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Geobunnik

Le blog d'un enseignant qui prépare au CAPES et au CRPE en géographie à l'ESPE de Corse à Ajaccio et Corte.

Les espaces forestiers français, des territoires en marge ?

Publié le 27 Juin 2017 par geobunnik in La France des marges

Document 1 : Forêt la plus visitée de France, Fontainebleau veut encore se développer

source : Sébastien Blondé, Le Parisien, 4 mars 2016

Document 2 : Le Parc Amazonien de Guyane

source : André Calmont, « La forêt guyanaise, entre valorisation et protection des ressources écosystémiques », VertigO - la revue électronique en sciences de l'environnement, Hors-série 14, septembre 2012.

Document 3 : La superficie forestière en France métropolitaine

source : Inventaire forestier, IGN (http://inventaire-forestier.ign.fr/spip/spip.php?rubrique3)

Document 4 : Center Parcs de Roybon : la suspension du chantier confirmée en appel

sources : de l'infographie : site internet de la mairie de Roybon : http://roybon.fr/ ; du texte : www.mediapart.fr/, 29 mai 2015].

Document 5 : Les « sans domicile fixe » du bois de Vincennes

source : Étienne Gresillon, Jean-Paul Amat et Aurélie Tibaut, « Les « sans domicile fixe » du bois de Vincennes : une précarité dans des espaces de durabilité », Géocarrefour, vol. 89/4 | 2014, 261-269.

Annexe : Extrait de la fiche eduscol « Valoriser et ménager les milieux », classe de Première

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Document 1 : Forêt la plus visitée de France, Fontainebleau veut encore se développer

Avec dix à onze millions de visites estimées chaque année, la forêt de Fontainebleau reste le massif forestier le plus fréquenté de France. C’est ce qu’il ressort de l’observatoire de la fréquentation du public (voir par ailleurs), lancé en avril 2014 par l’Office national des forêts (ONF) et ses partenaires du comité de pilotage de la forêt. Une première depuis 1996, dont l’objectif est d’améliorer et développer l’accueil du public sur les différents sites de la forêt.

50 % du public vient le week-end à Fontainebleau. « Le mercredi est un jour de semaine comme un autre », constate l’ONF, pour qui une haute saison se dessine du 1er mars au 30 juin et du 1er septembre au 11 novembre. Les efforts de sensibilisation et d’information à destination des visiteurs devront donc se concentrer « particulièrement les week-ends de la haute saison », conclut l’Office. Particulièrement entre 9 heures et 16 heures, lorsque la majorité du public vient en forêt, avec un petit pic en fin de matinée et un gros pic en début d’après-midi.

Les déchets, première nuisance désignée par les visiteurs devant la prostitution et le bruit. Pour améliorer la situation, l’ONF préconise entre autres le « renforcement de l’action policière sur les dépôts de déchets en bord de routes, sur les excès de vitesse, la prostitution et les sports motorisés. » Mais seul, l’organisme chargé d’entretenir le massif ne peut rien, notamment contre la prostitution. « Il n’y a qu’une perspective : la pénalisation du client », affirme Benjamin Beaussant, directeur de l’ONF de Fontainebleau.

 

La promotion des sites à bonne capacité d’accueil envisagée. Un moyen de mieux orienter les visiteurs, notamment via les cartes IGN et les supports numériques. Cela devrait aussi passer par une meilleure signalétique tant pour les francophones que pour les anglophones, ainsi qu’avec l’aide des réseaux de grimpeurs, est à l’étude.

Fermeture de nuit des parkings de Franchard et de l’Epine Nord (en bordure de la D 607), emblématiques pour leur fréquentation nocturne, est envisagée. Tout comme, mais dans une autre optique, le développement de l’offre touristique sur le parking de la Faisanderie ou l’aménagement de 55 places supplémentaires sur le parking Isatis, entre Fontainebleau et Arbonne-la-Forêt, victime de surfréquentation.

Le développement d’un hébergement bon marché est préconisé par l’ONF dans les communes à proximité des sites d’escalade pour attirer plus de touristes. Cela pourrait s’accompagner de la création d’offres combinées incluant une visite de la forêt. Bref, de quoi faire sortir de la poche des touristes plus que les 58 € par jour dépensés actuellement.

 

Chiffres clés

  • 10 à 11 millions, c’est l’estimation haute du nombre de visites chaque année en forêt de Fontainebleau.

  • 78 % des visiteurs s’y rendent en voiture, contre 14 % en bus, 4 % à pieds, 2 % à vélo et 2 % empruntent un autre moyen de locomotion, dont le train, qui n’a pas été pris en compte dans l’enquête.

  • 53 % des visiteurs font de la propreté de la forêt leur priorité. Pour 24 %, il s’agit de la sécurité et pour 17 %, la signalétique.

