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Geobunnik

Le blog d'un enseignant qui prépare au CAPES et au CRPE en géographie à l'ESPE de Corse à Ajaccio et Corte.

Chapitre 4- Un choc de civilisations ?

Publié le 22 Février 2013 par geobunnik in La Méditerranée

Une partie sur la géopolitique de la Méditerranée. Considérée comme un des points chauds du globe, une zone de conflits. Attention, il ne faut pas s'arrêter à une vision trop simple voire simpliste des conflits autour d'un prétendu « choc des civilisations » (selon Samuel HUNTINGTON). Cette théorie très décriée veut que les civilisations ne peuvent pas cohabiter et que chacune d'entre elles veut dominer les autres. Cette théorie a permis aux États-Unis d'intervenir dans des conflits dans des pays musulmans, notamment dans le Golfe arabo-persique (Koweït, Irak) pour y imposer des valeurs occidentales : démocratie. Cependant, on ne peut pas opposer si facilement des civilisations. Les enjeux doivent se lire à plusieurs échelles. De plus, il faut aussi s'intéresser au jeu des acteurs (aux ambitions locales, nationales, régionales, mondiales) et à des phénomènes qui ne sont pas dans le temps long (comme les civilisations) mais ancrés dans le présent (chômage, pauvreté, réfugiés, lutes de pouvoir, etc .)

 

4.1. La Méditerranée, un ensemble cohérent ?

 

Pour revenir sur ce choc des civilisations, il faut préciser de quelles civilisations on parle et rappeler que les frontières entre ces civilisation ne sont pas si simples à tracer, et pas seulement depuis la période immigration récente de musulmans vers l'Europe.

 

4.1.1. Trois civilisations

 

a- Croquis

 

Religions et minorités en Méditerranée

 

b- Des oppositions dans le temps long qui marquent des fractures fortes

 

  • Le legs antique : une mer commune qui se coupe en deux avec l’avènement de Byzance. Avant l'unification de la mer par les Romains, trois civilisations vont marquer les territoires, trois civilisations de marins : les Phéniciens, les Grecs puis les Carthaginois. Ils diffusent l'alphabet, les produits commerciaux, les amphores, les vins, mais aussi les idées, le modèle de la cité, les formes de gouvernement, les religions, etc. Avec les Romains, on assiste à une unification de la Méditerranée par Rome, son empire, son système commercial, légal et linguistique. Cependant, au IV° siècle, l'empire devient trop difficile à gouverner et est divisé en deux parties, à l'ouest dominé par Rome on continue à parler majoritairement latin et on est massivement catholique ; à l'est sous l'autorité du Basileus de Byzance, on parle majoritairement le grec et on est orthodoxe.
  • Les croisades, marqueurs d'une division entre Europe et autres rives : Après les invasions barbares en occident, l'empire romain disparaît et l'unité de la Méditerranée est pour longtemps brisée. C'est au XII° siècle, lorsque les Européens retrouvent un germe de puissance que la Méditerranée va redevenir un enjeu politique après des siècles de domination musulmane (VIII°-XII°). Une ligne de fracture durable va se dessiner à l'est de l'Italie et de la Grèce entre un monde chrétien en Europe (sauf Balkans) et un monde musulman sur les rives africaines et asiatiques. Cette division reste encore très présente actuellement tant dans les représentations que dans la réalité religieuse.
  • Une mer européenne pendant la colonisation. La colonisation a été le fait de quatre principaux acteurs : l'empire ottoman qui au XIX° siècle s'est appauvri, endetté et devenu dépendant des banques européennes, qui n'a pas su se moderniser face à des puissances qui ont pris le relais de ce pays. Ces nouvelles puissances européennes ont progressivement occupé des territoires alors sous domination ottomane :
    • La France en Algérie (1830), en Tunisie (1881) et au Maroc(1905). Si les deux derniers sont des protectorats où les Français sont peu nombreux, l'Algérie est une colonie de peuplement divisée en 3 départements. Dans les deux cas les populations locales sont considérées comme inférieures et les colons blancs dominent. Mais c'est surtout la décolonisation qui va laisser des traces encore sensibles de nos jours : la France quitte la Tunisie et le Maroc presque sans violences en 1956, alors qu'elle fuit l'Algérie en 1962 après 8 ans d'une guerre très violente. Cette « guerre sans nom » est gagnée par le FLN algérien qui dirige alors le pays, confisquant la mémoire et entretenant avec la France des relations ambiguës (relations commerciales et émigration assez forte mais rejet officiel, notamment de la langue française). Les relation,s entre la France et ces trois anciennes colonies restent fortes, comme on a pu encore le voir en 2011-2013, lorsque certains membres du gouvernement ont pu soutenir Ben Ali pendant la révolution ou lorsque Hollande est allé en Algérie fin décembre 2012 (repentance ? Les « souffrances de la colonisation » , etc. pour la première fois un chef de l’État français fait une visite officielle en Algérie avant celle du Maroc !) 
    • La GB en Égypte succède à l'empire ottoman en 1882 pour mieux contrôler le canal de Suez. Le protectorat prend officiellement fin en 1919 après une révolution, mais l'indépendance n'est accordée qu'en 1936. En 1952, ce royaume devient république après le coup d’État du général Nasser et de Naguib (éphémère premier ministre).
    • L’Italie est présente en Libye de 1911 à 1943.

