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Geobunnik

Le blog d'un enseignant qui prépare au CAPES et au CRPE en géographie à l'ESPE de Corse à Ajaccio et Corte.

Les métropoles dans le système productif français

Publié le 10 Mars 2016 par geobunnik in La France : mutation des espaces produtifs

Introduction :

 

Accroche :

  • Loi sur les métropoles de 2014 : un vocabulaire qui s'impose dans le monde politique mais qui est ancien dans les études géographiques ou de la géographie économique ???
  • L'innovation comme moteur de la croissance mondiale ou française (label « French Tech » dans les métropoles dont l'objectif est de « faire de la France entière un vaste accélérateur de start-up » selon le site dédié, ie déconcentrer la créativité numérique ou l'innovation, concentrée actuellement à plus ed 50 % en Île-de-France. Début 2016, 15 métropoles ont déposé un dossier de labellisation, dont Rouen, Montpellier, Rennes ou St Étienne) ???
  • Les métropoles comme « pôles de croissance » (expression de l'économiste François PERROUX, 1955) ???

 

Délimitation du sujet :

  • les métropoles : éviter de limiter le sujet aux 14 métropoles administratives créées en 2014. On doit se poser la questionde la défintion des métropoles et montrer que l'on a fait des choix pour ce sujet. La définition est géographique et concerne donc des grandes villes aux fonctions décisionnelles fortes qui polarisent un territoire (on peut faire référence ici aux onze fonctions métropolitaines supérieures définies par l'INSEE depuis 1994). Des métropoles marquées par deux autres éléments : leur connexion forte entre elles et la concurrence intense qui se joue entre elles et qui aboutit à des classements nombreux. De plus, si on lie les métropoles au sujet, ce sont des centres qui organisent l'économie par une mise en réseau des informations, des productions et des richesses. On ne fera pas de liste ici des métropoles, mais pour info : Paris, Lyon, Marseille (et Aix-en-Provence), Lille, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Grenoble, Nice (et la conurbation de la Côte-d'Azur), Rouen (associée au Havre), Nancy-Metz. Peut-on aussi élargir la liste à Montpellier, Clermont-Ferrand, Rennes, Limoges ?
  • Ce sujet peut être aussi ouvert à l'idée de métropolisation, qui induit une dynamique liée à un processus de concentration des activités et des décisions. Ce sujet ne concerne donc pas directement les villes moyennes et petites de la métropole ou des territoires ultramarins, mais ceux-ci sont tout ce même impactés par les choix politiques et économiques des métropoles et sont aussi liés à ces métropoles par des liens de dépendance et de hiérarchie.

 

  • Par système productif, on entend deux choses : d'une part l'idée de système, de mise en relation (en réseau) des acteurs économiques, d'autre part l'idée de sphère productive (celle de la production matérielle et celle de la sphère péri-productive) définis par Félix DAMETTE et Jean SCHEIBLING en 1995 dans Le territoire français, permanences et mutations. Nous allons donc nous intéresser au fait que les métropoles font entièrement partie de ce système productif et qu'elles y ont une place particulière, grandissante.

 

  • Ce système productif français n'est pas à limiter dans le territoire français : les métropoles comme l'économie française sont connectées, ouvertes sur d'autres territoires qu'elles peuvent influencer et dont elles subissent l'influence. Il ne s'agira pas ici de critiquer les effets de la mondialisation et des délocalisations mais de prendre en compte leurs effets, les choix d'acteurs économiques et politiques à différentes échelles ainsi que leurs répercussions sur les métropoles comme sur l'ensemble du territoire national.

 

  • Si le sujet ne nous pose pas de limite de temps, on peut s’en tenir aux années 1975-2016, années marquées par des fortes mutations économiques et sociales en France et dans les métropoles : mouvement de désindustrialisation, de concentration industrielle et économique, d'externalisation des fonctions de service des grandes ou petites entreprises, augmentation de la flexibilité du travail, augmentation du niveau de qualification des employés, développement des fonctions métropolitaines supérieures, augmentation des mobilités, ouverture des économies (mondialisation), …

 

Problématique :

  • L'archipélisation du système productif français décrit par Pierre VELTZ en 1996 dans son ouvrage Mondialisation, villes et territoires, l’économie d'archipel, (PUF) a-t-elle favorisé la polarisation et la ségrégation des métropoles françaises ?
  • Je propose aussi :
    • Les mutations récentes du système productif français tant la sphère péri-productive que la sphère de la production matérielle, ont-elles favorisé une augmentation de la ségrégation socio-spatiale dans les métropoles et entre les métropoles ?
    • Le télescopage des échelles décrit par Jean-Marc OFFNER lors du colloque de Cérisy de 2000 favorise-t-il un renforcement de la polarisation des activités dans les métropoles ?
    • L'accélération des échanges et des mobilités favorise-t-elle la déconcentration du système productif français sur le territoire ?
    • La compétition entre territoires métropolitains à différentes échelles a-t-elle poussé à une ségrégation socio-spatiale ?
    • La mise en réseau du système productif français depuis quelques décennies se fait-il au profit des métropoles ?
    • Les métropoles concentrent-elles les innovations actuelles ?
    • La différence entre Paris et les autres métropoles ?

