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Geobunnik

Le blog d'un enseignant qui prépare au CAPES et au CRPE en géographie à l'ESPE de Corse à Ajaccio et Corte.

Chapitre 1 : "Stabilités", Les éléments du temps long, de la géohistoire (2)

Publié le 21 Septembre 2012 par geobunnik in CAPES - Canada, Etats-Unis, Mexique

1.3. Des fleuves comme liens ou comme frontières, des océans comme limites et des montagnes, lieux de l'imaginaire nord et méso-américain.

 

1.3.1. Des fleuves d'Amérique du Nord :

Le Saint Laurent, porte d'entrée de l'Amérique du Nord :

  • Le Saint-Laurent est l'un des plus grands fleuves du monde, tant sur le plan de la longueur que sur ceux du débit et de la surface du bassin de drainage. Avec ses 3 060 km, il se place su 19° rang à l'échelle mondiale. Il est au 13° rang pour le débit moyen (10 100 m3 d'eau à la seconde). Son bassin de drainage est d'environ 1 300 000 km², comparable à celui de la Volga ou du Gange. Issu des grands Lacs, qui lui fournissent les quatre cinquièmes de son eau, le Saint-Laurent draine près de 10% des réserves mondiales d'eau douce. Pas surprenant que les Micmacs lui aient donné le nom de Magtogoek, c'est-à-dire "fleuve aux grandes eaux".
  • On peut couper les 1600 km (ou 4 000 si on inclut les Grands Lacs) du fleuve en trois parties :  1- Les Grands Lacs, puisque la source du fleuve est très proche des lacs ; 2- Entre les Grands Lacs et Montréal ; 3- Le Golfe du Saint Laurent. 
  • Il faut aussi rappeler le rôle important qu'il joue dans la symbolique et dans la réalité quotidienne canadienne et surtout québécoise, puisque c'est la porte d'entrée des migrants dans le pays, de Jacques CARTIER à Samuel de CHAMPLAIN.De plus, 80 % de la population du Québec vit sur les berges du fleuve ou à proximité.
  • De même, le fleuve est un axe majeur des transports vers les Grands Lacs. Il a fallu aménager des canaux de contournement pour éviter les rapides, comme les rapides de Lachine à Montréal et permettre une navigation jusqu'aux centres industriels canadiens et états-uniens des Grands Lacs, Chicago, Détroit, … A l'aval de Québec, l'immense estuaire de 700 km de longueur débouche sur une véritable mer intérieure, le Golfe du Saint-Laurent. Ces grands plans d'eau,offrent des conditions idéales pour la navigation : ce n'est que sur de très courtes sections de chutes (Niagara) et de rapides (Sault Ste Marie, et St Laurent supérieur), que quelques canaux munis d'écluses ont dû être construits à des gabarits toujours plus grands. 
  • Sur le Saint-Laurent et les Grands Lacs, depuis l'ouverture de la Voie maritime à l'amont de Montréal en 1959, les profondeurs disponibles sont partout au minimum de 8,20 m. et la taille des écluses (il n'y en a que 16 à franchir sur les 3 700 km de l'Atlantique à la Tête des Lacs) permet la circulation de deux flottes originales : celle des lacquiers, ou navires des Lacs, construits pour utiliser au maximum le volume disponible dans les écluses, et celle des navires de mer construits spécifiquement pour le transit dans les écluses du système laurentien, tout en étant parfaitement aptes à la navigation océanique. Autrement dit, d'énormes péniches d'une taille unique au monde, et des fluvio-maritimes de dimensions exceptionnelles. Les navires de ces deux flottes ont aujourd'hui des capacités unitaires de l'ordre de 30 000 tpl (10 fois celle d'un chaland rhénan), et ces deux flottes se côtoient sur toute la longueur du système, ce qui est une particularité du système fluvial laurentien véritablement unique au monde.

 

Le Mississippi : entre mythologie et artère centrale des Etats-Unis.