 

c- Des civilisations qui se sont aussi croisées : la présence de minorités :

  • Des minorités chrétiennes en Orient : 
    • Les Coptes en Égypte : 7 à 8 millions de personnes (un peu moins de 10 % de la population du pays). Ils forment une branche de l'orthodoxie et ont été majoritaire dans le pays jusqu'au XIV° siècle. Ils connaissent à la fin du XX° siècle et au début du XXI° siècle des persécutions parfois meurtrières, comme le 1er janvier 2011 (attentat devant une église, 21 morts et 79 blessés), parfois symboliques (interdiction d'élever des porcs pourtant utiles dans le traitement des déchets de la ville du Caire). Ils parlent la même langue que les autres égyptiens (le copte est devenu une langue liturgique) et font face actuellement à la montée d'un islam très rigoriste ou fondamentaliste ou intégriste.
    • Les Maronites, environ 3,5 millions, principalement au Liban. Ils sont rattachés à l’Église romaine, sous l'autorité d’un patriarche. Le rite est proche de celui des catholiques, mais il se déroule en syriaque. Ils ont été aux cœur de la guerre du Liban, ne voulant pas abandonner leurs prérogatives alors qu'ils étaient de moins en moins nombreux. (partage des postes et des pouvoirs politiques selon les confessions décidé en 1946 selon le recensement de 1932.
    • Les Arméniens en Turquie et en Arménie. On est à la limite du monde méditerranéen. Les arméniens ont été persécutés durant la première Guerre mondiale. Le génocide de 1915-1916 a causé la mort de 1,2 millions de personnes (2/3 des Arméniens de l'empire ottoman). Ils seraient actuellement 60 000 dont 45 000 à Istanbul.
  • Des minorités musulmanes en Occident : Des urbains arrivés depuis la décolonisation et la demande de main d’œuvre des pays d'Europe. On en trouve surtout dans les villes industrielles et portuaires ou dans les régions agricoles (Languedoc, Corse, côtes espagnoles, comme autour d'Alméria). Les migrants y sont souvent sans qualification dans les année s1960-1980, puis devant la fermeture des frontières et la difficulté d'entrer dans l'UE ce sont surtout des diplômés qui n'ont pu trouver des emplois dans leur pays d'origine. Leurs enfants ont repris la religion de leurs parents. Aujourd'hui se pose la question de la reconnaissance de leur droit de pratique leur religion dans des lieux de culte (mosquées). Si les municipalités ne sont pas opposées à l'édification de mosquées, ce sont les riverains qui souvent s'opposent à celles-ci. (cf Marseille – construction en 2013 ; Barcelone, débat actuel ; Rome construite en 1995 au nord de la ville ; etc.)
  • Des minorités musulmanes en pays musulman :
    • Les Kurdes représentent une minorité importante au Moyen Orient. Ces 30 millions de personnes comptent pour 21 % de la population de la Turquie (13-15 M), 14 % de la population de l'Iran (7-8 M), 18 % des Irakiens, 8 % des Syriens (1-2 M). 80 % des personnes de cette minorité ne parle que le kurde. Leur situation politique est difficile en Turquie ou le PKK (Parti des Travailleurs Kurde) est un parti politique interdit mais puissant (manifestations, grèves, …) notamment avec ses liens avec une guérilla malmenée depuis quelques années. En 1989, le gouvernement turc a imposé dans toute la région kurde un «régime d'exception». Le sud-est de la Turquie demeure aujourd'hui sous le contrôle illimité de l'armée. Les militaires se sont vu octroyer des pouvoirs extraordinaires, ce qui a amené des détentions sans procès, déportations de civils, recours systématique à la torture, suspension de la liberté de presse. Quant à la plupart des dirigeants kurdes, comme ÖÇALAN ils croupissent en prison et les déportations massives se perpétuent, de même que le pilonnage des villages kurdes mais aussi 30 000 morts depuis 1984 (dont 1/3 de soldats turcs). 70 % des Kurdes sont musulmans sunnites, mais d'autres sont chrétiens.
    • Les Berbères sont présents en Afrique du nord. On estimes leur nombre à 10-12 millions au Maroc (1/3 de la population – Chleuhs, Zayanes, Rifains), 1/3 des Algériens (Kabyles) mais ¼ des Tunisiens (Djerba), 10 % des Libyens (à l'ouest). Les Touaregs (1,5 M d'habitants) sont aussi considérés comme berbères. Les Berbères sont majoritairement islamisés, ils sont mal considérés dans leurs pays même si la constitution algérienne a reconnu la culture amazighe en 1996 et que le roi du Maroc (M6) a créé un institut royale de la langue amazigh en 2001. En 2011, le berbère devient deuxième langue officielle du royaume.
  • Le cas particulier d'un foyer juif en terre musulmane : Israël, sa création. (le reste dans la partie 3,1) Depuis la fin du XIX° siècle, les communautés juives d'Europe orientale ou centrale ont connu des pressions fortes : pogroms, discriminations, etc. C'est à ce moment que naît l'idée de créer un État juif en Israël : le sionisme. Au début du XX° siècle, l'immigration juive s'intensifie n Palestine (alors sous mandat britannique, ancienne possession ottomane) : 83 000 juifs en 1918, 463 000 en 1940. C'est évidemment le génocide des juifs par les nazis qui va accélérer l'idée de créer un État juif en Palestine. C'est chose faite en 1947-48 lorsque l'ONU vote l création de l’État d'Israël et lorsque le pays devient officiellement indépendant. 55 % de la Palestine est attribuée aux juifs, le reste aux palestiniens.

