modes de production et de consommation.

 

4. Les géographes et le développement durable

4.1. Une approche synthétique :

  • Une science humaine qui prend en compte les éléments naturels, comme les éléments humains.
    • La géographie affirme la place centrale des sociétés. Le DD permet,comme notion géographique et comme grille de lecture, de comprendre comment les humains vivent et comment ils peuvent mieux vivre, en favorisant notamment l'équité sociale et spatiale.
    • Pour se développer, les sociétés ont besoin de ressources qui peuvent être renouvelables ou non. La géographie insiste sur un usage raisonné de ces ressources, ni une protection systématique des milieux et des écosystèmes qui excluraient les humains ni une exploitation systématique et prédatrice. La géographie va s'intéresser aux jeux d'acteurs, aux ressources, à l'histoire des société pour décrire des phénomènes spatiaux.
    • La géographie place l'homme au cœur de ses études, comme on le voit depuis 10 ans avec la notion au cœur des programmes de 6°, la notion d'habiter.
    • Une science qui a une lecture systémique. 
    • La géographie étudie les phénomènes à travers des systèmes, on n'y cherche pas une cause mais des interactions, un fonctionnement général. Ainsi, on évite le déterminisme (une cause provoquerait toujours les mêmes effets : l'urbanisation provoquerait toujours l'artificialisation des sols ? ; ou encore les riches suivent la bonne voie, pas les pauvres ?), mais aussi les jugements de valeur, le moralisme (des bonnes actions, durables, face à des choix non durables donc négatifs ?).
    • Une science de synthèse entre différents points de vue scientifiques (économie, environnement, humain, culturel) qui peut donc privilégier l'interdisciplinarité.
    • Une approche à différentes échelles, du local au global : la géographie, c'est la science qui étudie l'impact spatial des sociétés, à différentes échelles (du local au global). On est dans l'analyse spatiale et on regarde les phénomènes dans leur implications territoriales : les lieux, les territoires, les réseaux, les flux, etc.
    • Un sujet d'action politique, notamment à travers les notions de risque ou des villes durables, des écoquartiers ou de la politique de la ville. Depuis les années 1950, un lien fort unit les géographes aux politiques, notamment en France à travers la DATAR (Délégation à l'Aménagement du Territoire et à l'Action Régionale) où travaillent de nombreux géographes.

 

4.2. Des auteurs

  • Les prémices :

    • Selon Yvette VEYRET, le précurseur est Elisée RECLUS qui publie un article en 1866, Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes . Il y évoque des populations devenues « des véritables agents géologiques, qui ont transformé de diverses manières la surface des continents, changé l'économie des eaux courantes, modifié les climats eux-mêmes. » Il s'attarde sur les grands arbres abattus par les européens lorsqu'ils les découvrirent en Amérique du Nord et dénonce le manque de prévoyance de ces bûcherons.

    • De même, jean BRUHNES évoque les dégâts opérés par les civilisations occidentales sur la nature dans sa Géographie Humaine (1920). Plus tard Max SORRE réfléchit à la nature des relations nature-société (complexe pathogène).

Ces précurseurs sont isolés

  • Les années 1970 : 
    • Un pionnier, Pierre GEORGE : en 1971, il écrit et publie L'environnement. Il y associe développement économique et développement social avec les « problèmes du milieu naturel et de l'environnement humain ». Il pense que les humains ont oublié leur rapport avec la nature en essayant de s'en affranchir, ils ont oublié la nature. Il pense même que pour protéger la nature, il faut la transformer en marchandise.
    • D'autres travaux suivent, mais encore isolés, comme ceux de Jean TRICART sur l'aménagement du territoire et surtout Georges BERTRAND sur les géosystèmes (1972). Ce concept sera repris par nombre de travaux de géographie physique qui étudient les nuisances (devenues ensuite les risques) ou la variabilité climatique (aujourd'hui changement climatique).

