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Geobunnik

Le blog d'un enseignant qui prépare au CAPES et au CRPE en géographie à l'ESPE de Corse à Ajaccio et Corte.

Chapitre 2- Une population jeune ?

Publié le 22 Février 2013 par geobunnik in La Méditerranée

 

L'espace méditerranéen correspond-il à son image de jeunesse, de dynamisme ?

 

2.1. Un foyer de peuplement ancien toujours dynamique

 

2.1.1. Un foyer au niveau mondial ?

 

  • 7 % de la population mondiale en Méditerranée, ce qui fait 427 M d'habitants en Méditerranée … en fait dans les pays méditerranéens. Si on ne compte que la population littorale, celle qui fait partie des régions méditerranéenne, on peut retenir le chiffre de 125 M de personnes en 2000.  
  • Une population qui croit vite ; 285 M en 1970 => 427 en 2000 => 524 en 2025.

 

2.1.2. Un foyer ancien, bien sûr.

 

On peut relire Fernand BRAUDEL sur la civilisation méditerranéenne.

 

a- Un foyer multiple,

Multiple non pas dans ses localisations mais dans ses racines culturelles. Ainsi, 4 espaces (pas territoires) se superposent et se mélangent dans le temps, dans les lieux, dans les territoires ; ces 4 espaces se conçoivent comme uniques, universels et comme des modèles, ce sont 4 formes de monothéisme :

 

Religions et minorités en Méditerranée


b-La présence de minorités :

Ces quatre espaces s'entrecroisent ou s'entrechoquent, ce qui a abouti à la présence de minorités religieuses ou ethniques :

  • En terre chrétienne : des musulmans (bosniaques, albanais, kosovars, immigrés du XX° siècle dans les villes du nord) ;  
  • En terre musulmane : des chrétiens comme les coptes d’Égypte, des arméniens en Turquie, des maronites au Liban, …  ; des musulmans comme les Alaouites au Liban ou en Syrie, des Kurdes en Syrie ou Turquie (12 M ?), des Berbères au Maghreb (10-12 M ?) ;

 

c- Deux cas particuliers :

  • Le Liban où les minorités sont nombreuses (18 confessions reconnues par l’État avec chacune une représentation politique. Les musulmans forment environ 56 % de la population qu'ils soient (chiites, sunnites, alaouites ou ismaélites). Les chrétiens représentent environ 39 % (maronite, grecs orthodoxes, grecs catholiques, arméniens orthodoxes, arméniens catholiques, protestants, romains catholiques, syriaques catholiques, syriaques orthodoxes, assyriens,chaldéens et coptes) et les druzes autour de 4 %.  
  • Les Palestiniens et les Kurdes qui forment deux peuples sans État.

 

2.1.3. Une forte littoralisation de la population

 

  • Si la densité moyenne de la population dans les pays qui bordent la Méditerranée est de 43 habs/km² en 2000, ce chiffre est trois fois plus fort dans les régions littorales : 140 habs/km². En effet, les littoraux représentent 13 % des territoires méditerranéens et 33,6 % de leur population.
  • Cette littoralisation s'explique par deux éléments : 
    • d'une part les plaines côtières ont depuis l'Antiquité été des territoires agricoles où les densités ont pu être plus fortes. Cette densité agricole a pu être augmentée au XX° siècle par des aménagements : assèchement de marais en Italie (Plaine du Pô ou Marais Pontins), démoustication massive en France en Languedoc (ou dans la plaine Orientale corse), …
    • d'autre part la mutation récente de l'économie méditerranéenne qui s'est tournée vers l'industrie et le tourisme. Les littoraux ont alors pris une valeur foncière et économique. On parle d'un retournement du territoire.

 

2.1.4. Une répartition déséquilibrée (croquis)

 

a- Les foyers de population en Méditerranée :

 

  • Il y a quatre grands foyers d'environ 60 à 85 M d'habitants chacun. Ces 4 foyers regroupent 295 millions de personnes. Le géographe Jacques BETHEMONT parle d'une « discontinuité du peuplement ».
  • Le foyer égyptien : la particularité de ce foyer est double :
    • d'une part une population urbaine autour de deux métropoles (Le Caire (17,6 M d'habitants) et Alexandre (4 millions) ; 
    • d'autre part une concentration extrême (90 % de la population sur 5% du territoire, le long du Nil) : la densité des 85 millions d’égyptiens est de 85 habitants par km² à l'échelle du pays, mais de 1 500 habs/km² sur les terres arables. A noter que cette population est à moitié rurale.
  • Le foyer turc : il se confond presque avec le pays tout entier.
    • Celui-ci compte 74 millions d'habitants, avec une densité moyenne de 95 habs/km².
    • La ville d'Istanbul (près de 13 millions d'habitants) et la capitale Ankara (3,7 M) dominent le système urbain devant d'autres grandes villes comme Izmir, Antalya, Bursa ou Diyarbakir.
    • Ce foyer turc ou anatolien est aussi rural, la population urbaine du pays est assez forte (+ 75 %). 
  • Le foyer italien : 60 millions d'habitants, à 70 % urbains, avec trois villes qui dominent un réseau organisé de manière linéaire : Naples, Rome, Milan. Ces trois cœurs urbains organisent le pays et sont accompagnés d'autres métropoles régionales. (Sicile 200 habs/km²). 