 

4.1.2. Des flux divers qui traversent la mer

 

a- Des flux de marchandises

 

Ils sont parfois issus de la colonisation, des flux nord-sud:

  • Des flux d'hydrocarbures : entre ¼ et 1/5 du pétrole mondial transite par la Méditerranée, mais en minorité sud-nord : on peut citer le gazoduc de la Tunisie vers l'Italie : transmed (gaz algérien libyen vers l'Italie et la France) ou les lignes maritimes de méthaniers (bateaux) de l’Égypte (détroit de Suez) vers la mer Noire ou du Maghreb vers l'Europe.
  • Des flux de marchandises industrielles, de direction nord-sud principalement (marchandises manufacturées pour les marchés du sud) mais aussi de direction sud-nord pour d'autres produits fabriqués au sud : textile, automobiles (Renault à Tanger). Ces flux sont issus principalement de Tunisie, Maroc et Égypte. Il en existe aussi de Turquie, mais ils ne traversent pas la Méditerranée dans le même sens.
  • Des flux de marchandises agricoles : céréales du nord vers le sud, fruits du sud vers le nord (oranges du Maroc, huile, olives, ..) … avec des balances commerciales qui bénéficient au nord. L'UE étant le premier partenaire commercial pour les marchandises agricoles des pays des rives sud et est.

Mais il existe aussi des flux issus de la mondialisation :

Des flux est-ouest qui traversent la mer, entre Suez et Gibraltar : des marchandises venues de l'Asie vers l'Europe ou les rives de la Méditerranée et des hydrocarbures du Moyen Orient vers l'Europe (rives de la Méditerranée ou plus loin).

La moitié des conteneurs qui transitent en Méditerranée ne font que traverser cet espace.

 

b- Des flux de personnes

 

  • des flux de migrants (sud-nord) déjà vu ;
  • des touristes :
    • Attention, si le bassin méditerranéen est le premier pôle touristique mondial avec plus de 30 % des touristes mondiaux (275 millions selon le Plan Bleu), ceux-ci sont accueillis principalement dans les pays du nord :
      • L'Espagne méditerranéenne (46 millions de touristes/an),
      • L'Italie (41 millions),
      • La France méditerranéenne (17 millions),
      • La Grèce (11 millions),
      • La Croatie (6 millions).
    • Il s'agit donc principalement de flux nord-nord. 
    • Un tourisme parfois ancien (fin du XIX° siècle, comme la côte d'Azur, la mer Adriatique, Venise ; les côtes espagnoles autour de Barcelone) mais souvent issu des aménagements des années 1960 : Languedoc ; côtes du sud de l'Espagne ; mer Adriatique en Yougoslavie.

