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Geobunnik

Le blog d'un enseignant qui prépare au CAPES et au CRPE en géographie à l'ESPE de Corse à Ajaccio et Corte.

1- La France dans le monde

Publié le 10 Septembre 2012 par geobunnik in CRPE Ajaccio

1.1. Un État présent dans le monde entier : Une puissance mondiale ?

Quel est le poids de la France aujourd'hui ?

Une réponse possible en deux échelles (échelle européenne et échelle mondiale) et trois thèmes (aspects économiques, culturels et politiques.

 

La France est une puissance régionale : une puissance au sein de l'Europe / Union Européenne et un État dont la puissance s'exerce en Europe (éco et pol), en Afrique (pol) et dans quelques autres lieux (DROM, TOM, COM, Francophonie, ). Cependant, elle a les attributs d'une puissance mondiale, mais de façon incomplète.Il faut donc articuler ces deux échelles dans le développement

 

a- Les capacités (ou facteurs de la puissance française) :

Une entité souveraine non discutée :

  • Le pays est d'abord marqué par une assez forte homogénéité du pays : assez forte même si ségrégation socio-spatiale avec les banlieues qui concentrent les problèmes sociaux et économiques (fort taux de chômage, sous emploi, délinquance, violence latente, ...) et même si qq régionalismes (Corse, Bretagne, Basque, ..)
  • Le système démocratique fonctionne bien (élections libres, presse libre, syndicats libres, ... ) malgré un taux de corruption relativement élevé pour un pays européen et une abstention qui augmente régulièrement lors des élections.
  • Des frontières stables depuis 1945 ou 1962 (décolonisation), forte ouverture sur les pays voisins, avec territoires transfrontaliers. Un des plus grands pays d'Europe hors Russie (derrière Ukraine pour superficie et Allemagne pour population) 550 000 km² et 65 M d'habitants. Ouverture aussi par les voies de communication malgré mers et montagnes (CARTE) : tunnels, cols, autoroutes, TGV, ...
  • Un pays centralisateur depuis la monarchie capétienne, renforcé par les acquis de 1789, les deux empires, et les trois dernières républiques, même si qq mouvements régionalistes ou indépendantistes dans les régions périphériques (DROM, Corse, Pays Basque, Bretagne) + une décentralisation amorcée en 1982 (régions aux pouvoirs accrus) et dans les années 1990.
  • ... mais un territoire qui ne se limite pas à l'Europe ...

Une puissance économique et politique

  • La France est un des membres du G8-G20 ;
  • C'est aussi un des 5 membres permanents de l'ONU (sur 15) ;
  • Elle a une place particulière dans l'UE : un des moteurs de l'Europe (tandem franco-allemand), un des 6 fondateurs en 1957. ... même si quelques crises entre F et UE (crise de la chaise vide 1965-66, sept mois - Roms 2010);
  • Elle dispose d'un réseau diplomatique très développé mais remis en question. (trop grand ? trop cher ? pas assez de moyens ? trop commercial ? ) ;
  • Son armée est considérée parmi les plus puissantes (2-3° marine mondiale avec GB, derrière EU ; force de frappe nucléaire ; porte avion nucléaire, aviation, technologies).
  • Au point de vue économique, il faut souligner importance de l'Euro dans le monde et en Europe ;

 

  • La France est aussi un des membres de la Triade ;
  • Son PIB / PNB par habitant est parmi les plus élevé au monde : 33° pays du monde (environ 35 000 $/hab/an.)
  • Elle possède le 5° PNB mondial et un très bon IDH (8° rang mondial 0,975)
  • On y trouve quelques entreprises mondiales françaises : L'Oréal, Danone, Renault, Peugeot, Thales, Areva, LVMH, PPR, Airbus, Arianespace.
  • Soit des industries du luxe, des hautes technologies (automobiles, aérospatiale, aéronautique, IAA) ;
  • mais disparition d'autres secteurs (informatique, électronique, textile, machines-outils).