 

Annonce du plan

  1. La mise en place d'une économie d'archipel depuis le milieu des années 1970 : une polarisation forte autour des métropoles.

    1. La tertiarisation de l'économie française qui renforce le poids décisionnel des métropoles.

    2. Une mise en réseau des entreprises qui profite aux métropoles

    3. Une polarisation qui a bénéficié surtout aux métropoles aux dépens de autres territoires.

  2. Des métropoles connectées et concurrentes organisées en archipel.

    1. Des métropoles connectées

    2. Des métropoles concurrentes

    3. Typologie des métropoles en France

  3. A l'échelle des métropoles, un processus de multipolarisation

    1. Des pôles anciens toujours puissants qui doivent rester compétitifs par des aménagements permanents.

    2. Des nouveaux pôles, périphériques

    3. Des territoires périphériques utiles et parfois oubliés.

 

 

 

Conclusion :

On assiste bien à une archipélisation du territoire productif français organisé autour d'une quinzaine de métropoles, elles même dominées par Paris. Cette archipélisation est issue de choix politiques et économiques de la part de nombreux acteurs, tant locaux que nationaux ou mondiaux et se base comme nous l'avons vu sur le choix principal d'une connexion et d'une mise en réseau des entreprises et des acteurs économiques, notamment en ce qui concerne les nouvelles technologies et l'innovation.

Ces choix impulsés depuis plus de trente ans et dont on ressent fortement les effets posent, au delà de la forme, des enjeux politiques de fond, notamment en ce qui concerne les relations entre territoires marqués par de fortes différences. Lors des dernières élections locales, régionales, nationales ou européennes, se dessine des oppositions fortes entre territoires péri-urbains et territoires centraux ou entre zones connectées, métropolisées et zones ou territoires isolés où les services publics sont plus difficiles à pourvoir, où les mobilités sont plus difficiles. Ces ségrégations et oppositions qui se dessinent derrière ces cartes électorales peuvent apparaître alors comme des menaces pour la cohésion nationale.

 

 

  1. La mise en place d'une économie d'archipel depuis le milieu des années 1970 : une polarisation forte autour des métropoles.

 

Rappel de la problématique et introduction à la partie

On a assisté depuis une quarantaine d'années à une archipélisation du système productif en France. Cette archipélisation est issue de choix politiques et économiques dans lesquels les acteurs politiques, par la volonté de faciliter les échanges à l'échelle européenne et mondiale, et les acteurs économiques (entreprises principalement), par des choix de management et d'organisation de la production, ont permis une polarisation croissante des lieux de production, de décision et d'échanges. Ces mutations profondes ont abouti à une tertiarisation du système productif. Celui-ci fonctionne désormais plus de manière réticulaire, un réseau organisé autour de pôles de plus en plus spécialisés et métropolitains.

 

1.1. La tertiarisation de l'économie française qui renforce le poids décisionnel des métropoles.

  • Un recul industriel manifeste : La désindustrialisation en France : une réalité forte si on regarde les emplois et le PIB
    • une importante perte d'emploi depuis 30 ans : 1980, 5,3 millions d'emplois industriels -> 2007, 3,4 millions d'emplois industriels (- 36 %, -1,9 M d'emplois) ;
    • un recul dans le PIB : 1980 : 24 % du PIB -> 2007 : 14 %.
    • mais en réalité, une part qui est restée à peu près stable et qui reste importante en France car :
      • la part de l'industrie dans la valeur ajoutée française a peu baissé : de 24,2 % en 1978 à 22,3 en 2002 ;
      • la production industrielle a été multipliée par trois entre 1981 et 2006 (et la valeur des exportations x 4,6 dans la même période)
      • l'industrie représente toujours 80 % des exportations en valeur
      • l'industrie représente aussi 90 % des dépenses en R&D.
    • On peut citer l'ouvrage récent de Pierre VELTZ (qui dirige le cluster de Paris-Saclay), L'industrie notre avenir (Colloque de Cérisy 2014) dans lequel il parle d'un monde « hyper industriel »
    • Cette désindustrialisation relative a abouti à des nouvelles logiques territoriales de la part des entreprises : celles-ci on t resserré leurs lieux de production autour des métropoles. Les petits sites de l'industrie rurale ou des petites villes caractéristique d'un grand ouest parisien (Normandie, Picardie, nord de la région Centre ou Aube) comme Alençon, Flers, Romorantin, Nogent-sur-Seine ou Romilly ont été lourdement marquées par la fermeture de sites industriels. Au contraire, les sites proches des métropoles ont continué leur activité.