 

  •  
    • Cependant, des flux nord-sud existent aussi : des pays de l'UE vers les pays du Maghreb, la Turquie et les îles :
      • Turquie (10 millions),
      • Égypte (5,1 millions), 
      • Tunisie (5 millions, notamment sur l’île de Djerba),  
      • Maroc (4 millions),   
      • Chypre (2,6 millions),
      • Malte (1,2 millions). 
    • Des aménagements pour le tourisme de masse, sur la modèle espagnol, calibré pour des avions : Turquie, Tunisie, Maroc. Un tourisme balnéaire principalement, avec qq sites de tourisme culturel (Libye, Turquie, Maroc, ...)

 

c- Des flux d'idées

 

Ils sont soit véhiculés par les touristes :

  • le modèle occidental de consommation ;  
  • le modèle occidental démocratique ;
  •  un modèle de vie sans la religion ; 
  • d'autres formes moins positives (tourisme sexuel, image des occidentaux ou des occidentales parfois vues comme dépravées, sans morale, ...) 

 

Mais ils sont aussi véhiculés par les migrants :

  • l'islam revendiqué comme le ceur de la culture maghrébine (heureusement il n'y a pas que cela dans la culture des nord-africains) ; 
  • la musique (le Raï dans les années 1990), la musique arabo-andalouse en Espagne, etc.
  • les habitudes culinaires : pâtisseries, couscous, narguilé, thé à la menthe, …
  • le vocabulaire (souk, bazar, ...)

 

4.1.3. La question de l'islamisme

 

L'islamisme constitue avant tout une idéologie des exclus d'une modernisation avortée.Il représente également un des effets du malaise culturel des sociétés arabo-musulmanes face à la modernité, et de l'incapacité des élites dirigeantes à promouvoir une véritable réforme politique, morale et intellectuelle.

 

a- Deux foyers extérieurs :  

  • L'Arabie Saoudite et le Wahhabisme : une doctrine fondamentaliste liée à la naissance de l’État arabe au milieu du XIX° siècle : une volonté à la fois de garder les lieux saints des musulmans (Médine et La Mecque, afin de contrôler le pèlerinage (Hadj), un des cinq piliers de l'islam. Le wahhabisme demande une lecture rigoureuse et littérale du Coran (interprétations minimales). Les liens entre pouvoir et religion y sont assez forts. Ce foyer peut diffuser pour deux raisons : la présence des lieux saints (préséance religieuse) et la richesse de l'Arabie Saoudite qui permet de financer des projets, des mosquées et des formations d'imams. 
  • L'Iran : un foyer beaucoup plus récent né de la révolution de 1979 menée par l'Ayatollah Khoméiny. Le pays a financé des mouvements terroristes dans les années 1980-2000 au Liban et dans le monde entier. Il prône un islam lui aussi rigoriste mais celui-ci est Chiite, donc les liens entre pouvoir politique et religieux sont très forts.

 

b- Une idéologie qui profite de la pauvreté et d'un manque d'instruction des populations.

  • Des financements qui touchent les plus pauvres à travers des associations cultuelles ou culturelles qui aident les plus démunis : accès au crédit, aide alimentaire, soins, etc.
  • Des idéologies qui voguent sur la vague des replis identitaires en temps de crises sociales, politiques ou économiques, comme depuis les années 2007, voire avant.
  • C'est une forme de populisme comme d'autres pays en connaissent à travers des mouvements nationalismes ou des mouvements d'extrême droite.

 

c- Un mouvement qui profite de la faiblesse des États

  • Des financements sociaux : les associations pour la prédication se veulent structures protectrices, communautés d'accueil, de ressourcement spirituel et de solidarité sociale ; 
  • Un mouvement politique qui se présente somme étant un modèle de pureté politique, ce qsui est cru (par angélisme) par une grande partie des électeurs ou des citoyens.
  • Des actions plus ou moins violentes dans les États en crise ou les états en guerre : Libye, Tunisie, Syrie, Liban, …ce qui permet à la fois de faire pression sur les populations et sur le pouvoir d'une part mais aussi de se présenter comme martyrs face à la répression d'autre part.
  • Des mouvements violents, djihadistes, qui prônent la guerre sainte non plus contre les « infidèles » mais contre les dérives des fidèles : une logique de la terreur, comme pendant la révolution française : faire peur, intimider par un discours simple, voire simpliste : la modernité occidentale est perçue, par ceux qui en sont exclus, comme uniformisante, réifiante, inégalitaire et de surcroît, attentatoire à l'"identité" car synonyme et "perversion".  
  • Un discours appuyé par des intimidations mais aussi par la volonté de se montrer comme des modèles de vertus. Face à un état corrompu, incompétent, marqué par le népotisme.