La France est aussi le 5° pays importateur et le 5° exportateur (EU, All, Chi, Japon) => 16-17 % vers ou d'Allemagne ; UE ; Chine ; UE, Russie, Japon et Asie ; Afrique.

Un territoire qui a perdu une place centrale en Europe :

Un territoire en finistère européen ;

Rappel : ce qu'est une puissance :

 

  • Selon le géographe Gérard Dorel définit ainsi ce qu'est une puissance : "Un État qui dans le monde se distingue non seulement par son poids territorial, démographique et économique mais aussi par les moyens dont il dispose pour s'assurer d'une influence durable sur toute la planète en termes économiques, culturels et diplomatiques".

  • On peut donc identifier les attributs, les leviers de la puissance puis évaluer la façon dont les États peuvent en disposer. Ainsi :

    • Le poids territorial peut procurer ressources de diverses natures, profondeur stratégique mais il est des États de très grande superficie qui n'en retirent guère de puissance et l'inverse est également vrai : comparons la République démocratique du Congo et Singapour par exemple,

    • Le poids démographique peut être un atout ou un fardeau : atout lorsque les dynamiques politiques, socio-économiques engagées sont favorables à la création des biens matériels ou immatériels, à l'innovation, à l'intégration de tous ; fardeau dans les situations inverses, les mouvements migratoires traduisant, lorsqu'ils sont possibles, ces différences de condition,

    • Le poids économique confère indéniablement de la puissance en se traduisant par des capacités : d'innovation et d'investissement ; de pénétration voire de domination des autres marchés ; du contrôle des marchés de capitaux, de devises, de matières premières, etc.,

    • La puissance s'évalue aussi en termes d'influence culturelle : rôle de la langue, diffusion des biens culturels à l'échelle régionale ou mondiale, influence sur les modes de diffusion de l'information, les réseaux, etc.

    • Enfin, les capacités diplomatique et militaire achèvent de constituer la puissance en super-puissance.
      Le poids, le rang et le rôle d'une puissance découlent aussi du poids qu'exercent certains centres d'impulsion (grandes métropoles, centres régionaux de production). Il convient donc d'étudier les lieux où s'exerce cette puissance : c'est la permanence de certains lieux (concept géopolitique). Il faut absolument allier l'histoire et la géographie, qui doivent se féconder mutuellement.

Source : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/notions/index.htm.

Un territoire traversé par des flux européens, des axes Nord-Sud, même si pas dans la mégalopole européenne (Londres/Rotterdam - Lille - Paris - Lyon - Marseille ; Londres/Rotterdam - Lille- Paris - Bordeaux - Espagne ;Rotterdam/Rhin - Metz-Nancy - Dijon - Lyon - Marseille) ; mais aussi des axes Est-Ouest (Paris - Strasbourg - Allemagne ; Barcelone - Marseille - Toulon - Nice - Gênes - Milan/Rome ("Arc méditerranéen")) ;

Des grands carrefours au niveau européen : Paris, Lyon, Lille ;

Des ports de rang européen mais pas forcément mondial (Marseille - Le Havre)

  • Mais les principaux axes de l'Europe se dirigent de + en + vers l'Est, avec l'axe majeur, le Rhin de Rotterdam à l'Italie du Nord + deux axe E-O qui se développent, le Danube + axe Ruhr-Varsovie- Moscou.

  • Un territoire assez vaste à la taille de l'Europe (3° derrière Russie, Ukraine) ...mais territoire petit à la taille du monde (1% - 550 000 km²). Un territoire bien exploité, peu de zones isolées ou délaissées ou mal contrôlées (Guyane)

Une population vieillie et peu nombreuse :

  • Une population faible au niveau mondial (62 M d'habitants : 1% du monde)

  • ... mais assez forte au niveau européen : 13 % de l'UE-27 ou 8 % de l'Europe au sens large (y compris Russie et Turquie) - 3° pays derrière la Russie (140 M) et l'All (82 M).