Selon Yvette VEYRET, ces travaux ne remettent pas en cause l'évolution de la société (urbanisation, industrialisation, modernisation de l'agriculture) car ils placent la société et le développement au cœur de leurs préoccupations (une vision qui est donc anthropocentrée) Ils n'ont pas une vision catastrophiste et passéistes que développent alors les partis politiques écologistes.

  • Une géographie du développement durable ? Selon Anne JEGOU, le travail de ces auteurs n'est pas encore assez connecté pour qu'on puisse parler d'un courant géographique. Elle qualifie d'ailleurs d'embryonnaire cette géographie du développement durable. (source : Anne JEGOU, « Les géographes français face au développement durable », L'Information géographique , 2007/3)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5. L’Éducation au Développement Durable (EDD) :

5.1. Ce que prévoient les programmes de l'école primaire.

(source : http://eduscol.education.fr/cid47802/une-recherche-coherence.html)

  • Si depuis les années 1970 on trouve un intérêt à l’environnement dans les programmes scolaires, ce n'est qu'à partir de 2004 qu'on se dirige vers une généralisation à l’éducation au développement durable :

    • 2004 : BO relatif à EEDD (Education à l’Environnement et au Développement Durable)

    • 2007 : BO relatif à EDD (Education au Développement Durable)

    • 2008 : BO relatif à l’Éducation au Développement et la Solidarité Internationale

    • 2009 : BO qui fait de la généralisation de l’EDD l’une des grandes priorités de 2009-2010

    • 2011 : 3ème phase de généralisation de l’EDD (n°41 du 10/11/2011), circulaire qui valide l’utilisation du sigle déjà suffisamment explicite d’EDD (éducation au développement durable).

  • Progressivement, l’EDD est définie sur trois principaux piliers :

    • inscrire plus largement l’éducation au développement durable dans les programmes d’enseignement ;

    • multiplier les démarches globales d’éducation au développement durable dans les établissements et les écoles ;

    • enfin, former les professeurs et les autres personnels impliqués dans cette éducation.

 

A l'école primaire, L'EDD intervient :

  • Dans les disciplines existantes : les problématiques du développement durable sont introduites dans les programmes et enseignements par le biais de thèmes tels que l'eau ou l'énergie ;

  • A des moments spécifiques : classes vertes, actions éducatives conduites avec des partenaires, etc.

  • Plusieurs centaines d'actions de sensibilisation existent dans différents domaines : commerce équitable ; biodiversité ; alimentation ; santé ; nouvelles énergies ; tri des déchets ; etc.

 

Compte tenu de l'âge des élèves de l'école primaire, la priorité est accordée à l'éducation à la composante environnementale prise dans un sens large. Cependant, l'enseignant garde à l'esprit que le concept de développement durable a pour objet d'aboutir à un développement dont on dit souvent qu'il repose sur " trois piliers :

Ce concept conduit à prendre en compte trois perspectives :

    • économiquement viable (satisfaction des besoins d'une génération) ;

    • socialement équitable (solidarité entre les sociétés) ;

    • écologiquement reproductible.

    • la dimension spatiale et temporelle ;

    • l'analyse scientifique ;

    • la citoyenneté.

 

L'objectif de cet apprentissage sur les trois cycles est d'aboutir en fin du cycle 3 à une approche du concept de développement durable en s'appuyant sur les enseignements disciplinaires (histoire, géographie, sciences expérimentales et technologie) et sur le domaine transversal de l'éducation civique.

  • À titre d'exemple, quatre pôles sont proposés par les textes officiels :

    • La biodiversité : elle est nécessaire à notre bien-être, mais elle est, à certains endroits, affaiblie par des pratiques humaines. Toute perte de diversité peut générer de fâcheuses conséquences. L'homme doit donc la prendre en compte dans sa gestion des milieux.

    • L'évolution des paysages : elle résulte de facteurs naturels et humains ; son étude intègre les éléments naturels, les traces des sociétés et les aspects d'aménagement, dans une dynamique spatiale et temporelle.