 

d- Un mouvement parfois structuré :

  • Dans trois États, des partis politique sont pu émerger suite à des choix démocratiques :
  • En Turquie avec le parti au pouvoir, l'UCK. Un parti plus proche des partis européens de démocratie chrétienne, qui tire donc ses préceptes fondateurs dans la lecture du Coran, mais qui adapte son discours et ses actes à la société contemporaine.
  • Les Frères musulmans en Égypte mais aussi ailleurs, longtemps dans l'opposition ils accèdent actuellement au pouvoir. Un parti apparu en 1928, islamiste. 
  • Le parti politique Ennahda en Tunisie, un parti islamiste qui se positionne entre l'UCK et les frères musulmans, apparu lors de la révolution de 2011 qui a remporté les élections de manière surprenante,

 

4.2. Des puissances aux vues divergentes :

 

Au delà des civilisations, les intérêts des nations ou des entreprises sont aussi à prendre en compte dans cette description de la géopolitique de la Méditerranée. On trouve des puissances régionales qui tentent d'imposer leur vues ais qui doivent composer avec leur passé colonial, mais aussi des puissances extérieures ou encore des pays qui ont voulu se positionner comme puissances régionales mais n'y sont pas parvenues.

 

4.2.1. Des puissances régionales

 

a- Des puissances au passé dominateur :

  • La France, présente au Maghreb depuis 1830 : conquête de l'Algérie, puis de la Tunisie et du Maroc jusqu'au x années 1954-1962. Durant cette période se sont tissés des liens économiques culturels, politiques, des routes migratoires pour ouvriers mais aussi des routes migratoires pour intellectuels ou chefs d’entreprises. Il reste des marchés protégés (Maroc Tunisie) mais aussi des relations difficiles avec l’Algérie, suite au traumatisme mal assumé en France et à la mémoire confisqué en Algérie, celui de la guerre d'indépendance (1954-62) qui a fait environ 30 000 morts côté français et entre 300 et 400 000 morts côté algérien (Benjamin STORA). Une mémoire confisquée par les hommes politiques (Gaullistes, FLN algérien) qui retarde la normalisation des rapports entre les deux pays. La France garde des volontés de puissance en Méditerranée : c'est Nicolas Sarkozy qui a relancé l'idée d'une Union pour la Méditerranée en 2008. Un projet non abouti suite à la crise économique et aux révolutions arabes de 2011.
  • L'Espagne, qui a occupé une partie du Maroc : le Sahara Occidental. Le Maroc a une place particulière dans la mémoire espagnole : c'est de là qu’est partie la prise du pouvoir par Franco à partir de 1936, amenant 39 ans de dictature. Il reste deux territoires espagnols au Maroc : Ceuta et Melilla. 
  • La Turquie a dominé l'ensemble des rives sud du bassin méditerranéen jusqu'aux années 1830 où cette puissance a été dépossédée de ses terres par les Européens. Les anciennes colonies gardent un œil méfiant sur les velléités de puissance régionale de l'ancien empire ottoman.
  • Italie, un pays qui a occupé la Libye entre 1911 et 1943 (officiellement en 1947). Une puissance très secondaire cependant.

 

b- Des puissance régionales, modèles de puissance inachevés (Algérie, Maroc et Égypte) :

  • Trois États qui ont des volonté de puissance :
  • L’Égypte aspire à un leadership culturel et économique, mais aussi politique, même si ce pays se tourne plus volontiers vers ses voisins orientaux (Irak, Syrie, …). Hélas, la volonté de puissance a été réduite par les échecs successifs face au voisins Israélien (guerres de 1948 ; 1956 – Suez ; 1967 – 6 jours ; 1973 – Kippour).
  • Le Maroc et l'Algérie ont tous les deux voulu se positionner comme leader politique autour de deux modèles : l'Algérie comme pays socialiste à l'économie dirigée (échec politique et économique), le Maroc comme leader spirituel et politique. Les deux pays restent opposés à propos du Sahara Occidental, mais aussi concurrents dans leur relation face à la France ou aux États-Unis.

 

c- Israël :

  • Une puissance économique qui base sa richesse sur les nouvelles technologies, sa puissance militaire, mais aussi son soutien sans faille des États-Unis.  
  • Une puissance d'opposition qui cristallise contre elle la très grande majorité des pays voisins (seule l’Égypte a signé un traité de paix avec elle, suite aux accords de Camp David en 1978).
  • Une puissance très décriée (à juste titre) pour sa politique de ségrégation et d'exclusion massive contre la population palestinienne des Territoires occupés.

 

4.2.2. Des puissances extérieures

 

L'enjeu majeur est le contrôle des routes commerciales, mais aussi Israël, les champs de pétrole d'Afrique du Nord.

 

a- l'Union Européenne.