  • Pourtant, la densité de la population est très moyenne : 112 hbs/km², soit bcp - que ses voisins (Allemagne 231 ; Belgique 345 ; PB 396 ; Luxembourg 184 ; GB 251 ; Italie 197 ; ... mais Esp 87)

  • Un pays à la population peu dynamique au niveau mondial : croissance démographique faible en Europe en général, comme dans les pays du Nord, mais ...

  • ... assez dynamique pour un pays d'Europe, on parle d'une "exception française" car :

    • le taux de mortalité est très bas (classique pour pays riches) : 8,5 %o,

    • mais le taux de natalité relativement élevé pour un pays de l'Europe : 12,7 %o, soit autour de 2 enfants par femme (indice conjoncturel de fécondité).

Le taux d’accroissement naturel (4,2 ‰) se maintient parmi les plus élevés de l’Union européenne (UE) : la France fait partie des rares pays où le solde naturel atteint ou dépasse le taux de 3 ‰, avec le Luxembourg (4,1 ‰), le Royaume-Uni (3,5 ‰) et les Pays-Bas (3,0 ‰), étant seulement devancée par l’Irlande (10,4 ‰) et Malte (5,2 ‰).

le solde naturel demeure négatif dans 8 pays : la Bulgarie (– 4,3 ‰), la Hongrie (– 3,1 ‰), la Lettonie (– 3,1 ‰), la Lituanie (– 2,6 ‰), l’Allemagne (– 2,1 ‰), la Roumanie (– 1,5 ‰), l’Estonie (– 0,5 ‰) et l’Italie (– 0,1 ‰).

La France a un niveau de fécondité similaire à celui de l’Irlande. Ces deux pays restent en tête de l’Union européenne, suivis par les pays du Nord de l’Europe. L’Europe méridionale conserve une très faible fécondité, tout comme l’Europe centrale et l’Europe de l’Est, où l’indicateur conjoncturel s’établit le plus souvent à 1,4 ou 1,5 enfant par femme. C’est en Pologne que la fécondité est aujourd’hui la plus basse (1,23 en 2008) ; c’est aussi l’un des rares pays où l’indicateur diminue encore. À l’inverse, c’est en République tchèque, en Lituanie et en Slovénie que la fécondité a le plus augmenté ces dernières années (+ 0,2 enfant par femme au moins depuis 2005).

  • Une population vieillie :

    • 77,8 hommes et 84,5 ans pour les femmes d'espérance de vie à la naissance en 2009.

    • le taux de mortalité infantile est très faible (3,6 %o)

    • Les moins de 20 ans : 24,7 % ;

    • ceux de 20 ans à 59 ans : 52,7 %

    • Les 60 ans ou plus : 22,6 %   (dont 75 ans ou plus : 8,8 %)

 

b- Les limites de la puissance de la France :

Une puissance politique limitée :

  • La fin du rôle de locomotive européenne depuis le refus de la Constitution Européenne en 2005 ? Mais rôle important lors des négociations notamment lors du traité de Lisbonne (2007) pour attribuer les rôles et fonctions de chaque pays.
  • Le poids de la France au niveau international est-il celui que les Français imaginent ? Le pays est toujours membre du conseil de sécurité de l'ONU, membre permanent, avec quelques coups d'éclat (Guerre Irak vs G Bush ; Géorgie en 2008 ; Libye en 2011), mais une politique de + en + associée à celle des autres pays de l'UE (pour le réseau diplomatique + les choix + le haut représentant pour les affaires étrangères, Catherine ASHTON)
  • Une voix qui se fait - entendre, avec qq échec (cf Londres 2012 ou nominations aux postes clés de l'exécutif européen, ...)

Une puissance économique limitée et en déclin ?

  • La France n'est plus la 4 ° puissance du monde : doublée par la Chine, toujours derrière EU- Japon et Allemagne, mais peut-être rattrapée par l'Inde, le Brésil (pays émergents) dont la croissance annuelle est beaucoup + forte.
  • C'est un pays au PIB/habitant très moyen dans l'UE (108 base 100) => derrière Allemagne 116; Autriche 123, Irlande 131, PB 130.
  • Si on regarde bien, le marché des entreprises françaises est limité : principalement l'UE et la Triade, qui a du mal à se positionner sur les marché émergents (BRIC).

