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Geobunnik

Le blog d'un enseignant qui prépare au CAPES et au CRPE en géographie à l'ESPE de Corse à Ajaccio et Corte.

Comprendre le sujet « Minorités et recompositions territoriales en Amérique du Nord (Canada, États-Unis, Mexique) »

Publié le 10 Avril 2014 par geobunnik in CAPES - Canada, Etats-Unis, Mexique

Pour commencer, ceci n'est pas un corrigé officiel, je ne suis pas au jury et je ne propose que des pistes. Ce petit mot est surtout destiné à vous encourager à reprendre au plus vite vos chères études pour préparer les deux oraux à venir. Cet encouragement se base sur mon expérience : trop souvent les candidats perdent du temps après les écrits pour préparer des oraux qu'ils pensent hypothétiques ou lointains.

De plus, dites vous que préparer les oraux permet aussi de bien progresser dans sa préparation générale (même si vous ratez juin) : cela permet de mieux organiser ses connaissances, de bien gérer le temps de préparation et d'oral, de se confronter frontalement à ses faiblesses et de s'appuyer sur ses forces.

 

Pour revenir à ces derniers écrits en géographie, vous avez peut-être eu la chance de composer pendant 5 heures sur ce sujet large et intéressant.

Pour commencer, il faut se poser la question des termes du sujet :

  • une minorité = un groupe qui se pense, se constitue ou se revendique comme tel sur des bases (ou des critères culturels, ethniques, socio-économiques, religieux ou encore sexuels.

  • Les minorités = des groupes variés qui sont donc :

    • des minorités culturelles : des groupes de langue minoritaires (français canadien ou québécois, langues inuits au Canada ; acadien ou cajun et espagnol aux États-Unis, langues indiennes ou indigènes au Mexique, toutes les langues des migrants dans le sous-continent, comme le chinois, le russe, etc.) ; des autochtones et amérindiens ou peuples premiers du Grand nord au Chiapas.

    • des minorités religieuses, comme les juifs dans les métropoles du Canada ou des États-Unis, mais aussi les catholiques aux États-Unis, les mormons, les mennonites ou les amish dans ce même pays, …

    • des minorités sociales, surtout les plus pauvres qui sont confinés dans des ghettos ou des bidonvilles. On peut laisser de côté les plus riches qui ne revendiquent pas forcément leur appartenance à un groupe minoritaire constitué.

    • des minorités sexuelles, comme les LGBT, lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels que l'on trouve comme minorité constitué dans les métropoles (on pense à Montréal, San Francisco par exemple). Il est difficile de retenir la minorité féminine … qui constitue quand même 50 % de la population dans les trois pays.

  • Il est aussi important de noter que lorsqu'on parle de minorité(s) il faut évoquer les rapports à la majorité :

    • quelle est la politique du groupe majoritaire face à ces minorités : le modèle du « melting pot » a été abandonné au profit du « salad bowl » ?

    • Cela pose la question de la vision que la nation a d'elle même et celle que porte les hommes politiques (que ce soit des pères fondateurs ou non) : une nation homogène, sans minorités (vision de la mexicanité) ? une nation uniforme ? Une nation bigarrée où l'intégration est un moteur de l'unité nationale ou provinciale (Québec) ? …

    • des minorités peuvent être majoritaires sur un territoire à grande échelle (les francophones au Québec, minoritaires au Canada doivent se confronter à des minorités anglophones ou indiennes ou autres dans la « Belle Province ») ;

    • on peut citer Alexis de Tocqueville qui évoque la démocratie comme « la tyrannie de la majorité »

  • Les recompositions territoriales =

    • on cherchera à montrer des dynamismes dans la territorialisation des minorités. Certes, certaines minorités ont été fixées à un territoire de force au ours du XIX° siècle, mais ces minorités ont pu gagner certains droits sur des terres ancestrales ou des terrains de chasse ou de pêche. Ainsi, certains territoires sont maintenant gérés par ces minorités elles-mêmes avec une large autonomie (mais pas d'indépendance).

    • On cherchera aussi à montrer que les minorités, comme tout groupe, sont des acteurs politiques, économiques et sociaux et que leurs choix se font à plusieurs échelles (de l'échelle mondiale à travers des choix ou des représentations dans le cadre de l'ONU à l'échelle locale ou métropolitaine en passant par les échelles nationales ou régionales). Il est évident qu'il ne faut pas considérer ces échelles de manière emboîtées, mais de manière enchevêtrées.

    • Ces recompositions, ces dynamiques se font de manière plus ou moins violente, plus ou moins lente, qu'elles doivent pendre en compte des effets de frontières, et qu'elles prennent plusieurs formes : ghettoïsation, gentrification, séparation, isolement, ségrégation, polarisation ou encore périphérisation.

    • Enfin, ces recompositions se font de manière internes (mouvements de population, enrichissement ou appauvrissement) ou de manière externe (migrations, …)

 

Ce sujet vous invitait à utiliser de nombreux outils des géographes à partir de :

  • la démographie – pour évoquer a répartition et les dynamiques des populations (flux, croissance, poids démographique, …)

  • la géographie physique (en lien avec la répartition ... les minorités sont présentes dans des territoires difficiles d'accès ou arides ou tropicaux humides)

  • la géographie sociale (ségrégation, ghettoïsation, frontières urbaines, …) ;

  • la géographie culturelle (langues, religions, répartitions, évolutions, critères, …) ;

  • la géographie urbaine (ségrégation, frontières, quartiers, gestion urbaine, émeutes, …) ;

  • la géopolitique (frontières, impérialisme, intégration, conflits, …) ;

  • la géographie économique (poids économique des minorités, avantages ou acquis économiques et sociaux mais aussi retards, déséquilibres, ..).

 

Pour finir cette introduction au sujet, voici quelques idées utiles pour une problématique :

  • Réfléchir à la polarisation des groupes et activités ? Ou vers un retournement des territoires (mais un peu trop axé sur les États-Unis) : le dynamisme des territoires occidentaux, urbains et de la « mexamérique » sont à relativiser face au poids toujours majeur du nord-est.

  • Vers une reconnaissance de plus en plus grande des minorités ? Des revendications ? De l'oppression à l'expression ? Des conflits ?

  • Autour du rôle de l’État ?

Évidemment, le croquis de synthèse doit permettre de répondre aussi à la problématique choisie, en montrant les recompositions territoriales : comme tout croquis ou carte, il doit inclure à la fois des stabilités (des répartitions, l'idéal est de reprendre une typologie vue dans la composition basée sur les densités de populations et la répartition des minorités) et des flux, dynamiques (par des flèches, des couleurs, des + ou des -, …). Inutile de surcharger le croquis par des éléments secondaires (régions économiques ou liste des États ou provinces), on notera en lieux ou territoires les plus pertinents : métropoles, méga-régions, provinces ou États les plus concernés par les recompositions territoriales (Californie, Floride, Nouveau Mexique ou Arizona ; Provinces pacifique ou Cascadia ; Grand Nord avec le Nunavit et les autres territoires pour autochtones ; … )

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