 

  • Le foyer nord-africain : Il est principalement littoral, entre Atlas et Méditerranée, dans des plaines densément peuplées et moyennement urbaines (les trois pays comptent 55 à 65 % d'urbains). Ce foyer regroupe 76 millions d’habitants en 2008 (35 millions en Algérie, 31 au Maroc, et 10 en Tunisie).

 

b- Des foyers secondaires :

A côté de ces quatre grands foyers, on trouve des foyers secondaires, plus réduits, sur des sites similaires : littoraux et fluviaux :

  • Les côtes espagnoles de Gibraltar à Barcelone, Baléares comprises (215 habs/km²). A noter que l’Espagne compte deux autre foyers de population : Madrid et la côte atlantique.
  • Le littoral français ;  
  • La rive orientale de la Méditerranée, de la Syrie (22M en tout) à la Bande de Gaza (1,5M) en passant par le Liban (5M) et Israël (7M).  
  • Les côtes de l'Adriatique.

On trouve aussi des zones vides, notamment en Libye et en Égypte ou encore en Grèce (la densité moyenne est de 88 habs/km², mais des régions entières comptent moins de 10 habs/km², comme le Péloponnèse ou la Grèce centrale. De même certaines îles sont peu densément peuplées (Corse 35 habs/km² – Sardaigne 70 –

 

=> Voir la carte :

 

carte des villes du bassin méditerranéen carte des villes du bassin méditerranéen

 

 

2.2. Une population jeune ?

 

2.2.1. Un modèle méditerranéen ?

 

Il n'y a pas de modèle démographique méditerranéen. On ne peut que faire des regroupements de pays ou de régions aux attitudes semblables. Ces territoires se rejoignent par leur démographie mais celle-ce est souvent issue de choix politiques, économiques, sociaux complexes.

Au cœur de l'étude de la population se pose la question de la transition démographique, c'est à dire le passage d'un régime de population où le taux de natalité et le taux de mortalité sont élevés (250 %o) à un régime dans lequel les taux de natalité et de mortalité sont faibles (entre 10 et 20 %o). Cette TD se déroule en 3 temps :

  1. faible augmentation ou stabilité de la population ;
  2. très forte hausse de la population ; 
  3. population stabilisée ou en baisse.

Cette TD se base sur deux indices clés, mais il en découle d'autres indicateurs démographiques qui montrent l'évolution des populations. Cet outil permet aussi de dépasser la coupure Nord-Sud classique. En fait, trois régimes coexistent.

 

2.2.2. L'indice synthétique de fécondité :

 

L'indice synthétique (ou conjoncturel) de fécondité, ou encore « somme des naissances réduites », mesure le nombre d'enfants qu'aurait une femme tout au long de sa vie (15-45 ans), si les taux de fécondité observés l'année considérée à chaque âge demeuraient inchangés.

En Méditerranée, l’indice de fécondité diminue progressivement entre 1990 et 2020, passant en moyenne de 3,07 à 2,07 en l’espace de trois décennies. Cela constitue une baisse importante, plus rapide que celle observée au niveau mondial (de 3,04 à 2,38). Actuellement, l’indice de fécondité moyen se situe à 2,44 en Méditerranée contre 2,65 dans le Monde.

 

On remarque trois groupes de pays :

  • le sud-est (Libye ; Égypte, Israël, TO, Syrie) où l'ISF est élevé (plus de 2,4 enfants par femme). Cela induit un nombre important de jeunes dans la société ;  
  • le Maghreb, la Turquie, la France et une partie des Balkans où l'ISF est compris entre 1,8 et 2,4.
  • Les autres pays, tous européens, qui ont un indice de fécondité très bas, entre 1,33 et 1,82, qui empêche le renouvellement de la population de manière naturelle.