Une puissance culturelle oubliée ?

  • Une présence française à l’étranger qui ignore les grandes puissances de demain ?
  • Il y a 2 M de Français installés à l'étranger, dont 1,3 M inscrits ds les consulats. Parmi ces derniers, on trouve surtout des jeunes (53 % de moins de 35 ans), hommes et femmes, principalement en Europe, en Amérique du Nord et en Afrique.
  • La France fait-elle encore rêver ou préfère-t-on migrer vers les EU, l'Allemagne, la GB ? 

  1.2. En Amérique , dans l'Océan Indien et dans l'Océan pacifique, les confettis des restes d'un empire

Particularité, comme la GB, (et à une moindre mesure le Portugal et l'Espagne ou les PB) le territoire français dispose de possessions outre-mer. 

 

Un empire éparpillé ("confetti d'empire") de 2,2 M d'habitants, soit 3,7 % de la pop° du pays et aussi très éloigné :

  • Un éloignement des terres par rapport à la métropole, avec laquelle les liens sont cependant particulièrement forts. Par exemple, les Antilles se trouvent à 6 800 km de Paris, la Polynésie à 16 000 km et la Nouvelle-Calédonie à 19 000 km. De plus, ces territoires peuvent aussi se trouver très éloignés des partenaires économiques importants les plus «proches» : Papeete (Polynésie) est à 5 700 km de l’Australie, 6 200 km des États-Unis et 8 800 km du Japon.
  • L’insularité constitue un autre facteur d’isolement pour l’outre-mer français, à l’exception de la Guyane. Mais si cette dernière est la seule région continentale d’outre-mer, son enclavement en Amérique du Sud, entre Amazonie et Océan Atlantique, l’isole également d’une autre manière. En outre, pour certains territoires, l’insularité se conjugue avec un grand émiettement : la Polynésie française compte ainsi plus d’une centaine d’îles, composant cinq archipels et dispersées sur 2,5 millions de km2.

Une grande variété de statuts : Au départ, la Constitution de 1946 prévoit deux statuts : les DOM (aux pouvoirs + étendus et faisant partie du territoire national, au même titre que la métropole) et les TOM (les colonies). Une différence reprise par la Constitution de 1958 ; Mais changement en 2003, révision constitutionnelle qui subdivise fortement les types de statuts possibles, cela correspond tout à fait avec la volonté affichée d’y reconnaître la diversité. La Constitution distingue désormais sept cas auxquels il faut aussi ajouter les "collectivités à statut particulier", (comme la Nouvelle-Calédonie qui est dotée de collectivités très originales : les provinces). C’est donc une dizaine de statuts que l’on atteint finalement. De plus, lors d'un référendum relatif à la départementalisation de Mayotte le 29 mars 2009, les électeurs de l'île se sont prononcés en faveur du changement de statut de cette collectivité. Mayotte est devenue le 5e DOM et le 101e département français.Enfin, il faut rappeler le cas des TAAF (terres Australes et Antarctiques Françaises)

Conséquence de la possession de tous ces territoires, la France possède une zee maritimes énormes (une présence sur tous les océans - 11 M de km², 2° au monde ; un intérêt géostratégique -bases militaires- mais aussi économique -pêche, aquaculture- ) 

 

Des ilots de richesse au coeur d'espaces pauvres ?