 

  • Le choix des délocalisations vers des pays étrangers :
    • vers de pays où la main d’œuvre est meilleur marché : pays d''Europe du centre et de l'est (PECO), pays de la Méditerranée (Espagne, Portugal, Italie puis Afrique du Nord, comme Renault-Dacia qui installe une usine à Tanger en 2012 pour le marché européen (voir http://www.usinenouvelle.com/article/renault-tanger-l-usine-souffre-de-la-faible-croissance-du-marche-europeen-selon-jacques-prost.N294450)
    • Selon l'économiste Gilles Le Blanc, 25 % des emplois industriels perdus entre 1980 et 2007 ont été liés à l'externalisation de la production, 30 % liés à des gains de productivité et 20 % à des délocalisations. (Gilles Le Blanc, Les espaces de la dynamique industrielle, « Des systèmes spatiaux en perspective », Territoires 2040 n°3, La Documentation française, 2012, pages 79-100).
    • Ces délocalisations, favorisées par la mise en réseau des entreprises et l'augmentation des mobilités des marchandises et des personnes (voir deuxième sous-partie) ont été également le fait de choix politiques ou stratégiques de la part des acteurs économiques et politiques dans un environnement concurrentiel nouveau, celui de l'Union Européenne (et du marche unique depuis 1986) et de la libéralisation des échanges à l'échelle mondiale, avec la montée en puissance des zones de production à bas coût de l'Asie de l'Est ou du sud en particulier la Chine ou le Bangladesh pour des productions comme le textile par exemple.
    • Ces délocalisations favorisent les métropoles car ce sont elles qui sont les mieux connectées à ces nouveaux lieux de production des marchandises (ou la sphère productive au sens strict).

 

  • Une externalisation de certaines fonctions tertiaires péri-productives.
    • Une externalisation des emplois :
      • des emplois de la sphère péri-productive (gestion, cantines, services de nettoyage, etc.)
      • par la sous-traitance : exemple d'Airbus qui en 2007 a lancé son plan « power 8 ». Aujourd'hui, on estime que pour un emploi chez Airbus, il faut 3 emplois chez les sous-traitants. Même proportion dans l'industrie automobile, avec les sous-traitants qui représentent 245 000 emplois face aux 150 000 employés de Peugeot et Renault.
      • les emplois intérimaires de l'industrie représentent la moitié des 525 000 emplois intérimaires (équivalent temps plein) en France.
    • Ce processus d'externalisation des fonctions péri-productives est elle encore liée à des choix politiques et sociaux faits dans les années 1980 en France comme dans les autres pays européens. Le choix a alors été de favoriser la flexibilité des emplois. Ce processus, accompagné par des mutations technologiques (comme la baisse du coût des télécommunications ou comme l'utilisation massive d'Internet) a poussé les entreprises, grandes ou petites, à externaliser une partie de leurs fonctions pour des raisons financières principalement en délégant ces fonctions à des PME plus réactives et plus flexibles.
    • De même, le choix du juste-à-temps et du toyotisme a poussé les entreprises à organiser leur production en s'appuyant sur des réseaux de sous-traitance toujours plus fournis, des grappes d'entreprises dépendantes des entreprises mères qui fixent alors leurs conditions de prix, de production ou de livraison à des PME qui doivent être réactives ou disparaître.
    • Là encore, les métropoles, situées sur les meilleurs noeuds de communication, disposent d'un atout.

 

  • Des métropoles qui concentrent les fonctions décisionnelles.
    • La grande majorité des entreprises cotées au CAC 40 ont leur siège dans l'aire urbaine de Paris. Seules Legrand (Limoges), Airbus Group (Toulouse) et Michelin (Clermont-Ferrand) ont leur siège social dans une autre métropole.
    • De même, les centres de recherche et développement des grandes entreprises françaises sont localisées dans des métropoles : Paris, bien sûr avec plus de la moitié des centres de recherche et de développement des entreprises du CAC 40, mais aussi Lyon (Lafarge, Total, Solvay, Sanofi, L'Oréal), Grenoble (STMicroelectronics, Schneider Electric, EDF, Alsthom, …) ou encore Toulouse (Airbus, Sanofi).
    • Ces fonctions sont aujourd'hui mises en avant par les acteurs économiques et politiques, suivant les idées et les recommandations de Richard Florida qui propose de mettre en avant les "classes créatives" et leur cadre de vie pour dynamiser les métropoles dans le cadre concurrentiel que l'on décrira plus loin.

 

1.2. Une mise en réseau des entreprises qui profite aux métropoles

  • Une ouverture internationale qui a poussé à cette mise en réseau.
    • Des choix politiques : ouverture internationale, libre-échange, libéralisation, construction européenne (marché unique de 1986, espace Schengen en 1995, Euro en 2002) qui ont des effets territoriaux (littoralisation, développement et accélération des échanges, …)
    • Le marché des entreprises industrielles est devenu européen avec la construction européenne, notamment par la mise en place de l'Acte Unique signé en 1986, qui voit les droits de douane disparaître entre les différents pays de l'UE (aujourd'hui 28). Ce marché a aussi facilité par l'instauration de la monnaie unique européenne, l'Euro, qui circule aujourd'hui dans 19 États.
    • D'autre part, les accords de libre échange signés dans le cadre du GATT puis de l'OMC (depuis 1995 ; 160 États début 2015) ont poussé à une baisse des droits de douane à l'échelle mondiale.
    • Logiquement, les métropoles, plus riches, plus dynamiques et plus attractives ont été les pôles qui organisent ce réseau, comme l'a décrit Olivier Dollfus en 1996 lorsqu'il décrit l'archipel mégalopolitain mondial, un réseau articulé par des villes mondiales (ou globales) décrites par Saskia Sassen qui dominent des métropoles nationales ou régionales.