2.2.3. L'espérance de vie à la naissance :

 

Globalement, l’espérance de vie des populations augmente dans le monde. Il en est de même pour la Méditerranée, où l’on vivait en moyenne jusqu’à 71,8 ans en 1990 et où l’on devrait vivre jusqu’à 77,3 ans en 2020. Ces deux chiffres sont supérieurs à la moyenne mondiale : on vit à peu près 8 ans de plus en Méditerranée que dans le monde.

Là encore, on note des différences avec une coupure nette entre nord et sud : 78 ans au nord contre 72 ans au sud, même si cet écart diminue (7 ans en1990 ; 4,5 ans vers 2020).

  • La zone européenne de la Méditerranée connaît les espérances de vie les plus fortes, dépassant à partir de 2010 la barre symbolique des 80 ans. On remarque une césure nette entre les pays de l'UE-15 (Esp-Fra-Ita-Gre) et les autre spas du bassin.
  • A l’inverse, c’est au Maghreb que l’on vit le moins longtemps sur toute la période examinée, même si c’est dans cette zone que la progression est la plus sensible en l’espace de 30 ans (l’espérance de vie passe de 68 à 75 ans).

 

2.2.4. Les moins de vingt ans :

 

La part des jeunes de moins de 20 ans dans la population totale en Méditerranée reste forte mais diminue : En moyenne, 35% de la population du bassin méditerranéen est âgée de moins de 20 ans. Ce chiffre était de 43% en 1990 et passerait à 30% en 2020.

On note encore une dissymétrie nord-sud : La part de ces jeunes est beaucoup plus forte sur la rive Sud de la Méditerranée que sur la rive Nord : 43% contre 24% actuellement.

 

Trois Groupes apparaissent :

  1. Des pays comme l'Italie aux jeunes rares : - de 19 % des Italiens ont moins de 20 ans ;
  2. Des pays aux jeunes quasi majoritaires : l'Egypte (44 %), la Jordanie, le Liban, les Territoires palestiniens (+ 50 % pour les trois pays) ;
  3. Des pays où la proportion de jeunes s'effondre : les pays du Maghreb : la Tunisie (48% en 1990 et 28% en 2020), le Maroc, l’Algérie et la Libye.

2.2.5. Le taux de mortalité infantile :

 

Le taux de mortalité infantile est le rapport entre le nombre d'enfants décédés à moins d'un an et l'ensemble des enfants nés vivants. A l’échelle mondiale, ce taux diminue peu à peu, passant de 65,7 à 43,5 ‰ entre 1990 et 2020.

Cette baisse du taux de mortalité infantile existe également en Méditerranée, où il est nettement plus bas, descendant aujourd’hui à 18,4 ‰ contre 26,9 ‰ en 1990 et pourrait tomber à 12 ‰ vers 2020 (30 points de moins que le score mondial).

Dans la zone méditerranéenne, une coupure très forte oppose le Nord et le Sud du bassin.

  • Dans la Méditerranée européenne, la moyenne du taux de mortalité infantile est actuellement de 5,7 ‰ ;
  • Dans les pays de la rive sud, cette moyenne est de 25,9 ‰ sur la rive Sud, ce qui fait un écart de 1 à 5. 

 

2.2.6. Les plus de soixante-cinq ans :


Encore une fois, deux Méditerranée se dessinent :

  • Les pays de l'UE-15+ l'ex-Yougoslavie qui comptent des populations agées de plus de 65 ans importantes : + de 13,4 % de la population. Ce vieillissement est du à des conditions de vie, d'hygiène et de soins meilleures qu'au sud. Cela induit des dépenses sociales importantes liées aux retraites mais aussi aux dépenses de santé, notamment celles liées à la dépendance.  
  • Les pays des rives sud et est où les plus de 65 ans sont rares : de 3,1 à 7,7 %.

 

2.2.7. Deux ou Trois Méditerranée ?

 

Avant de faire le croquis, d'autres précisions :

  • Le dynamisme démographique est très largement lié à la vitalité des pays de la rive Sud, qui enregistrent une progression de 65% sur la période, tandis que ceux du Sud atteignent à peine 8% de croissance démographique. La Méditerranée est coupée en deux avec un Nord où la population n’augmente presque plus (+14 millions de personnes entre 1990 et 2020) et un sud où la démographie explose (+130 millions de personnes). Grossièrement, cela signifie que lorsque le Nord de la Méditerranée compte un habitant de plus, simultanément, le Sud en compte 10 nouveaux.  
  • Si en 1990, la Méditerranée comptait plus ou moins un habitant du Nord pour un habitant du Sud, à l’horizon 2020, environ deux-tiers des méditerranéens seront localisés au Sud et un tiers au Nord du bassin. La part de la population du Sud de la Méditerranée gagne en importance, passant successivement de 53% en 1990, 59% en 2005 et 63% en 2020 dans le volume démographique global du bassin. 
  • Sur la rive Nord, l’Italie est proche du déclin, avec à peine 0,7% de population en plus entre 1990 et 2020. A l’inverse, l’Espagne se situe au dessus de la moyenne de la Méditerranée européenne, avec un taux de croissance démographique de 13%. Sur la rive Sud, certains pays explosent pleinement en multipliant leur population par 2,64 (Territoires palestiniens), 2,32 (Jordanie) ou 2,03 (Syrie). D’autres connaissent une progression démographique plus faible que la moyenne régionale : c’est le cas notamment de la Tunisie (+41% de croissance entre 1990 et 2020).