  • Ces facteurs naturels d’isolement sont accentués par une faible intégration régionale. La France d’outre-mer n’entretient que très peu de relations avec les pays voisins. Héritage du système économique colonial dit «de l’Exclusif», qui attribuait un monopole commercial à la métropole, cette dernière reste le plus souvent le premier partenaire commercial, surtout dans les DOM.
  • L'ampleur des flux financiers venant de métropole fait de chaque entité ultramarine un véritable îlot de richesse au sein d'un environnement relativement pauvre avec lequel chacune d'entre elles entretient des relations ténues. Qu'il s'agisse du PIB par habitant, de l'indice de développement humain (IDH) ou de l'espérance de vie à la naissance, la France d'outre-mer contraste avec les États voisins. Mais cette prospérité est largement due aux très importantes aides dont l'outre-mer est destinataire.
  • Malgré la distance, la majorité des échanges commerciaux des collectivités territoriales d'outre-mer se fait aujourd'hui encore avec la métropole : celle-ci représente, par exemple, 50 % à 60 % des échanges extérieurs des départements d'outre-mer.
  • Les économies ultra-marines reposent, dans la plupart des collectivités territoriales, sur un nombre réduit de secteurs économiques : L'agriculture demeure incontournable, notamment dans les départements d'outre-mer, et se caractérise par une grande spécialisation des productions ; Le tourisme représente une source déterminante d'activités dans les Antilles et il s'est largement développé à la Réunion (en dépit de la chute de la fréquentation consécutive à l'épidémie de chikungunya), en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie ; Enfin, le secteur du bâtiment soutient par son dynamisme la croissance des outre-mer et a profité de la mise en place de dispositifs de défiscalisation. En complément, il faut rappeler le poids prépondérant de secteurs économiques spécifiques comme le nickel en Nouvelle-Calédonie ou l'industrie spatiale en Guyane.
  • Le niveau de vie y demeure globalement inférieur à celui de la métropole : les PIB des départements d'outre-mer sont, par exemple, tous inférieurs à 75 % de la moyenne des PIB par habitant de l'Union européenne, (56,8 % pour la Guyane, 60,6 % pour la Réunion, 67,3 % pour la Guadeloupe, 74,9 % pour la Martinique). Cependant, ce niveau de vie est très sensiblement supérieur à celui de leur environnement régional.
  • Le niveau du chômage, qui se situe à près de trois fois la moyenne nationale, reste très élevé, à 36 % de la population active dans les départements d'outre-mer. Cette situation s'explique en partie par le décalage entre une croissance économique forte et une évolution démographique plus rapide encore.
  • Dans ces conditions, la dégradation du pouvoir d’achat est, pour les populations des outre-mer, un sujet particulièrement sensible. Celles-ci pâtissent de revenus plus bas et de prix plus élevés qu’en métropole.
  • Le salaire moyen outre-mer est inférieur de près de 10 % pour les emplois les moins qualifiés, qui sont aussi les plus nombreux. À ce phénomène s’ajoutent des proportions plus importantes de chômeurs et de bénéficiaires du RMI. Les comparaisons de prix mettent de surcroît en évidence des décalages importants, parfois jusqu’à 35 %, pour des produits de première nécessité, comme les carburants. »
  • La relative opulence de l'outre-mer par rapport à ses voisins ne va pas sans poser des problèmes d'immigration, tout particulièrement à Mayotte, en Guyane et à Saint-Martin.

Des territoires marqués par l'importance des risques naturels :

  • Des climats difficiles. La plupart des terres ultramarines sont situées dans des zones tropicales ou équatoriales (Caraïbes, Amérique du Sud, Océan Indien, Polynésie…); les autres relevant de climats froids rigoureux (Saint-Pierre-et-Miquelon, TAAF).
  • En outre, du fait de sa situation géographique, la France d’outre-mer est davantage exposée que la métropole à des risques naturels, cycloniques, sismiques ou volcaniques. Des exemples de catastrophes majeures témoignent de la réalité de ce risque : une éruption de la Montagne Pelée (Martinique) le 8 mai 1902 avait fait 28 000 morts ;un ouragan sur la Guadeloupe le 12 septembre 1928 avait fait 1 200 morts, ...