  • Le fleuve a vite eu une place particulière comme en atteste les noms des villes qui le bordent : Memphis, Cairo, … De même, ce fleuve évoque dans la mémoire collective Tom Sawyer, Huckleberry Finn, Autant en emporte le vent, les champs de coton et les bateaux à aubes… Suivre son cours, c’est un peu comme voyager dans l’histoire des États-Unis.
  • La place qu’occupe le Mississippi dans la géographie des États-Unis est considérable. Avec ses affluents, le « Grand Fleuve » – son nom en langue ojibway – draine un territoire de près de 3,3 millions de km², dont moins de 2 % relèvent du Canada, le reste correspondant à plus de 40 % des quelque 7,8 millions de km² que couvrent les États-Unis centraux (sans l’Alaska et Hawaï). Cette immense cuvette, grande comme six fois la France, s’étale des piémonts des Appalaches à ceux des Rocheuses et comprend en tout ou en partie 31 des 48 États centraux.
  • Le Mississippi, troisième fleuve du monde, naît dans le nord du Minnesota. Le cours du Mississippi proprement dit s’étire sur près de 3 800 kilomètres. Mais le Missouri, cet affluent qui le rejoint sur sa rive droite à la hauteur de Saint-Louis, en parcourt à lui seul quelque 4 400. Au total, de la source du Missouri dans les Rocheuses du Montana, à l’embouchure du Mississippi sur le golfe du Mexique, c’est d’un itinéraire de quelque 6 300 kilomètres qu’il s’agit, dont près de la moitié est navigable.
  • En fait, tant le Mississippi lui-même, accessible sur la majeure partie de son cours aux péniches et bateaux tirant jusqu’à trois mètres d’eau, que ses principaux affluents, dont les rivières Ohio, Arkansas et Rouge, assurent au cœur du territoire américain un remarquable réseau de navigation se déployant sur près de 8 000 kilomètres. S’y ajoutent une multitude de petits affluents et défluents, en particulier dans le delta, dont une bonne partie est également accessible aux embarcations à faible tirant d’eau. Bref, non seulement le Grand Fleuve et ses ramifications maillent-ils le territoire central des États-Unis, ils l’animent, lui et les six sous-bassins qui le composent. Cela est tout d’abord attribuable à leurs régimes hydrologiques. En effet, le débit du Mississippi, tout comme ceux de plusieurs de ses affluents, en particulier le Missouri et l’Ohio, se caractérisent par de grandes amplitudes. Ainsi, à Vicksburg, alors que l’on s’approche de la plaine deltaïque, le débit annuel moyen du Mississippi est de l’ordre de 17 000 m3/seconde ; ses plus bas et ses plus hauts débits mensuels moyens se situent respectivement à quelque 8 000 et 30 000 m3/seconde, ses plus fortes crues, plus puissantes même que celles de la Volga, dépassant les 70 000 m3/seconde.
  • Déjà très sinueux après qu’il a reçu à la hauteur de Cairo l’apport de son puissant et impétueux affluent de rive gauche, la rivière Ohio – elle-même alimentée par la tout aussi fougueuse rivière Tennessee –, il le devient encore plus au-delà de Memphis, en particulier en aval de sa confluence avec la rivière Arkansas. Entre Memphis, sise à moins de 70 mètres au-dessus des eaux du golfe, et l’embouchure ultime du Grand Fleuve, la distance à vol d’oiseau est d’environ 700 kilomètres. Entre ces deux mêmes points, le cours du fleuve en parcourt en réalité plus du double. Le réseau du Mississippi – les réseaux devrait-on dire – apparaît alors de plus en plus complexe, en particulier lorsqu’on l’examine à l’aide de cartes à grande échelle. À travers ce monde amphibie que le Grand Fleuve semble traverser paresseusement – du moins lorsqu’il n’est pas en crue –son approche du golfe du Mexique, son cours devient hésitant, se modifiant dans le temps et l’espace, alors que se multiplient les bras secondaires, les affluents, les défluents, les lacs et les méandres, y compris ceux que le fleuve abandonne, les bayous.
  • Par rapport au Saint Laurent, le Mississippi est beaucoup plus navigable. Il est orienté du nord au sud sur environ 3 000 km de Minneapolis au golfe du Mexique, se présente tout différemment : pas de lacs (sauf certains lacs de barrages, notamment sur le Tennessee), et un fleuve puissant qu'il a fallu constamment dompter entre des levées artificielles pour limiter les inondations, et maintenir un lit fluvial offrant des profondeurs minimales pour la navigation. Celle-ci se développe à la fois sur le fleuve et sur plusieurs de ses affluents (notamment le Missouri, l'Ohio, le Tennessee et l'Arkansas).
  • Les trafics annuels sur le réseau du Mississippi n'ont pas cessé d'augmenter depuis 1975, passant de 450 à 700 Mtc (millions de tonnes courtes, soit 907 kilos). Sur le réseau du Mississippi, les profondeurs sont beaucoup plus modestes que sur le Saint Laurent, car le fleuve charrie beaucoup d'alluvions, ce qui lui vaut le surnom de big muddy (gros boueux). C'est pourquoi ces profondeurs disponibles sont de 2,75 m. de Minneapolis à Cairo, 3,67 m. de Cairo à Bâton Rouge, 13,5 m. à l'aval de ce dernier port. Ces contraintes ont été surmontées par deux révolutions techniques : dans la première moitié du XIX°siècle, la machine à vapeur a permis de substituer aux radeaux de bois à sens unique vers l'aval, démontés à l'arrivée à la Nouvelle-Orléans, une navigation mécanique fonctionnant enfin dans les deux directions, puis au milieu du XX° siècle, l'invention du poussage sur ce fleuve a lancé la circulation de convois de barges bien adaptées aux faibles profondeurs disponibles, tout en totalisant des capacités de plusieurs dizaines de milliers de tonnes par convoi.
  • Actuellement le trafic annuel est de l'ordre de 700 Mtc , à comparer aux 300 Mtc du trafic sur le Rhin. Les principaux produits transportés sont des pondéreux (charbon, produits agricoles et alimentaires, hydrocarbures, minerais, produits chimiques). Une bonne partie de ces flux a pour origine ou destination les ports du bas Mississippi, qui totalisent un trafic de plus de 400 Mtc par an. En tonnages, c'est de loin le plus grand ensemble portuaire du continent