 

2.3. Un espace migratoire contrarié

 

Les différentiels de population et surtout de richesse et de régimes politiques font que d'importants courants migratoires parcourent la Méditerranée. On note que depuis toujours la Méditerranée a été un espace de migrations et d'échanges culturels, que ce soit avec les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les musulmans, les croisés, la colonisation.

Trois temps des migrations : 1960-75 ; 1975-2000 ; depuis 2000.

 

2.3.1. Les causes actuelles des migrations :

 

a- Des causes historico-politiques :

  • La colonisation qui a permis ou imposé des migrations d'ouvriers et de soldats du sud vers le nord. Se mettent en place alors des couples migratoires durables entre colonies et métropoles, surtout vers la France. A noter aussi que le million de rapatriés d'Algérie venus en France suivent cette même logique. 
  • Les guerres plus contemporaines ont aussi poussé au départ des centaines de milliers de personnes : la guerre du Liban (1975-1989, 140 000 morts) ; les guerres de l'ex-Yougoslavie (1990-1999 ; 200 000 réfugiés selon le HCR, dont seulement 10 % hors de l'ex-Yougoslavie) ; la Libye (2011, environ 200 000 pendant la guerre, moitié en Tunisie, moitié en Égypte) ; la Syrie (2011-2012 – environ 300 000 réfugiés, surtout au Liban et Jordanie).
  • Ces migrants posent la question de la notion de diaspora qui se définit ainsi pour les géographes : La dispersion d'une population issue d'un territoire particulier vers d'autres États. Roger BRUNET (1992) énumère trois types de causes de dissémination :
    • « une dispersion contrainte, en l'absence de pays propre (diaspora palestinienne) ;
    • une difficulté d'existence plus ou moins momentanée (diaspora portugaise, irlandaise) ;
    • ou un choix d'activités et de modes de vie ».
  • Aujourd'hui le terme est souvent considéré dans son sens élargi mais il faut retenir trois critères essentiels : 1- La conscience et le fait de revendiquer une identité ethnique ou nationale. 2- L'existence d'une organisation politique, religieuse ou culturelle du groupe dispersé (vie associative). 3- L'existence de contacts sous diverses formes, réelles ou imaginaire, avec le territoire ou le pays d'origine (l'intégration d'un groupe diasporé ne signifie pas l'assimilation dans le pays d'accueil).

b- des causes économiques :

 

  • Le différentiel de niveau de vie entre la rive nord-ouest et le reste du bassin. Les pays de l'Union Européenne attirent toujours. 
  • On peut utiliser aussi l'IDH pour montrer le différentiel social entre les différents territoires.
  • Cependant, si cette explication était forte pour les couples migratoires des années 1960-1975, les champs migratoires ont changé après 1975. La fermeture progressive des frontières européennes a transformé les flux vers d'autres territoires attractifs : un foyer extérieur formé par les pays du Golfe arabo-persique et deux foyers intérieurs inégaux : la Libye (jusqu'en 2011) et Israël.

 

2.3.2. Les zones de départ :

 

Ce sont principalement des zones rurales, avec la mise en place progressive de réseaux.

  • Trois grandes zones de départ :
    • Le Maghreb : une émigration rurale de travail, des populations pauvres peu instruites. Principalement des hommes dans les années 1960-1975, puis beaucoup plus de femmes (regroupement familial) ;  
    • La Turquie : sur le même modèle migratoire, avec des retours depuis les années 2000 (retraités ou enfants d'émigrés).
    • Le Machrek (Egypte, Palestine, …) qui regarde plus vers les pays du Golfe et la Libye.
  • Des zones secondaires :  
    • Les régions européennes : zones de départ dans les années 1960-1980, puis zones d'accueil aujourd'hui à nouveau zones de départ (depuis la crise de 2007-2008 : Portugal, Grèce, Espagne ; mais des migrants différents : plus instruits) 
    • L'ex-Yougoslavie (depuis les années 1950 puis lors des guerres des années 1990).