    • La gestion des environnements (la mise en valeur et les risques de dommages) : le développement de nos sociétés s'appuie sur des potentialités environnementales. L'exploitation des ressources naturelles et/ou humaines peut générer des dommages. C'est cette relation entre potentialités et dommages éventuels qui définit la notion de risque. Cette dernière fonde le principe de précaution.

    • Réduire - réutiliser - recycler : l'homme produit des déchets dont le traitement constitue une question centrale. Que ce soit par leur accumulation, leur destruction ou les pertes en ressources qu'ils représentent, les problèmes qu'ils posent justifient les efforts récents des sociétés pour associer développement et avenir de la société humaine (eau, déchets, énergie...).

 

5.2. Ce que prévoient les programmes du collège :

  • Depuis 2004, les programmes scolaires prennent donc en compte le DD et l'EDD. Cette éducation transversale s'appuie sur l'intégration des thèmes et des enjeux du développement durable par les programmes d'enseignement du Primaire, du collège, du lycée, général, technologique et professionnel, par les formations des enseignants et des personnels d'encadrement, par les démarches globales des écoles et des établissements et par la productions de ressources pédagogiques adaptées. Ce processus s'appuie sur de nombreux partenariats nationaux, académiques et territoriaux et locaux, avec les services de l'État, les collectivités territoriales, les associations et fondations agréées, les établissements publics, les centres de recherche et les entreprises.

    • La première phase de ce processus, 2004-2007, a permis de poser les principes de cette éducation transversale et de mobiliser les académies.

    • La seconde phase, 2007-2010, a été celle de l'intégration des thèmes et des problématiques du développement durable dans les programmes d'enseignement, de la création des comités académiques d'éducation au développement durable et de la promotion des démarches globales de développement durable des écoles, des collèges et des lycées (E3D). Des plans académiques, en lien avec les collectivités territoriales, de soutien à cette éducation ont été mis en place.

    • Depuis 2011, une nouvelle phase s'est ouverte dans l'EDD :

      • Le but de l'EDD est de former les citoyens

      • Prolonger, en les approfondissant, les trois objectifs prioritaires de la phase précédente : pleine prise en compte des questions se rapportant au développement durable dans les programmes d'enseignement, multiplication des démarches globales dans les établissements et les écoles, formation des enseignants et des personnels impliqués dans cette éducation.

      • Cette troisième phase de généralisation s'appuie sur trois orientations majeures :
        - le renforcement de la gouvernance et du pilotage ;
        - l'élargissement des partenariats ;
        - une meilleure diffusion des informations et du partage des réussites.

      • Au niveau académique, ce processus est coordonné par le comité académique d'éducation au développement durable, présidé par le recteur, qui définit la politique académique d'éducation au développement durable.

      • Avec la rénovation générale des programmes, l'éducation au développement durable est désormais inscrite dans l'ensemble du parcours scolaire.

      • Le centre régional de documentation pédagogique (CRDP) de l'académie d'Amiens est missionné pour être le pôle national de ressources pour l'éducation au développement durable, à laquelle, entre autres, une plate-forme internet est dédiée.

      • Les écoles et les établissements scolaires sont vivement invités à entrer en « démarche globale de développement durable » en combinant, autour d'un projet de développement durable, les enseignements, la vie scolaire, la gestion et la maintenance de la structure scolaire, ainsi que l'ouverture sur l'extérieur par le partenariat.

      • Les personnels de direction jouent un rôle fondamental afin de mobiliser l'ensemble de la communauté éducative autour du projet. Ils sont en particulier en charge de la formalisation et de la mise en œuvre des partenariats. Les responsables d'école et d'établissement doivent désigner un enseignant référent pour l'EDD.

      • La nécessité d'un enseignement transdiciplinaire et de projets.

      • Les écoles, les établissements scolaires, les académies sont encouragés à diffuser et à valoriser leurs projets et leurs actions. Cette communication doit se faire en interne, ainsi qu'à l'égard des services de l'État, des collectivités responsables, des parents d'élèves et des autres partenaires.

+ voir les programmes de 5° et de 2de particulièrement.

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