 

Le Colorado, ou comment gérer la pénurie.

  • Le Colorado s’étend sur 2 330 kilomètres des montagnes Rocheuses jusqu’au Golfe de Californie. Son bassin versant couvre 630 000 km². Le long de ce parcours, il fournit une bonne partie de l’eau douce de 7 États états-uniens (l’équivalent d’un citoyen des États-Unis sur 12) et 2 États mexicains, soit près de 30 millions de personnes, peut-être 38 millions en 2020. L’eau du fleuve Colorado alimente des villes comme Las Vegas, Phoenix, Los Angeles et San Diego. Elle soutient une production d’électricité suffisante pour couvrir les besoins domestiques de 3 millions de personnes. Elle sert à irriguer 15 % des cultures états-uniennes.
  • La situation du fleuve Colorado est marquée par des problèmes récurrents de gouvernance, de conflits autour du partage de la ressource, de surexploitation et de pollution. Le lien étroit entre ces différents problèmes est illustré de manière éclatante par le fait suivant : les Etats des États-Unis se sont partagés l’eau du fleuve sur la base du débit moyen constaté entre 1905 et 1925, période qui s’est révélée rétrospectivement comme la plus humide en 400 ans. En conséquence, la ressource a été trop abondamment prélevée, notamment en Californie, de sorte que la partie mexicaine du fleuve est régulièrement asséchée, le fleuve n’atteignant plus la mer. La sécheresse qui prévaut dans la région depuis 1999 n’a fait que rendre les problèmes plus criants, et il est anticipé que le changement climatique ait pour conséquence de rendre cette situation permanente. Parallèlement, le Sud-ouest des États-Unis connaît une croissance démographique et économique soutenue, qui a entraîné une augmentation des extractions d’eau ainsi que des conflits autour de cette ressource. Une étude datant de 2009 estime que si les pratiques de gestion ne changent pas dans la région, la moitié des réservoirs du bassin versant seront à sec en 2050.
  • Le partage de l’eau du Colorado est marqué par de fortes inégalités, les principaux bénéficiaires étant au final les Californiens – historiquement dotés du plus grand poids politique – et les principales lésées les populations mexicaines situées en aval. En Californie, l’eau du Colorado est utilisée depuis le XIXe siècle pour l’irrigation (zone de l’Imperial Valley) et, avec un impact toujours croissant, pour les grandes villes comme Los Angeles et San Diego, où l’usage de l’eau n’est pas toujours – loin de là – des plus efficients et des plus rationnels. La Californie est parvenue plus ou moins légalement à se tailler la part du lion grâce à un pouvoir politique plus considérable ainsi qu’à des infrastructures plus avancées que dans les États voisins. Cet État a fini par prélever à lui seul 6,5 km3 de l’eau du Colorado, soit 40 % du volume disponible réel – et ce alors que le fleuve n’y coule même pas : il ne fait que former sa frontière avec l’Arizona. 60 % de cette eau est destinée aux irrigateurs de l’Imperial Valley, et 40 % au Metropolitan Water District of Southern California, fournisseur d’eau aux villes de la région. 
  • Outre les problèmes de prélèvements excessifs, le fleuve Colorado s’est trouvé récemment exposé à un nouveau problème, celui de la pollution croissante liée à la « ruée vers l’énergie » de la fin des années 2000 (comprenez l'exploitation des gaz de schiste). Le bassin du fleuve Colorado a connu une véritable frénésie de prospection, d’extraction et d’exploitation de ses ressources minières et énergétiques. La région est relativement riche en pétrole (schiste bitumeux), en gaz naturel et en uranium. Or la mise en exploitation de ces ressources requiert de pomper une grande quantité d’eau, alors que la ressource est déjà rare, et de la restituer totalement polluée. C’est particulièrement vrai de l’exploitation du schiste bitumeux, qui entraînerait une multiplication par 15 de l’eau prélevée par le secteur, et utilisant annuellement l’équivalent de presque six semaines du débit du Colorado. Mais cela vaut aussi pour les forages gaziers et pour les techniques d’extraction de l’uranium, qui peuvent avoir pour effet de mettre en contact les aquifères avec des métaux toxiques (arsenic, plomb, mercure) situés dans le sous-sol et, dans le cas de l’uranium, utilisent des substances toxiques comme le cyanure.