 

  • Une internationalisation par les choix des entreprises :
    • La volonté d'acquérir une taille majeure, mondiale par des fusions et des acquisitions. C'est ainsi que Renault s'est associée au constructeur japonais Nissan, puis a acheté le roumain Dacia avant de s'associer au russe Avtovaz.
    • Cette internationalisation se mesure par l'importance des IDE (Investissements Directs à l’Étranger) en France : en 2013, c'est le 4° pays en stock d'IDE entrants et le 5° pour les IDE sortants. L'économie est donc fortement internationalisée. La contribution des filiales étrangères à l’emploi (13 % en 2009) et à la valeur ajoutée (20 % en 2009) souligne l’internationalisation de l’ensemble de l’économie. Cette contribution est plus marquée dans l’industrie manufacturière : les filiales étrangères y assurent 25 % de l’emploi marchand, et 31 % de la valeur ajoutée en 2009. L’internationalisation de l’économie française se mesure également à la part que prennent les filiales étrangères dans les dépenses de R&D exécutées par les entreprises sur le territoire national : 20 % en 2009 (23 % en 2003).
    • Ces IDE se concentrent dans les métropoles. Ainsi en 2014, Toulouse, Nantes, Bordeaux, Paris et Lyon ont été les principaux lieux d'accueil des IDE. 

 

  • Un système productif qui fait la part belle à l'innovation.
    • On assiste depuis une quarantaine d'années à une course forte à l'innovation. A côté des innovations de management ou de production proprement dites (vues ci-dessus), les entreprises, aidées par les acteurs politiques, ont investi massivement dans des politiques de recherche et d'innovation afin de rester compétitif sur les marchés nationaux ou internationaux. Ainsi, les secteurs automobile, aéronautiques et aérospatiaux, la sidérurgie, la pharmacie et ont investi massivement dans la recherche. En 2011, 2,25 % du PIB est consacré à la recherche et au développement selon l'INSEE, soit un doublement de la dépense intérieure. Les entreprises représentent 64 % du financement (dont 15 % par des PME).
    • Ces efforts de recherche ont été mené conjointement par les entreprises et par les acteurs politiques et ont abouti à la mise en place de systèmes productifs locaux puis de pôles de compétitivité dans les années 1990-2000. Ces pôles de compétitivité reprennent le principe (ou modèle) italien de cluster développé depuis longtemps dans la « troisième Italie », l'Italie centrale, la Vénétie en particulier où les petites entreprises fonctionnent à la fois en réseau et en concurrence dans des territoire plus ou moins restreints. Ces clusters associent donc les entreprises autour d'une production spécifique, comme le plastique (Oyonnax et les Alpes du Nord), la lunetterie (Franche Comté) ou les cosmétiques (entre Tours et Evreux). Si ces systèmes sont présents sur tout le territoire, les pôles de compétitivité les plus puissants, ceux qui sont appelés à jouer un rôle majeur à l'échelle mondiale sont situés dans les métropoles.

 

 

 

Les métropoles dans le système productif français
  • De même, les centres de recherche sont majoritairement situés dans les métropoles, notamment dans les technopoles qui associent recherche universitaire et entreprises sur le modèle de la Silicon Valley au sud de San Francisco (Californie, États-Unis). Les principaux technopoles français sont situés à Nice Sofia-Antipolis (informatique), à Grenoble (nucléaire, électronique), à Toulouse (aéronautique), autour de Paris, …
Les métropoles dans le système productif français

1.3. Une polarisation qui a bénéficié surtout aux métropoles aux dépens des autres territoires : des « pôles de croissance » (François PERROUX, économiste, 1955) qui ont des effets d’entraînement régionaux ?

 

  • Une concentration des emplois dans les métropoles depuis 1975
    • Entre 2000 et 2010, la croissance des métropoles a été en moyenne de 1,6 %, pour seulement 1,1 % pour l’ensemble du territoire français. Paris, Lyon, Toulouse, Strasbourg, Bordeaux, Nantes, Lille, Montpellier, Rennes, Grenoble, Toulon, Marseille, Nice, Rouen : les 14 métropoles réalisent plus de la moitié du PIB français (51 %), rassemblent 43 % de l’emploi et déposent 70 % des demandes de brevets, alors qu’elles ne réunissent que 39 % de la population.
  • Une concentration des fonctions métropolitaines supérieures
    • Au delà des emplois eux-mêmes, les métropoles concentrent certains emplois de cadre. En trente ans, les fonctions d'encadrement, de gestion stratégique et d'innovation ont connu un fort développement (+ 127 %), principalement en Île-de-France (45 % des emplois métropolitains supérieurs en France) et dans les métropoles de plus de 200 000 emplois (25 % des EMS), notamment à Toulouse, Grenoble, Montpellier, Nantes et Lille où plus de 10 % des emplois de l'aire urbaine sont occupés par des cadres des fonctions métropolitaines.
    • Ainsi, les emplois de la recherche sont concentrés à 37,7 % en Île-de-France et à 28,4 % dans les autres métropoles ; 