Une croissance démographique forte :

  • La population de la France d’outre-mer est passée en un siècle de moins de 600 000 personnes à plus de 2,4 millions aujourd'hui.
  • Cela s'est traduit surtout par une explosion urbaine (focalisée sur la ville principale au détriment des villes secondaires et des zones rurales). L’importance de la relation à la métropole et celle des administrations ont engendré, dans chaque collectivité ultra-marine, une polarisation très forte et sans cesse croissante du chef-lieu sur le territoire sous son autorité – à l’exception de la Guadeloupe où Pointe-à-Pitre n’est pas la préfecture.
  • De plus, Après la Seconde Guerre mondiale, un vaste mouvement migratoire s’est développé depuis les DOM vers la métropole. Ainsi, 357 000 personnes nées outre-mer résidaient en métropole en mars 1999. C’est notamment le manque de débouchés professionnels qui avait conduit de nombreux jeunes Guadeloupéens, Martiniquais, Réunionnais et Guyanais à s’installer en métropole, aidés par une société d’État, le BUMIDOM (Bureau pour le développement des migrations intéressant les départements d'outre-mer), devenu Agence nationale pour l'insertion et la promotion des travailleurs d'outre-mer (ANT).
  • Mais depuis 20 ans, autre mouvement migratoire : depuis les territoires voisins. A la Réunion, la situation est devenue particulièrement préoccupante, du fait de la croissance de flux d'immigrés venus des Comores. Mayotte est davantage victime de l'immigration clandestine que la Réunion puisque sur 160.000 Mahorais, on compte au moins 50.000 Comoriens. 

1.3. La francophonie, espace culturel et politique.

 

Le Français est une langue parlée par 200 M de personnes dans le monde dont 72 millions de locuteurs partiels.

 

Un organisme est chargé de réunir tous les pays francophones : l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). La première conférence intergouvernementale se réunit à Niamey (Niger) en 1969. La première pierre institutionnelle est l’Agence de coopération culturelle et technique (ACCT) créée en 1970, et devenue en 1995 l’Agence intergouvernementale de la Francophonie (AIF). Enfin, en 1986, se tient en France le premier sommet des chefs d’État et de gouvernement francophones.

Au milieu des années 1990, un tournant politique donne un nouvelle dimension à la Francophonie, jusque-là essentiellement consacrée à la coopération culturelle et économique. Entamé au sommet de Cotonou en 1995, c’est deux ans plus tard au sommet de Hanoï qu’aboutit cette réforme : une nouvelle Charte de la Francophonie est adoptée et le premier Secrétaire général de la Francophonie, Boutros Boutros-Ghali, est nommé.

Une nouvelle réforme intervient en 2005. La Conférence ministérielle, réunie à Tananarive (Madagascar), adopte le 23 novembre une nouvelle Charte de la Francophonie. Dans un souci de simplification du système institutionnel, l’Agence intergouvernementale constitue désormais l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), sous l’autorité du Secrétaire général de la Francophonie.

 

Les objectifs de la Francophonie :

  • aider à l’instauration et au développement de la démocratie,
  • aider à la prévention, à la gestion et au règlement des conflits, et au soutien à l’État de droit et aux droits de l’Homme ;
  • aider à l’intensification du dialogue des cultures et des civilisations ;
  • aider au rapprochement des peuples par leur connaissance mutuelle ;
  • aider au renforcement de leur solidarité par des actions de coopération multilatérale en vue de favoriser l’essor de leurs économies ;
  • aider à la promotion de l’éducation et de la formation. Le Sommet peut assigner d’autres objectifs à la Francophonie.

Un principe : Une stricte neutralité dans les questions de politique intérieure.

  • Les institutions et opérateurs de la Francophonie :

    • Une Conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays ayant le français en partage,

    • Une Conférence ministérielle de la Francophonie,

    • Un Conseil permanent de la Francophonie,

    • Un Secrétaire général de la Francophonie.

    • Une Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) qui est consultative.

    • Des Conférences ministérielles permanentes : la Conférence des ministres de l’Éducation des pays ayant le français en partage (Confémen) et la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports des pays ayant le français en partage (Conféjes)».

  • Des opérateurs directs

    • l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) ;

    • TV5, la télévision internationale francophone ;

    • l’Université Senghor d’Alexandrie ;

    • l’Association internationale des maires et responsables des capitales et des métropoles partiellement ou entièrement francophones (AIMF).

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