 

La Columbia : hydroélectricité et saumons.

  • Le fleuve mesure environ 2 000 kilomètres. Son bassin versant est d'environ 670 000 kilomètres carrés, soit un peu plus que la taille de la France, et s'étend sur sept États américains et une Province canadienne. En volume, la Columbia est le quatrième plus grand fleuve des États-Unis, et il a le plus grand débit des fleuves d'Amérique du Nord qui se jettent dans l'océan Pacifique. Son débit abondant et son dénivelée relativement raide lui donnent un énorme potentiel pour la production d'énergie hydroélectrique. (14 barrages hydroélectriques)
  • Le Columbia et ses affluents ont été au centre de la culture et de l'économie de la région depuis des milliers d'années. Ils ont été utilisés pour le transport et comme axe de communication, reliant les nombreux groupes de populations de la région. Les poissons, surtout les espèces de saumons, fournirent une nourriture de base pour les peuples autochtones et, dans les siècles passés, les commerçants de tout l'Ouest de l'Amérique du Nord sont venus commercer ces poissons. De même, les compagnies commerciales de traite des fourrures utilisèrent le Columbia comme une voie de transport clé. Plus tard, les bateaux à vapeur naviguant le long du fleuve facilitèrent le commerce et les communications et l'arrivée du chemin de fer à la fin du XIXe siècle, avec des lignes suivant le lit du fleuve, permit de compléter ces liens.
  • Depuis la fin du XIXe siècle, les installations diverses, privées et publiques, se sont fortement développées sur le fleuve. Pour faciliter la navigation des navires et des barges, des écluses ont été construites le long du bas Columbia et de ses affluents, et le dragage a ouvert et maintenu des chenaux de navigation praticables. Actuellement, du côté américain, un lac de barrage est présent presque tous les milles sur le fleuve. 

 

Le Rio Grande / Rio Bravo, le fleuve frontière

  • 3060 kilomètres de long dans un territoire aride. Le fleuve a un débit moyen de 160 m³/s à son embouchure, soit 1/100e de celui du Mississippi. La surface de son bassin versant est de 607 965 km². Le Rio Grande draine essentiellement les eaux de régions soumises à un climat semi-aride. Son bassin versant est en effet occupé pour une bonne partie par le désert de Chihuahua, une région ou les précipitations annuelles ne dépassent pas les 250 mm. La section la plus inhospitalière est celle comprise entre El Paso et sa confluence avec le Rio Conchos. Le fleuve n'y est alimenté que par quelques rares cours d'eau au débit erratique. Il arrive même certaines années qu'il soit totalement à sec après une longue période de sécheresse.
  • De plus il est fait un usage intensif de son eau et de celles de ces affluents pour les besoins de l'irrigation.
  • Pour ces raisons ce fleuve n'est navigable que pour de petites embarcations à faible tirant d'eau. Son débit connaît un maximum à la fin de l'été en septembre. Le sud-ouest des États-Unis est en effet soumis à la mousson et les précipitations s'y concentrent sur la période de l'année allant de juillet à septembre.
  • Le long du Río Bravo, sur le territoire mexicain, se trouvent des maquiladoras ainsi que des villes jumelles. Il ne faut pas oublier que le Río Grande est une frontière depuis 1836, lorsque le Texas intègre la confédération des EU. C'est devenu un point de passage obligé pour de nombreux émigrants mexicains ou latinos américains. Ces clandestins sont surnommés espaldas mojadas en espagnol et wetbacks en anglais, ces deux expressions signifient dos mouillé.