 

  • Depuis les années 1980, le grand Bassin parisien est marqué par une logique assez simple : les périphéries productives, qui avaient bénéficié des aides de l'Etat lors de la politique de déconcentration industrielle (années 1960-1980) ont plus souffert de la désindustrialisation que d'autres territoires plus proches de la métropole parisienne : ce sont des zones de l''industrie rurale.
  • De plus, depuis les années 1990, deux logiques marquent le grand Bassin Parisien :
    • d'une part, des axes de spécialisation sectoriels émergent : l'organisation devient moins radio-concentrique. Les entreprises ne sont plus intégrées verticalement depuis la conception jusqu'à la fabrication. Les processus de production sont de plus en plus fragmentés et prennent de multiples formes alliant aux simples relations commerciales des réseaux de sous-traitants, de co-traitants voire des co-filiales. De même, si l'emploi peut rester très largement dépendant d'un seul grand établissement (c'était le cas de Moulinex à Falaize), il repose de plus en plus sur une myriade de petits employeurs (le pôle verrier de la vallée de la Bresle), voire accueillir des établissements de firmes transnationales impliqués dans des districts industriels et qui contribuent à leur structuration ou leur développement (la Cosmetic Valley entre Chartres et Orléans). Cela se lit également à l'échelle des macro-territoires et pèse sur leur organisation. Dans le Bassin parisien, certaines filières sont ainsi présentes dans de nombreux territoires sans nécessairement se structurer à l'échelle inter-régionale : l'industrie automobile se trouve ainsi dans la fabrication automobile tout le long de la Seine, dans le pôle équipementier de Flers en Basse-Normandie, dans les activités plastiques ou les industriels du verre installés dans l'Oise et évidemment dans la région parisienne siège de plusieurs groupes et de nombreux centres de R&D. Le maintien d'une géographie fonctionnelle classique masque ainsi une reconfiguration de l'exposition économique des territoires et de leurs modes d'inscription dans la région économique de Paris.
    • d'autre part, les activités de R&D du cœur de la région parisienne sont désormais elles aussi exposées aux nouvelles logiques de localisation des entreprises. Elles pourraient même l'être à terme plus que les fonctions de fabrication si les groupes venaient à réimplanter des activités de montage-finition à proximité des grandes zones de distribution comme le Bassin parisien, alors que les centres de recherche sont appelés à répondre de plus en plus à des logiques planétaires.

voir croquis : http://geobunnik.over-blog.fr/2015/11/des-croquis-des-systemes-productifs-en-france.html

 

Conclusion de la partie 1 : une polarisation forte des activités de décision et de production en France depuis une quarantaine d'années.

 

  1. Des métropoles connectées et concurrentes organisées en archipel.

 

2.1. Des métropoles connectées

  • Les réseaux de transport :
    • le réseau autoroutier qui s'est développé dans les années 1980-2015 pour irriguer tout le territoire : la structure en étoile de moins de 5 000 km a cédé place à un réseau plus complet de près de 12 000 km d'autoroutes (142 autoroutes au total).
    • Le réseau des lignes à grande vitesse :
Les métropoles dans le système productif français
  • Le réseau ferré dédié au fret
  • Le réseau aérien : quelques aéroports concentrent le trafic du fret aérien : Roissy reste le premier aéroport européen (2 M t) pour le fret aérien, devant Francfort et Londres, loin devant Orly (100 000 tonnes), Toulouse, Marseille, Bâle ou Lyon (entre 33 et 55 M t en 2012). Des véritables zones industrielles s'y sont implantées.
  • Le réseau fluvial et les canaux, très réduit en France.
  • Le réseau maritime autour de trois ports majeurs : Le Havre / Marseille-Fos et Nantes-Saint-Nazaire.

 

  • Ces réseaux ont aussi facilité la mise en réseau des entreprises :
    • en facilitant la sous-traitance et les logiques industrielles du stock zéro ;
    • en facilitant la mise en réseau de grappes industrielles situées dans une même région, une même vallées, très connectées entre elles et avec les autres sites industriels concurrents ou complémentaires. en facilitant la mise en réseau de grappes industrielles situées dans une même région, une même vallées, très connectées entre elles et avec les autres sites industriels concurrents ou complémentaires.