  • 300 tonnes de déchets sont ramassées chaque année en forêt de Fontainebleau.

  • 1 709 231 visites ont été recensées par an sur les 9 parkings où les compteurs automatiques ont été installés.

  • 13 M € par an, c’est la recette touristique directe pour le territoire, dont 11 M€ exclusivement grâce à la forêt.

 

Document 2 : Le Parc Amazonien de Guyane

Le Parc amazonien de Guyane (PAG) est créé par le décret du 27 février 2007.

La création du PAG révèle deux types d’enjeux, écologiques et humains. Sur le plan écologique, il s’agit de préserver une grande surface forestière pour maintenir les interactions entre la forêt tropicale humide, le climat et son milieu. En effet, comme la moitié des précipitations est issue de l’évapotranspiration de la forêt elle-même, les forêts tropicales jouent donc un rôle essentiel dans la régulation du climat local ; elles génèrent en quelque sorte leur propre climat. Par ailleurs, il est admis par une majorité de scientifiques que la forêt amazonienne constitue un puits de carbone, qui limite l’augmentation du gaz carbonique dans l’atmosphère engendrée par les activités humaines. En outre, dans le cadre du changement global, les grandes surfaces sont essentielles pour renforcer la résilience de la forêt aux évolutions climatiques en cours. Enfin, les sols amazoniens stockent une importante quantité de mercure d’origine naturelle ou anthropique, et la présence d’une masse forestière empêche, en freinant le lessivage des sols, la libération massive du mercure dans les cours d’eau.

Sur le plan humain, le PAG s’étend, partiellement ou en totalité, sur cinq communes (Saül, Maripasoula, Papaïchton, Camopi et le Sud de Saint-Élie). En 2007, cet espace comptait environ 9 500 personnes officiellement recensées (densités de 0,1 à 1 hab/km²), relevant de groupes humains très variés : Créoles, Aluku, Wayana, Emerillon, Wayapi. Ces sociétés traditionnelles du sud de la Guyane présentent des modes de vie en étroite relation avec leur environnement naturel. Aussi, les coutumes et la diversité culturelle véhiculées par ces groupes doivent être respectées et valorisées. Il en est de même pour les savoirs et les savoir-faire patrimoniaux qui font référence à l’héritage culturel matériel et immatériel. […]

Aujourd’hui, le principal problème environnemental du PAG et de l’intérieur forestier en général est la pratique des activités minières, car les zones d’intérêt écologique et à fort potentiel aurifère se superposent. [...] Depuis les années 1980, la Guyane connaît un renouveau de l’activité aurifère et les sites illégaux d’orpaillage se sont multipliés avec la hausse du cours de l’or qui s’est ajoutée à la porosité des frontières et à la pauvreté des populations des pays voisins. Aujourd’hui, l’activité minière, pourtant interdite, reste largement présente dans le parc : il y aurait une centaine de chantiers clandestins dans le cœur du parc et plus de 120 dans la zone d’adhésion.

Les espaces forestiers français,  des territoires en marge ?

Document 3 : La superficie forestière en France métropolitaine

Les espaces forestiers français,  des territoires en marge ?

Document 4 : Center Parcs de Roybon

 

4a : Le Massif des Chambaran

 

4b : « À Roybon, ZAD en formation »

Après Notre-Dame-des-Landes et Sivens, une nouvelle ZAD (zone à défendre) s’est-elle constituée ce week-end à Roybon dans l’Isère ? C’est en effet sur la forêt de Chambaran que le groupe d’habitat de loisir “Pierre et Vacances“ a jeté son dévolu pour construire un Center Parcs. Malgré l’avis négatif d’une enquête publique, le défrichage a commencé le mois dernier, entraînant des manifestations hebdomadaires des opposants au projet. Ce week-end, ils ont passé la vitesse supérieure en occupant une bâtisse et en décrétant une nouvelle ZAD. Sauf que celle-ci est en dehors du site “Pierre et Vacances“ et ne devrait guère gêner les travaux.

Dès le matin 10 heures, environ 200 habitants (sur 1 400) se sont pressés sous la réplique de la statue de la Liberté, un don de Bartholdi pour honorer son ami Mathias de Saint-Romme, natif du village. Commerçants, élus ou tout simplement habitants de la commune, ils sont là pour défendre bec et ongles le projet de Center Parcs, un complexe “aqualudique“ avec 1 000 cottages, des restaurants, des magasins, promettant la création de 700 emplois (l’équivalent de 450 temps pleins). Pour eux, c’est une question de survie, un « projet vital pour la région qui se meurt », selon un élu local. Il est appuyé par une forte majorité du conseil général de l’Isère qui soutient le projet.