 

1.3.2. Les Océans : 

L’Atlantique : le lien avec l'Europe. 

  • Là aussi, il faut rappeler l'importance historique de l'océan Atlantique, puisque ses rives sont celles de l'arrivée de la majorité des migrants, Européens et Africains. C'est là que l'on trouve les traces du peuplement des colons les plus anciennes, notamment autour des 13 colonies et du Saint Laurent. Le Mexique obéit à la même logique : le port de Veracruz reste la porte d'entrée du pays, à la fois historiquement et économiquement.
  • Les rives de l'Atlantique sont très peuplées, on y trouve 220 millions d'habitants : plus d'1 nord-américain sur 2 ; on y trouve les grandes métropoles, la mégalopole, etc. C'est un coeur industriel, commercial, politique.
  • De plus, il faut souligner une autre importance symbolique, celle du soleil dans le sud qui a permis le développement du tourisme de masse, que ce soit en Floride (Miami) ou au Mexique (Cancun), mais aussi qui a permis l'attraction des retraités. 
  • Cet attraction n'est pas réduite par les risques associées à l'océan, surtout dans le sud où le climat tropical provoque des cyclones.
  • Cependant, il ne faut pas négliger l'apport direct de l'océan : d'une part par la pêche qui (sur)exploite les ressources de morue, homards, crevettes, baleines, ... ce qui n'est pas sans conflits entre acteurs et entre Etat, d'aute part par l'exploitation des hydrocarbures, notamment dans le Golfe du Mexique.

Le Pacifique : la finalité de la conquête et l'ouverture sur l'Asie.

  • La symbolique tient au fait que cet océan représente la fin du monde, la fin de l'immensité américaine. Elle reste attachée à des mythes américains, celui de la construction du chemin de fer au Canada comme aux EU, celui de la ruée vers l'Or en Californie ou en Alaska, celui de la haute technologie (SiliconValley), celui d'un art de vivre (Sea, sex and sun venue de Californie), celui du cinéma (à Los Angeles ou Vancouver).
  • C'est devenu une porte d'entrée pour les asiatiques, notamment à Vancouver, Seattle, San Francisco, Los Angeles ou Portland. 
  • La façade du Pacifique est, malgré le nom de son océan, un territoire à risques (séismes)
  • Cette façade a cessé d'être un territoire de la peur, de la menace, comme pendant la Seconde Guerre mondiale (menace japonaise) pour devenir un territoire du dynamisme, des nouvelles technologies (de Vancouver à San Francisco). Cela en a fait un territoire attractif : 50 millions d’habitants soit 1 états-unien sur 6 vit dans une grande métropole de la façade Pacifique ; la Californie reste l’État le plus riche des États-Unis, 6ème rang mondial avec un PIB de 1 390 milliards de $ en 2004.

L'Océan Glacial Arctique

  • Son importance a été longtemps géostratégique : c'est le lieu de rencontre avec l'URSS puis la Russie, à travers l'Alaska mais aussi le pôle Nord. C'est aussi un territoire convoité pour ses richesses non pas maritimes mais liées aux transports. L'espoir d'une voie de communication (le passage du Nord-Ouest : En 2007 le passage du Nord-Ouest est devenu temporairement praticable, ce qui pose des problèmes au Canada qui doit affirmer sa souveraineté sur ses îles du nord. C'est également un important enjeu économique puisque le passage du Nord-Ouest raccourcit de 4 000 km le trajet maritime actuel entre l'Europe et l'Extrême-Orient qui emprunte le canal de Suez. Par exemple, le trajet maritime Rotterdam-Tokyo est long de 15 900 km par le passage du Nord-Ouest, 14 100 km par le passage du Nord-Est, 21 100 km par le canal de Suez, 23 300 km par le canal de Panama.
  • En 1969, les États-Unis, préoccupés par l'évacuation du pétrole récemment découvert en Alaska (mer de Beaufort), décidèrent de tester le Passage du Nord-Ouest en envoyant symboliquement le superpétrolier "Manhattan" forcer les détroits. Ce fut une réussite maritime et la reprise d'un contentieux avec le Canada qui considère le Passage comme faisant partie de ses eaux intérieures. Les tensions sont régulières entre les deux pays, comme dans les années 1980 où le USCGC Polar Sea, un brise-glace des Gardes côtes américains, créait un incident diplomatique. Faute de moyens pour l'intercepter, le premier ministre canadien Brian Mulroney avait alors été forcé de lui donner symboliquement la permission. De même fin 2005, lorsque des sous-marins nucléaires des États-Unis avaient franchi le passage sans l'accord du Canada.
  • Le 9 avril 2006, le Canada a déclaré que l'armée canadienne considèrerait désormais le Passage du Nord-Ouest comme faisant partie des eaux intérieures canadiennes. Le 10 août 2007, le premier ministre canadien annonce la création d'un port en eaux profondes à Nanisivik au nord de l'île de Baffin, pour des besoins de ravitaillement comme d'amarrage, ainsi qu'une présence militaire renforcée. Il s'agit de réaffirmer la légitimité du Canada sur l'Arctique.