 

  • Des réseaux dont le but est de faciliter l'innovation technologique et industrielle :
    • Les métropoles constituent aujourd'hui des réseaux de métropoles plus ou moins institutionnalisés. Ainsi, à travers le réseau eurocities, Lyon s'associe avec les métropoles européennes de Barcelone ou de Milan sur des projets urbains, cherchant ainsi à capter ou capitaliser une image dynamique. (extrait de leur site : "EUROCITIES est une association créée en 1986 par Lyon, Barcelone, Birmingham, Francfort, Milan et Rotterdam qui porte la voix des grandes villes sur la scène européennes, auprès des institutions communautaires. Le réseau, qui compte aujourd'hui 130 villes, propose à ses membres une plateforme de travail pour échanger des visions stratégiques, des expertises, des expériences. Plus qu'un lieu de diffusion et de valorisation des innovations urbaines visant l'amélioration des politiques publiques et administrations locales, Eurocities est également un outil de promotion du rôle des villes auprès de l'Union européenne." (voir : http://www.economie.grandlyon.com/reseaux-internationaux-villes/eurocities-reseau-des-grandes-villes-europeennes-5.html)
    • De même, les métropoles et autres villes moyennes s'associent dans des projets de pôles métropolitains créés par l’État en pour partager leurs compétences dans les domaines de l'innovation, de la recherche, du développement économique ou encore du développement des infrastructures de transport. (exemples ci-dessous, on peut faire le croquis du sillon lorrain).
Les métropoles dans le système productif français
Les métropoles dans le système productif français

On peut aussi évoquer à nouveau les réseaux d'entreprises,

  • avec le système de la sous-traitance qui relie les métropoles entre elles et avec d'autres territoires proches ou plus lointains (exemple de l'usine Peugeot à Rennes ?)
  • avec les pôles de compétitivité qui ont été établis en réseau, comme le montre la carte ci-contre extraite d'un travail de la DATAR en 2010 (Territoires 2040)
Les métropoles dans le système productif français

2.2. Des métropoles concurrentes

Ces métropoles sont certes connectées (à des métropoles françaises ou à des métropoles étrangères, en Europe ou ailleurs, comme Strasbourg qui tisse des liens avec les entreprises japonaises ou Nice avec des entreprises nord-américaines) mais elles n'en demeurent pas moins concurrentes pour garder ou attirer des investissements nationaux ou étrangers.

 

  • Une concurrence qui permet de capter des financements ou des projets industriels.
  • Une concurrence qui pousse les régions et les métropoles de ces régions à offrir des réductions ou des exonérations de taxes aux entreprises qui s'installent sur leur territoire.
  • Une concurrence qui joue avec l’image et la culture. On peut penser aux travaux de Richard FLORIDA sur les métropoles créatives ou de STIGLITZ qui sont utilisés par les acteurs politiques pour redorer le blason de leur cité. Dans les années 1980, Montpellier est une des premières métropoles de France à valoriser son image. De même dans les années 2000, Lille (autour de la capitale européenne de la culture puis d’événements culturels) ou Lyon (Fête des Lumières, Only Lyon) puis Nantes (Folles journées, Développement du projet de l’Île de Nantes et de ses machines).010, c’est Marseille qui se transforme autour du projet culturel Marseille-Provence 2013 (capitale européenne de la culture).

 

2.3. Typologie des métropoles en France (idée de spécialisation, d'influence, …)

Les métropoles françaises sont certes connectées et concurrentes, elles n’en demeurent pas moins différentes et aux poids et pouvoirs que l’on peut classer en utilisant deux critères majeurs : leur influence sur des territoires plus ou moins vastes et qui dépassent ou non les frontières de la France et leur poids décisionnel.

  • Une ville globale, mondiale, Paris : lieu de décision politique (gouvernement, élus nationaux, administration centrale, …), de décision économique (bourse, siège des grandes entreprises françaises, des FTN, des succursales de FTN mondiales, …), de décision et de création culturelle (universités, pôles de compétitivités, médias, théâtre, cinéma, …) d’échelle mondiale. Son influence est principalement nationale mais elle est aussi, grâce au couple franco-allemand notamment, européenne et mondiale (place de membre permanent au conseil de sécurité de l’ONU, siège de FTN comme Total, Danone, PSA, Renault, … dont les marchés et l’influence sont continentaux ou mondiaux).
    • 5,755 millions d'emplois, dont 850 000 EMS, soit 19 % des emplois.
    • Ces 5,755 millions d’emplois se répartissent dans 26 grandes zones d'emploi :
      • Paris, 1,2 M d'emplois ;
      • Nanterre (nord-ouest), 675 000 ;
      • Boulogne-Billancourt (Sud), 300 000 ;
      • Saint-Denis (nord), 291 000 ;
      • Versailles (ouest), 235 000 ;
      • Montreuil (Est), 215 000 ;
      • Créteil (sud-est), 180 000 ;
      • Orly (sud), 110 000 ;
      • Vitry-sur-Seine (Sud), 100 000 ;
      • etc.
    • La métropole accueille plus de 1 110 000 emplois métropolitains supérieurs en Île-de-France (45 % du total national) 

 