Soixante-seize hectares de zones humides détruites en pleine forêt du Chambaran (contre treize à Sivens), répliquent les opposants au projet qui s’étaient donné rendez-vous deux heures plus tard pour dénoncer ce GPII, Grand Projet Inutile et Imposé. Ils sont environ un millier à s’élancer sur le chemin qui doit les mener jusque sur la zone de déboisement. « Si les gendarmes nous laissent passer », affirment-ils. Les gendarmes les laisseront entrer et se dépêcheront de refermer la zone une fois qu’ils l’auront traversée. Les manifestants occuperont par la suite un bâtiment vide de l’ONF, décrétant une nouvelle ZAD.

 

 

Document 5 : Les « sans domicile fixe » du bois de Vincennes

 

En deux décennies, le bois de Vincennes a vu croître une population de SDF que des travaux réalisés durant l’été 2010 évaluent à environ deux cent soixante-dix personnes. Nous avons repéré une petite centaine de campements dans le bois. […]

Au cœur d’une métropole de plus de quinze millions d’habitants, ce bois urbain de 995 hectares reçoit annuellement onze millions de visiteurs aux motivations très diverses, sorties scolaires, activités sportives et culturelles, visites de site, détente… Par ailleurs, depuis l’hiver 2000, les gestionnaires mènent une politique pilote de valorisation et de préservation de la biodiversité ordinaire dans les espaces lourdement touchés par les tempêtes Lothar et Martin de la fin 1999 : des peuplements en régénération naturelle ont supplanté des futaies régulières et la charte d’aménagement durable (signée le 26 avril 2003) a fait du Bois un maillon essentiel du Plan Biodiversité de Paris, adopté le 15 novembre 20113. […]

Les SDF profitent de cet entre-deux du Bois, entre un accès facile à la capitale et l’isolement qu’offre le couvert végétal. […]. Vivre dans le Bois autorise un « chez soi » de compensation. Le Bois est suffisamment isolé des activités et du bâti urbains pour suggérer une installation constante, voire durable (plusieurs décennies pour quelques sans-abris).

Première logique distributive, la majorité des campements de SDF se situe dans la partie boisée, qui couvre un peu moins de la moitié de la surface du Bois de Vincennes. Deux ensembles boisés, est et ouest, s’individualisent. Les 300 hectares du bloc occidental concentrent la plupart des sans-abris. À l’est du fort de Vincennes, le bloc oriental abrite la seconde concentration importante de tentes. Les secteurs gérés en parc, les rives des lacs Daumesnil et de Saint-Mandé, les bordures nord-ouest et sud du bois n’en abritent pas.

Une implantation peut être vécue comme temporaire alors même qu’elle se pérennise. Certains sans-abris passent quelques nuits dans le Bois, d’autres y changent régulièrement de lieu de campement, d’autres encore y vivent depuis plus 30 ans. Chaque arrivée, chaque intégration, est personnelle, chaque perception est unique, qui renvoie souvent à la propre histoire du SDF. Certains se considèrent dans la ville, d’autres, en pleine campagne. […]

Autour de la tente, une logique fonctionnelle différencie des espaces (coin repas, coin cuisine, coin toilette) qui découpent le territoire de vie et construisent des paysages autonomes. […] Dans les espaces ouverts ou semi-ouverts ensoleillés et tapissés d’une strate herbacée, des lieux de séjour sont aménagés pour le repas et la discussion. Au-dessus de la table, une bâche fait office autant de parasol que de parapluie. Les campements les mieux organisés comportent, dans les recoins sombres proches des tentes, un espace pour la toilette avec miroir, bac, parfois un jerrican solaire pour chauffer l’eau. Sur une tige coupée, sur une planche appuyée à un enfourchement, le SDF pose tube de dentifrice, brosse à dent, mousse à raser… Dans les espaces reculés, loin des chemins et du campement, certains édifient des feuillées (WC), utilisant une cuvette de chablis naturelle ou creusant une fosse à la pelle. S’il est trop visible, le lieu est entouré d’une bâche tendue entre des arbres. […] Dans le Bois, des fontaines publiques permettent aux cantonniers d’arroser les parterres fleuris et aux usagers de se désaltérer. Leur répartition, qui répond d’abord à cette logique d’arrosage, est aussi très favorable aux SDF, dont la majorité est installée à moins de quatre cents mètres de ces points d’eau. Ils s’y ravitaillent par bouteilles et bidons, assurant ainsi leur indépendance pour la toilette, la cuisine et la vaisselle. […]

Le bois de Vincennes s’avère ainsi pour les SDF un compromis entre une ville difficile à vivre, bruyante, rarement amène, et un espace à consonance rurale, plus silencieux et plus riche en intimité. Grâce au souci des gestionnaires d’améliorer l’attractivité du bois, les SDF trouvent dans les aménagements publics (fontaine, réseaux de transport) des raisons objectives pour s’installer.

 

 

Annexe :

 

 

Les espaces forestiers français,  des territoires en marge ?
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