1.3.3. Les montagnes et les forêts, lieux de refuge pour les minorités et pour la nature ...

On retrouve ici l'idée de wilderness vue en introduction. Pour se repérer, voir : link

 

Les forêts :

  • Elles couvrent environ 26 % de la superficie terrestre du Canada et des EU et représentent aussi plus de 12 % du couvert forestier mondial. L’Amérique du Nord possède plus d'un tiers des forêts boréales du monde et un large éventail d'autres types de forêts. Quelque 96 % de ces forêts sont naturelles. Après la Fédération de Russie et le Brésil, le pays qui a le plus de forêts est le Canada, avec une superficie de 244,6 millions d'hectares. Les États-Unis viennent au quatrième rang, avec 226 millions d'hectares (FAO, 2001). La superficie globale des forêts du Canada n'a pas varié au cours de la dernière décennie, tandis qu'aux États-Unis la superficie des forêts a augmenté de près de 3 millions d'hectares, soit quelque 1,7 %.
  • On estime qu'aujourd'hui l'Amérique du Nord produit 255,5 millions de m3 de bois sur pied par an de plus qu'elle n'en exploite (CEE et FAO, 2000). Cette région produit environ 40 % de la production mondiale de bois d’œuvre et d'industrie et en consomme également 40 % environ. La superficie des forêts de plantation augmente dans les deux pays. Au Canada, la superficie régénérée par la plantation est passée d'un peu moins de 100 000 hectares en 1975 à près de 400 000 hectares en 1997 (REGEN, 2002), et aux États-Unis il existe environ 21 millions d'hectares de plantations, soit quelque 4,5 % de la superficie totale des forêts (CEE et FAO, 2000).
  • Au Mexique, le copuvert forestier représente près de 30 % du territoire. Si on trouve quelques forêts tempérées au nord, la majeure partie des forêts sont tropicales humides dans le sud du pays. Une forêt elle aussi exploitée par les sociétés. Cependant, un risque pèse sur les forêts : celui de la déforestation (que l'on estime entre 370 000 et 1 million d'ha par an par des défrichements agricoles et l'exploitation forestière). Des foêts qui servent de refuge, notamment pour la rebellion néo zapatiste de l'EZLN.

Les Rocheuses :

C'est bien sûr la principale chaîne de montagne du sous-continent. Son importance tient à plusieurs éléments :

  • L'importance physique : D'une part, la largeur de la chaine : près de 2 000 kilomètres au plus large aux Etats-Unis. On peut couper la chaine en quatre parties d'est en ouest (en suivant les charriots des premiers migrants) :
  • 1- les hauts palteaux, des contre-forts de la chaine, entre la vallée du Miisissippi (Grande Plaine, prairie canadienne) et les sommets.
  • 2- Les hautes montagnes des Rocheuses (ou Rockies) promprement dites avec des sommets de plus de 4 000 mètres aux Etats-Unis, de plus de 6 000 mètres au Canada et en Alaska. C'est la limite de partage des eaux entre le versant atlantique et le versant pacifique.
  • 3- Une dépression centrale, faite de hauts plateaux appelés Grand Bassin au nord des Etats-Unis et Plateau du Colorado au sud, Ces ploateaux sont à 1 000 -2 000 mètres au nord (plateau de la Columbia au Canada-Etats-Unis) et de 1 300 à 1 600 mètres d'altitude dans le plateau du Colorado. C'est dans ce derbnier lieu que l'on trouve des canyons très profonds, de 1 000 m  de profondeur et larges de 8 à 25 km. Ces territoires sont marqués par une aridité qui a modelé les paysages. Quelques lacs temporaires ou salés (le Grand Lac Salé)
  • 4- Les chaines littorales qui dominent le Pacifique : au nord la chaine de l'Alaska (Mac Kinley, 6 194 m), puis les Cascades à plus de 4 000 mètres, la Sierra Nevada à plus de 4 000 mètres aussi (associée aux "coast ranges" de plus de 2 000 mètres entre lesquelles se trouve la Great Valley, coeur agricole de la Californie), jusqu'à la basse Californie. Ce sont des zones qui appartiennent à la "ceinture de feu du Pacifique", avec des zones de volcanisme, de seisme.
  • L'importance symbolique et historique : c'est la fin des Grandes Plaines pour les migrants et leurs charriots partis à la conquête de l'Ouest au XIX° siècle (premiers charriots en 1832, fondation de Salt lake city par les mormons, ...). C'est alors, comme aujourd'hui une barrière montagneuse à franchir. On y trouve peu de monde, peu de villes. Un bout du monde, une périphérie au coeur du territoire traversée par quelques routes et chemins de fer (première ligne en 1869).
  • C'est là que l'on trouve les parcs nationaux les plus connus et les plus sauvages. On est au coeur de la wilderness des Etats-Unis : Les forêts et les geysers de Yellowstone (dont le célèbre Old faithfull qui jaillit à intervalles réguliers), death Valley à 86 mètres sous le niveau de la mer, le desert de Mohave, les parcs de Jasper, de Banff, de Yosemite, de Yellostone, des Arches, etc.