  • Des métropoles de rang européen. Celles-ci se sont spécialisées dans un ou deux domaines qui leur permet d’avoir un poids européen ou mondial. Toulouse et l’aéronautique par la présence d’Airbus – EADS par exemple (mais aussi la pharmacie ou la recherche sur le cancer), mais aussi Lyon autour des industries pharmaceutiques et l’industrie pétrochimique ou Nice autour des nouvelles technologies de l’information et des communications et le tourisme. Leur influence est plutôt européenne mais elles sont aussi très bien connectées aux métropoles mondiales.
  • Elles appartiennent à ce que Laurent CARROUE appelle 'la France Autonome' :
    • plus de 500 000 habitants
    • plus de 200 000 emplois
    • plus de 20 000 emplois métropolitains supérieurs. Des fonctions de la sphère péri-productive parfois décisionnelles dans un ou deux domaines particuliers, comme par exemple Lyon avec 120 000 EMS (Université, Recherche, Pharmacie) ou Grenoble avec la recherche nucléaire. Cette métropole possédant un taux d'EMS très élevé : 13,4 % des emplois, troisième rang français derrière Paris (19,3 %) et Toulouse (14,5 %, 80 000 EMS).
    • Une connexion forte entre elles parfois (Grenoble-Lyon), mais surtout avec Paris via les lignes aériennes et les TGV et autoroutes. Des échanges universitaires et dans le domaine de la recherche. Ce sont des villes qui accueillent des clusters et des pôles de compétitivité de rang mondial ou national.

 

  • Une métropole de rang européen pour son poids politique, Strasbourg. Cependant, ce poids politique européen (présence du Parlement européen dans le quartier, comme celles du Conseil de l'Europe et de la Cour européenne des droits de l'homme) est à associer à un poids économique certain, puisque la métropole est au cœur d’une région industrielle dynamique et très bien reliée au monde rhénan comme à Paris (IAA, industrie automobile, …) . Noter aussi la présence d'une chaîne de télévision nationale et internationale, Arte. 

 

  • Des métropoles de rang national qui concentrent des lieux de décision qui dépassent rarement les frontières nationales :Marseille, Nantes, Bordeaux, Montpellier, le duopole Nancy-Metz, le duopole Rouen-Le Havre. Elles possèdent rarement des FTN de rang mondial, (La CMA-CGM à Marseille par exemple) mais des entreprises qui visent le marché national ou européen. Ces métropoles sont très bien connectées.

 

  • Des « quasi-métropoles » qui possèdent des entreprises ou des centres décisionnels qui dépassent leur capacité à organiser et polariser les activités : Grenoble, Clermont-Ferrand ou Limoges. Ces grandes villes ne polarisent les activités économiques que sur une partie réduite du territoire national, elles sont moins bien connectées (tant par les airs que par le réseau de chemin de fer rapide ou les autoroutes).
    • Plus de 200 000 habitants,
    • plus de 100 000 emplois,
    • plus de 5 000 emplois métropolitains supérieurs. => des villes universitaires, des centres administratifs : des fonctions de la sphère péri-productive limitées à des postes de relais.
    • Ces métropoles régionales ou européennes regroupent ¼ des EMS selon Laurent CARROUE.
    • Elles polarisent un territoire restreint, et sont connectées aux métropoles de rang européen ou mondial, français ou non.
    • Rouen, près de 500 000 habitants, près de 300 000 emplois, mais une ville soumise à l'influence de Paris ; idem pour Tours, Orléans, le Mans ;
      • St-Étienne et Dijon, dans l'orbite de Lyon => St Étienne, 128 000 emplois, 8 000 EMS, Dijon, 138 000 emplois, 10 000 EMS ;
      • Nancy et Metz qui se partagent la domination sur la Lorraine mais sont sont influence Luxembourgeoise, Strasbourgeoise et Parisienne.
    • Avignon et Toulon, dans l'aire d'influence de Marseille

 

3. A l'échelle des métropoles, un processus de multipolarisation

 

Une spécialisation des territoires liée à l'accessibilité et de la connectivité aux réseaux rapides (LGV, aéroports, entrées d'autoroutes)

 

3.1. Des pôles anciens toujours puissants qui doivent rester compétitifs par des aménagements permanents.

  • Au centre-ville, les territoires sont marqués par la présence de lieux de décision :
    • Lieux de pouvoir politique : administration centrale (ministères, présidences), assemblées nationales, régionales, départementales, locales, ambassades, sièges d'institutions internationales ou nationales, …
    • Lieux de pouvoir économique : bourses, banques centrales, banques, sièges sociaux, assurances ;
    • Les lieux de décision culturelle : les médias (journaux, télévisions, radios), les agences de publicité, les sièges des entreprises culturelles (cinémas, musique, compagnies de théâtre, ...) ;
    • Les sièges des ONG et associations. (Paris surtout, mais aussi Lyon)

 

  • Les faubourgs, très marqués par la métropolisation et par la mutation du système productif français : les anciens docks portuaire sont transformés en quartiers d'affaires ou touristiques (ou les deux), comme à Marseille (opération Euroméditerranée), à Bordeaux, à Nantes (Île de Nantes), à Lyon (projet Confluences), etc. Des quartiers accessibles, modernisés, qui accueillent administrations, bureaux privés, emplois métropolitains supérieurs, etc. Des territoires également marqués par la gentrification.