 

Elle a une politique double :

 

  • Politique Européenne de Voisinage : lancée en 2003 :
    • Le concept est celui d’un cercle de pays, partageant les valeurs et objectifs fondamentaux de l’UE et s’engageant dans une relation de plus en plus étroite allant au-delà de la coopération, c’est-à-dire impliquant un niveau d’intégration économique et politique important.
    • L'objectif est de créer plus de stabilité, de sécurité et de prospérité dans les pays voisins et surtout sur les frontières de l'UE.
    • Il s'agit d'accords bilattéraux entre ces pays et l'UE dans la gestion des frontières, des migrants.
  • L'Union pour la Méditerranée (UPM) :
    • 43 États ;  
    • Six projets :
      • la dépollution de la Méditerranée ;
      • Les autoroutes maritimes et terrestres ;
      • La protection civile pour répondre aux catastrophes naturelles ;
      • Une université euro-méditerranéenne ;
      • L’énergie solaire ;
      • Une « initiative méditerranéenne de développement des affaires ».
    • Une coquille vide.

 

b- Les États-Unis :

  • Une présence ancienne pour soutenir Israël depuis sa création et même avant pour contrôler les routes commerciales (milieu XIX° siècle).
  • La Méditerranée constitue pour les États-Unis un axe privilégié de pénétration vers l’Asie centrale et le Moyen-Orient, dont il convient de garantir la sécurité d’usage. 
  • Des bases militaires pour sécuriser la région et surtout ses alliés ;
  • Des accords avec l’Égypte et la Turquie, deux alliés forts (Turquie dans l'OTAN, Égypte : 4 milliards de dollars par an). Mais on peut citer aussi le Maroc, allié choyé (statut d’allié majeur non-Otan par les États-Unis en juillet 2004) ou encore la Jordanie.

c- La Russie :

  • Une nécessité : avoir un accès à des mers chaudes : les mers Baltique set de Barentz étant en partie gelés l'hiver ;  
  • Des accords particuliers avec a Syrie, ce qui explique la situation actuelle du pays et le soutien de la Russie au régime de Bachar El Assad depuis deux ans (et avant aussi) : une base militaire dans le port de Tartous, sur la mer Méditerranée et un débouché pour ses armes.

d- L'Iran :

  • Une puissance régionale en concurrence directe avec d'autres puissances régionales : Irak (en déclin depuis 1991), Israël (qui possède officieusement la bombe atomique), la Turquie.  
  • Une puissance qui a des relais plus ou moins fréquentables ; la Syrie, le Hezbollah libanais, le Hamas dans les Territoires palestiniens et la Bande de Gaza.  
  • Mais une puissance limitée par sa langue (non arabe mais persane), sa religion (chiite) et la peur qu'elle inspire.

e- La Grande-Bretagne :

  • Une puissance secondaire qui garde deux pieds en Méditerranée : Gibraltar et Chypre: bases militaires.

f- La Chine :

  • Une politique de grande puissance émergente, partenaire diplomatique de plus en plus incontournable dans les grands dossiers internationaux (Iran, Corée du Nord, changements climatiques etc.).  
  • Une puissance militaire en pleine expansion (modernisation des forces armées, développement des capacités navales, programme spatial).  
  • Enfin ,un partenaire commercial de premier plan : 
    • l’Union Européenne est devenue le premier partenaire de la Chine, devant les Etats-Unis).
    • Vis-à-vis des États du Sud de la Méditerranée, Beijing entend continuer à apparaître comme un pays du sud soucieux de maintenir une solidarité et une volonté de participer à la défense des intérêts des pays les plus pauvres grâce à son influence croissante dans la communauté internationale. Elle entend pour cela prouver qu’elle est capable de mener une politique d’aide au développement d’un « nouveau type », différente de celle conduite par les pays occidentaux depuis les indépendances. Elle distribue ainsi annulation de dettes, prêts à taux préférentiels, dons humanitaires, assistance à l’éducation et à la formation, tout en avançant parallèlement ses pions dans le domaine économique, et plus particulièrement dans le secteur des hydrocarbures (d'où des accords particuliers avec l'Algérie, la Libye mais aussi l'Egypte).
    • La Chine investit aussi dans les pays de la rive sud, pour profiter des accords de libre échange entre ces pays et l'UE pour accéder au marché européen : 
      • Un Chinatown est même en cours de construction au Caire, sur 1 million de m², 150 millions $ d’investissements, qui accueillera magasins, hôtels, usines etc.  
      • Au Maroc, les seuls investissements chinois dans le secteur de la pêche représentent un total de 150 millions $, soit la moitié du montant total des investissements américains dans le pays, et plus de 2 000 emplois locaux.
  • Une diaspora encore faible dans la zone.