 

Les Appalaches : 

  • Une chaine plus courte mais au poids symbolique et historique notable aussi.
  • Les Appalaches ont d'abord été une frontière au sens d'une limite : les 13 colonies s'arrêtent aux pieds de cette chaine d'orientation nord-est/sud-ouest qui s'étend du Québec (voire Terre-Neuve) à Atlanta, sur plus de 3 600 km. Une chaîne qui les protèges des Indiens. Par la suite les Appalaches sont devenues une frontière de conquête : les colons y trouvent de l'eau (conommation + hydroélectricité), du charbon, des minerais, du bois, ... Bref, tout ce qu'il faut pour s'industrialiser. 
  • De plus, pour les géologues et les géographes, les Appalaches restent le lieu de naissance de la théorie de l'évolution cyclique des reliefs de W. M. DAVIERS
  • Aujourd'hui les Appalache ne forment plus une limite infranchissable. Elles sont peu élevées : 2 090 mètres à leur point culminant  (mont Washington). De plus, elle est coupée par des passages qui ont permis des communications vers les Grands Lacs.

La Sierra Madre :

 

  • Trois chaînes de montagnes - prolongement de celles qui traversent du nord au sud l’ouest des États-Unis forment la partie du territoire mexicain qui constitue le sud de l’Amérique du Nord :
  • la Sierra Madre Orientale qui commence à la frontière entre le Texas et le Mexique et continue sur 1 350 km jusqu'à atteindre le Cofre de Perote, un des sommets principaux de la cordillère néovolcanique. Comme pour la Sierra Madre occidentale, elle se rapproche progressivement des côtes en se dirigeant vers l'extrémité sud. En effet, elle se situe alors à 75 km du Golfe du Mexique. La Sierra Madre orientale s'élève à environ 2 200 m d'altitude avec des sommets atteignant 3 000 m. ;
  • La Sierra Madre Occidentale, prolongement des Montagnes Rocheuses. Elle s'étend sur 1 250 km à 50 km au sud de la frontière avec les États-Unis, sur les États mexicains de Sonora, Chihuahua, Sinaloa, Durango, Zacatecas, Nayarit, et une partie de Jalisco et rejoint la cordillère néovolcanique après le Río Santiago. La cordillère néovolcanique traverse d'est en ouest le centre du Mexique. Au nord, la Sierra Madre occidentale est située à environ 300 km des côtes occidentales mais à proximité de la cordillère néovolcanique elle n'est plus qu'à 5 km de la côte pacifique. La Sierra Madre occidentale s'élève à environ 2 250 m d'altitude avec des sommets atteignant 3 000 m.
  • La Sierra de Basse Californie, qui fait partie de la Chaîne côtière. Ces trois grandes cordillères, dont chacune est formée de plusieurs rangées de montagnes, sont orientées, dans l’ensemble, du nord-ouest au sud-est.
  • Les deux Sierra Madre ceinturent le Haut Plateau Mexicain, dont la limite sud est constituée par une énorme masse montagneuse formée de cônes volcaniques et de blocs de lave, connue sous les noms d’Axe Volcanique ou de Système Tarasque Nahoa. C’est sur ce Haut Plateau que se dressent, le long d’un axe ouest-est, les sommets les plus élevés du pays : le Pic d’Orizaba ou Citaltépetl, le Cofre de Perote, la Malinche, le Popocatépetl, l’Iztaccíhuatl, le Nevado de Colima, le Volcan de Colima et d’autres encore.
  • Une autre chaîne volcanique, la Sierra de Zacatecas, parcourt le Haut Plateau du nord-ouest au sud-est, depuis la Sierra Madre Occidentale, un peu au nord du Tropique du Cancer, jusqu’à la Sierra Madre Orientale qu’elle atteint à la hauteur de l’Axe Volcanique.  