 

3.2. Des nouveaux pôles, périphériques,

  • Les banlieues, avec :
    • Les centres d'affaires très reconnaissables par leurs paysages marqués par une fonction économique dominante : Ce sont des lieux de décisions, donc on y trouve des bureaux de services administratifs, de gestion, de décision. Ces quartiers sont construits autour du projet urbanistique de l'urbanisme sur dalle (ou urbanisme de dalle). Ils sont situés à la périphérie des centres historiques ou plus loin.
      • Si les activités économiques de haut niveau dominent, elles ne sont pas les seules : on y trouve les emplois métropolitains supérieurs : gestion, finance, arts, médias, arts, … Ceux-ci y sont plus nombreux que dans la ville centre dans quelques cas : La Défense, Villeneuve d'Ascq et Villeurbanne. On trouve aussi des commerces (grande distribution, alimentation, … ). Des salles de conférence, de spectacle ; de foires (CNIT à la Défense). On y trouve – dans les métropoles régionales – des administrations régionales. On y trouve aussi des habitants, la densité peut y être forte (20 000 habitants à la Défense).
      • Exemples : Mériadeck à Bordeaux ; EuraLille à Lille, Confluences et Part-Dieu à Lyon, etc.
    • Les quartiers des gares des trains à grande vitesse (Lyon-Part Dieu ; EuraLille ; Nantes ; Euroméditerranée à Marseille ; …). Trè_s bien connectés entre eux et surtout à Paris, ces quartiers se développent rapidement depuis trente ans (Lyon) ou 10 ans (Marseille, Nantes). Leur création est liée à un aménagement de la part de l’État (contrat de plan). S'ils ne créent pas directement des emplois, ils les polarisent dans des quartiers situés à proximité du centre-ville :
      • Lyon Part-Dieu 1983 → 2° centre d'affaires en France, 40 000 emplois ;
      • Euralille 1994 → 3° centre d'affaires de France ;
      • Marseille Euroméditerranée 2010 → en cours ;
  • Les périphéries qui sont marquées par des nouvelles centralités sont apparues depuis 30 ans :
    • les technopoles (une trentaine en France) qui concentrent entreprises de haute technologie et centres de recherche. Ils sont situés en périphérie des aires urbaines, dans des lieux accessibles par la route. Ils polarisent des emplois métropolitains supérieurs et sont spécialisés :
      • Plateau de Saclay ou « Paris-Saclay », qui accueille de la recherche nucléaire (CEA, Synchrotron), l'école polytechnique, le techno-centre de Renault, le siège de Thalès, … 40 000 emplois dont 12 000 chercheurs.
      • Sofia Antipolis dans l'informatique, 30 000 emplois ;
      • Toulouse avec Aérospace valley et le canceropôle ;
      • Grenoble-Meylan (ou Polygone scientifique) : recherche nucléaire, nanotechnologie (Minatec) : 10 000 emplois ;
      • Nancy-Brabois ;
      • Atlantopole à Nantes.
    • Les plate-formes aéroportuaires qui fixent les activités de logistique (Garonor à Roissy). C'est ainsi que l'aéroport de Roissy développe le projet d'Aérotropolis depuis 2009. L’objectif majeur est de relier les centres d’affaires et de congrès, les établissements scolaires et les parcs de loisirs de la région aux principaux axes de transport des villes, et également de créer des emplois. L'idée est d'associer : des transporteurs (Air France, Carex, FedEx), des propriétaires de parcs d’activités et d’infrastructures (Aéroville, Parc golfique de Roissy, Centre international « sino/européen » et des Nouvelles Énergies, Parc Mail, Paris Nord 2, Parc Sud Roissy, World Trade Center Roissy Paris CDG), mais aussi des acteurs locaux pour le développement économique (Plaine de France, Roissy Développement). Le centre du projet est bâti autour du projet Carex (CArgo Rail Express = fret TGV nocturne qui concurrence le fret aérien de produits en volume réduit mais de très haute valeur – médicaments, ordinateurs, produits frais : des produits conteneurisés- en Europe de l'ouest et qui s'y associe à l'échelle mondiale). Inauguré fin 2013, le bâtiment Aéroville propose un centre commercial de 170 boutiques sur 65.000 m². Il devrait créer plus de 2.000 emplois au carrefour de la A1 et de la Francilienne (malgré la colère des commerçants des villes du secteur). Sur le site PSA d'Aulnay, ID Logistics s'installera en 2015 (annonce faite fin 2013).
    • Les zones industrielles : où la logique est toujours identique : recherche de terrains accessibles, de plus en plus grands et connectés aux routes commerciales (autoroutes, proximité d'une gare, d'un port, …) => ces zones industrielles sont logiquement en périphérie des villes, mais ne sont plus dépendantes des lieux d'extraction des matières premières : Smart ou Toyota se sont installés dans des territoires périphériques, pour des raisons simples : accessibilité + subventions + présence de main d’œuvre qualifiée / fort taux de chômage. L’Île-de-France compte plus de 18 000 ha de zones industrielles : le long d'un axe nord-est, de Saint-Denis à Roissy-en-France ; (10 % des terrains) + le long de l'axe de la Seine, d’Argenteuil à Mantes la Jolie ; (20 %) + le long d'un axe sud-Seine, d'Ivry-sur-Seine à Évry, en passant par Créteil et Orly ; (20 % des terrains) + à l'ouest autour de Versailles -Massy-Palaiseau (10 %) + l'axe de Marne-la-Vallée (10 %).

 

Exemple de Lyon :

Les métropoles dans le système productif français
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