Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Geobunnik

Le blog d'un enseignant qui prépare au CAPES et au CRPE en géographie à l'ESPE de Corse à Ajaccio et Corte.

Habiter une marge : la Guyane des orpailleurs clandestins

Publié le 23 Juin 2017 par geobunnik in epistemologie de la géographie

Pour introduire un cours sur le thème de l'habiter, ce petit film de 25 minutes diffusé sur Arte en avril 2015 :

Après avoir visionné ce film, on peut repérer :

  • des acteurs assez nombreux :
    • les orpailleurs brésiliens ("garimpeiros") qui passent illégalement la frontière,
    • les forces de l'ordre françaises (gendarmes)
    • les commerçants brésiliens qui oeuvrent pour le bien être des orpailleurs (on peut dire ça comme ça)
    • les familles des orpailleurs qui dépendent de ces revenus ou qui produisent à partir de la production.
    • mais aussi des acteurs extérieurs invisibles :
      • l'Etat français, qui tente de garder une certaine autorité sur ce territoire
      • le marché mondial de l'or qui influence les garimpeiros
      • la société civile mondiale qui juge ces pratiques peu compatibles avec un développement durable de l'Amazonie française ou brésilienne.

=> des acteurs qui sont ici (au coeur de la forêt), mais aussi ailleurs (ils habitent aussi ailleurs : au Brésil, dans leur caserne, ...)

 

  • l'importance des mobilités :
    • pour ne pas se faire (sur)prendre
    • pour trouver des nouveaux filons
    • pour relier un point (un lieu) à un autre
    • des mobilités qui créent des territoires : on le voit, les passeurs comme les forces de l'ordre savent lire ces paysages, connaissent les lieux, ...
    • Ces mobilités créent aussi des routes.
    • Des mobilités parfois contrariées par des contraintes humaines (les contrôles à éviter)

=> des mobilités comme des pratiques quotidiennes, habituelles, nécessaires.

 

  • Des représentations qu'il faut peut être faire évoluer :
    • Un territoire qui n'est pas forcément perçu comme répulsif : si les risques sont connus et assumés, ces risques sont prioritairement humains (cf dormir avec son arme ... non pas contre les jaguars ou serpents mais contre les autres humains)
    • Un territoire arpenté, parcouru de routes / pistes / voies fluviales : il n'est donc pas si vide que cela.
    • Un territoire qui n'est pas fixe : il y a des dynamiques constamment.

=> un espace en mouvement permanent

 

  • Des lieux temporaires de l'habiter ... dans un territoire habité en permanence = un espace mobile (notion portée par Denis Retaillé)
    • les lieux de l'extraction, qu'ils soient fluviaux ou terrestres
    • les lieux des contrôles
    • des cachettes
    • les lieux du commerce

=> Un espace qui est organisé, plutôt de manière réticulaire (= en réseau)

 

Conclusion :

Habiter =

  • une pratique des lieux
  • des mobilités
  • une organisation de l'espace plutôt en réseau
  • des dynamiques

Tout cela peut se traduire dans le croquis suivant :

Habiter une marge : la Guyane des orpailleurs clandestins
Commenter cet article