1.3.4. Les parcs naturels et les zones protégées :

Aux États-Unis :

  • On compte 58 parcs nationaux gérés par le National Park Service. Les parcs nationaux sont créés par décision du Congrès. Le premier parc national, Yellowstone, fut créé par une loi en 1872 et fut suivi par Sequoia et Yosemite en 1890. L'acte organique de 1916 créa le National Park Service afin de "conserver les paysages et les objets naturels et historiques et la vie sauvage qui s'y trouvent, ainsi que de permettre d'en profiter d'une manière qui les préserve dans le même état pour les générations futures".
  • Les parcs nationaux sont en général constitués de milieux naturels très variés situés sur de grandes superficies. Le parc national le plus récent est Great Sand Dunes établi en 2004.
  • 27 États disposent de parcs nationaux, de même que les zones insulaires des Samoa américaines et des îles Vierges américaines. L'Alaska et la Californie sont les états qui disposent du plus grand nombre de parcs (8 chacun), suivis de l'Utah (5) et du Colorado (4). La superficie totale des parcs nationaux est d'environ 340 000 km² (soit 3.6 % dela superficie du pays)
  • Le parc le plus visité est Great Smoky Mountains qui a accueilli plus de 9 millions de visiteurs en 2008, suivi de Grand Canyon (plus de 4 millions).Au total, il y a plus de 60 millions de visiteurs dans les parcs nationaux chaque année. 
  • Le succès des parcs est tel qu'ils sont aujourd'hui en surfréquentation, ce qui peut menacer leur survie. de plus, ils sont aussi mencés par d'autres risques (incendies, déchets, pollution, urbanisation, pompage des eaux pour les zones urbaines comme à Yosemite, etc. )

Au Canada :

  • Les parcs nationaux du Canada sont constitués de plus de quarante aires protégées, dont 43 parcs nationaux et réserves de parcs nationaux, quatre aires marines nationales de conservation et un site canadien. Le réseau des parcs nationaux comprend 167 lieux historiques nationaux, qui, comme les parcs, sont gérés par Parcs Canada. La Loi sur les parcs nationaux de 1988 les "dédie au peuple canadien afin que celui-ci puisse les utiliser pour son plaisir et enrichissement de ses connaissances. Ils doivent être entretenus et utilisés de façon rester intacts pour les générations futures."
  • Avec un total 12.5 millions de visiteurs pour année 2010-2011 les parcs représentent une destination touristique majeure du pays. La fréquentation du système des parcs canadiens est concentrée au Sud du pays notamment dans le groupe des parcs de Ouest, les Provinces Atlantiques sont la deuxième zone en terme de fréquentation.
  • Les parcs s'étendent sur 292 000 km² (3 % de la superficie totale du pays). 

Au Mexique :

  • Selon le gouvernement mexicain, les Espaces Naturels Protégés sont des espaces terrestres ou aquatiques nationaux représentatifs des différents écosystèmes, où le milieu original n'a pas été altéré, et qui apportent des avantages écologiques de plus en plus reconnus et valorisés. Ils sont institués par décret présidentiel, et les activités consenties à leur intérieur sont établies par la "Ley General del Equilibrio Ecológico y Protección al Ambiente" (Loi Générale sur l'Equilibre Ecologique et la Protection de l'Environnement). Ils sont soumis à des régimes spéciaux de protection, conservation, récupération et développement, selon les catégories prévues par la Loi. La Commission Nationale des Espaces Protégés gère 164 espaces naturels fédéraux, qui s'étendent sur une superficie de plus de 23 millions d'hectares.
  • Il y a 67 parcs nationaux (14 000 km² ; 0.7 % de la superficie), il s'agit d'espaces caractérisés par la présence d'un ou plusieurs écosystèmes importants en raison de leur beauté paysagère, de leur valeur scientifique, éducative et récréative, de la présence de flore et faune, de leur disposition au développement touristique, ou pour d'autres raisons d'intérêt général.
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