 

g- Les pays du Golfe arabo-persique :

  • Principalement l'Arabie Saoudite et le Qatar.  
  • Pétrole, migrants, pétrodollars, investissements (tourisme, immobilier, sport, …)

 

4.3. Des foyers de conflits :

 

Enfin, au delà des acteurs, il faut aussi s'intéresser aux conflits qui traversent cette région du monde. La Méditerranée est souvent présentée comme un foyer majeur des conflits, situé sur un croissant des conflits allant d Maghreb à l'Asie du sud (Afghanistan). Au delà de cette image, il faut voir que les conflits dans cette région sont d'une part très localisés, d'autre part ils ne sont pas tous identiques.

 

4.3.1. Des conflits issus de la colonisation :

 

a- Israël et les Territoires Occupés ;

 

  • Un conflit armé qui dure depuis 1948 mais qui a des racines plus lointaines (le sionisme qui commence à la fin du XIX° siècle, l'expansion européenne du XIX° siècle (la colonisation, les pogroms puis l'extermination des Juifs par les Nazis entre 1942 et 1945 - 6 millions de morts en 2 ans et 1/2) 
  • Petite chronologie de l'histoire de l'Etat contemporain d'Israël dans la relation avec ses voisins :
    • 1947 : création par l'ONU d'un État juif en Palestine.
    • 1948 : première guerre israelo-arabe qui voit la victoire (surprise) des Israéliens et la mise en place des premiers camps de réfugiés palestiniens suite à la « catastrophe », la Nakba.
    • Guerres israélo-arabes en 1956 – 1967 – 1973.

 

  • Parallèlement, un conflit entre israéliens et Palestiniens apparaît :
    • Création de mouvements anti-israéliens en Palestine : OLP dirigé par Yasser ARAFAT. Mouvements de guérilla, de pression diplomatique, de terrorisme. 
    • 1967, occupation par Israël de Gaza et de la Cisjordanie et Jérusalem-est. Jérusalem (capitale palestinienne) devient la capitale de l’État hébreux (non reconnue).
    • 1977, début du processus de colonisation par l’État israélien dans les Territoires palestiniens.
    • 1987, première Intifada (pierres contre fusils) et unification politique des palestiniens face à un processus de colonisation renforcé et même systématisé.  
    • 1993, accords d'Oslo qui permettent la création d'une autorité palestinienne (« la paix contre les territoires ») : Israël crée trois zones qu'elle contrôle plus ou moins (Zone A : autonomie et gestion par l'Autorité Palestinienne ; zone B : contrôle mixte ; zone C : contrôle israélien car stratégique ou présence de colonies). Un processus qui se délite vite, dans les années 1995-2001 sous la pression des intégristes des deux bords (assassinat de Rabin, attentats, massacres, doublement de la colonisation, …).  
    • 2001, deuxième Intifada et radicalisation : le mur commence à être construit à partir de 2002 pour séparer les deux territoires et réduire le nombre d'attentats.
    • 2006-2007 : division entre Gaza (Hamas, retrait unilatéral d’Israël, de plus en plus fermée et sous la pression de l'armée israélienne) et la Cisjordanie (Fatah, où se concentre la colonisation) – dernier avatar, opération plomb durci en 2008-2009. 
    • 2012 : l'autorité palestinienne est reconnue, malgré la volonté d'Israël comme membre de l'UNESCO, prémices éventuelles de la reconnaissance d'un État Palestinien ?
  • Un conflit asymétrique entre une armée installé, performante, de haute technologie et des milices armées qui pratique soit des attentats, soit une guérilla plus ou moins active.
  • Un conflit qui semble sans fin(volonté d'Istraël et des Etats-Unis de ne pas achever le conflit rapidement).
  • Evidement, présence du mur qui sépare de plus en plus les deux (trois) territoires, à la fois symboliquement, humainement (les deux nations s'ignorent de plus en plus et les clivages s'apporfondissent) et politiquement.

 

b- Le Sahara Occidental

 

  • Un conflit endormi qui a commencé en 1975-76 (retrait des Espagnols et marche verte organisée par la Maroc pour occuper le sud de « son pays » mais sans reconnaissance internationale) et qui est soumis à l'attente d'un référendum sur la situation de ce territoire. Or les deux parties en présence ne sont pas d'accord sur la base électorale (migrants, réfugiés, …).   
  • Entre Maroc et Sahraoui, dominés par le Front polisario soutenu par Algérie.  
  • Le Maroc a lui aussi entrepris de construire un mur de séparation entre les territoires qu'il contrôle et le reste du Sahara Occidental (en fait plus une zone minée et barbelée qu'un véritable mur).  
  • La zone dominée par le Maroc est une zone riche en phosphates, ce qui explique aussi (au delà du nationalisme) le peu d'empressement des autorités marocaines de libérer cette zone. 