 

2.3.3. Les zones d'accueil :

 

Ce sont principalement des zones urbaines, riches (métropoles portuaires ou industrielles de la Méditerranée ou d'Europe du Nord : Lyon, Paris ,Amsterdam, Berlin, …) mais aussi vers des terres agricoles du nord (en Espagne : Alméria et la mer de plastique : 26 500 ha, 80 000 ouvriers agricoles du Maroc ou de Bulgarie ; en France : Languedoc, Plaine Orientale ; en Italie du sud)

 

  • Trois temps là aussi :
  • La France et l'Allemagne, pays privilégiés dans les années 1960-75.
    • On peut y ajouter la GB pour l’Égypte.
    • Un temps d'accueil où les migrants sont recherchés par les industriels pour des emplois d'ouvriers ou de manœuvre dans les usines du nord de la France ou de l'Allemagne mais aussi de maçons.
    • Les migrants viennent du Maghreb, de Turquie mais aussi d'Espagne, Portugal et Italie. Bref, de la Méditerranée en général vers les pays du nord de l'Europe.
    • Cette période cesse avec la mis en place de politiques migratoires qui ferment les frontières.
  • Les autres pays d'Europe (Benelux, puis méditerranéen ou scandinaves), les pays du Golfe, la Libye dans les années 1975-2000.
    • Ce sont des pays européens qui découvrent l'immigration extra-européenne de masse parce que les réseaux anciens sont bloqués ou des pays pétroliers qui cherchent une main d’œuvre bon marché pour travailler dans l'industrie pétrolière mais aussi dans tous les secteurs économiques (construction, transports, éducation, services, …).
    •  Ce temps se termine par la mise en place en Europe d'une politique commune avec la mise en place des accords de Schengen en 1995 et la mise en place de politiques communes de contrôle des frontières (système FRONTEX). 
    • Ce deuxième temps est aussi celui de l'apparition de flux qui traversent la Méditerranée d'Afrique noire ou d'Asie vers l'Europe. Certains pays deviennent des pays de transit. La Méditerranée est traversée par des flux sud-nord, le nord s'étant élargi, tout comme le sud. Des flux qui ne sont plus que légaux : il s sont aussi illégaux, on parle de clandestins, de passeurs, de trafiquants, …

 

  • Un temps difficile ensuite pour les migrants (2000-2012) :
    • des réseaux bloqués, des guerres civiles, des expulsions (Irak, Libye). On évoque alors une « forteresse Europe ».
    • Les flux sud-nord deviennent quasi impossibles et les flux sud-sud sont contrariés.
    • Les flux africains et asiatiques s'intensifient
    • La politique européenne institutionnalise les pays de transit chargés de gérer les flux extra-méditerranéen (Politique Européenne de Voisinage – PEV).
    •  Les flux illégaux continuent mais sont de plus en plus complexes, les routes plus difficiles, plus chères, plus dangereuses, plus longues. (voir les morts aux frontières de l'UE)

 

Croquis : les trois temps des migrations en Méditerranée depuis 1960. 

les trois temps des politiques migratoires les trois temps des politiques migratoires


Ces trois temps sont importants, car ils marquent encore fortement l'imaginaire sociopolitique des pays de la Méditerranée, dans les mémoires, dans les législations ; dans le jeu politique.

 

2.3.4. Un espace traversé par des flux nord-sud au niveau mondial

 

a- Des flux de migrants venus d'Afrique

  • Ce sont des flux relativement récents (à partir des années 1980-1990).
  • Des flux qui sont motivés par des raisons économiques ou politiques.
  • Des flux qui font que les pays de la rive sud de la Méditrranée deviennent des pays de transit : les migrants ne font que trvaerser la Méditerranée pour aller vers l'Europe du Nord (France, Grande Bretagne, Allemagne; Pays Bas, Suède).

 

b- Des flux de migrants venus d'Asie

  • Là aussi des flux récents qui commencent avec les boat people de la pénisnusle indochinoise dans les années 1970 (Laos, Viet Nam, Cambodge) puis qui s'insensifient.
  • Aujourd'hui, deux grandes zones de départ :
    • l'Asie du sud (principalement l'Afghanistan)
    • la Chine (quelques provinces seulement).
  • Conséquence : c'est la Turquie qui est devenue un pays de transit, à la fois pour les aisatiques mais aussi pour des africains (remarquez à Istanbul les téléboutiques qui proposent les tarifs téléphoniques pour toute l'Afrique noire o upour l'Asie du sud).

 

 

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