 

4.3.2. Une aspiration à plus de libertés de la part de la jeunesse ? Le printemps arabe

 

a- Une courte chronologie :

  • Fin décembre 2010 et durant l'année 2011, une série de révoltes populaires éclate :

    • décembre 2010-janvier 2011 en Tunisie ;

    • janvier-février 2011 en Egypte ;

    • février-octobre 2011 en Libye ;

    • depuis mars 2011 en Syrie.

  • + des mouvements sans révolution au Maroc (changement de constitution) ou en Algérie (aides sociales payées grâce à l'argent du pétrole et du gaz).

  • + des ramifications dans les pays arabes (Yémen, Bahreïn, …)

b- Les causes :

  • Des systèmes politiques à bout de souffle :

    • Ben Ali au pouvoir depuis (reprenant l'idéologie de Bourguiba de 1956)

    • Khadafi au pouvoir depuis 1974

    • Moubarak au pouvoir depuis (reprenant l'idéologie Nasserienne de 1952)

  • Des choix politiques dépassés :

    • népotisme ;

    • nationalisme arabe dépassé ;

    • autoritarisme de moins en moins accepté par les populations ;

    • corruption endémique inacceptable ;

  • Des systèmes économiques marqués par la crise mondiale commencée en 2007 et renforcée par des économies mono-industrielles : industrie touristique en Égypte et Tunisie, industrie pétrolière et gazière en Libye.

  • Un déséquilibre démographique avec la présence de nombreux jeunes qui demandent des droits économiques, un accès aux emplois après avoir fait des études et qui se trouvent confrontés au chômage et à la corruption pour obtenir un emploi.

  • L'occident qui semble soutenir les régimes en place (cf politique européenne de voisinage et choix de liens renouvelés par la France avec la Tunisie de Ben Ali ou la Libye de Khadafi).

c- Les résultats

  • Le départ des dictateurs ;

  • des guerres civiles aux conséquences mal maitrisées en Libye et en Syrie (prolifération d'armes et de combattants) ;

  • Une révélation de mouvements politiques islamistes jusqu'alors réprimés violemment (Ennahada ou Les frères musulmans) ;

  • La mise en place d'élections libres en Tunisie, suivie par une crise politique (toujours pas de constitution deux ans après la révolution de jasmin) ; des élections libres mais pas encore de constitution en Egypte où le pouvoir politique reste sous la pression de la rue.

  • Un changement de regard sur les peuples nord-africains et arabes en général : islam, nouvelles technologies (internet, téléphone portable, blogs, twitter et facebook) et démocratie peuvent faire bon ménage.

 

4.3.3. Une guerre civile :

 

a- La Syrie

  • Un pays important pour plusieurs raisons :

    • c'est une porte d'accès au Porche Orient

    • c'est un pays qui a voulu se positionner comme un pivot politique entre Iran et Liban

    • c'est un pays qui a des vélléités de puissance régionale

    • c'est un pays qui a été classé dans « l'axe du mal » par les EU de Georges W. BUSCH dans les années 2000.

  • Le régime :

    • un régime autoritaire mis en place par Hafez el-Assad en 1970 qui s'appuie sur la minorité alaouite (musulmans chiites, 12 % de la population)

    • un régime qui reprend l'idéologie d'une grande Syrie de la Mésopotamie à la Mer Méditerranée, ce qui justifie l'intervention au Liban en 1976 (retrait en 2005 sous la pression de la France).

    • Un régime soutenu par la Russie

    • Un régime qui relaie la politique de l'Iran

    • Un régime clientéliste qui favorise la minorité alaouite et surtout dans celle-ci les proches de la famille El-Assad.

  • La guerre civile :

    • Elle commence en mars 2011 dans les villes du pays par des manifestations réprimées violemment.

    • Rapidement se met en place une Armée Syrienne Libre aidée par les occidentaux et la Turquie.

    • Le nord du pays est sous l'autorité de l'ASL, les villes restent dominées par le régime en place.

    • Un blocage politique à l'ONU car la Syrie reste soutenue par la Russie et la Chine (intérêts géopolitiques internationaux et internes à ces pays).

    • Environ 70 000 morts depuis deux ans (chiffres difficiles à avoir, ce sont des estimations).

b- Des guerres civiles assez anciennes qui ont laissé des traces dans les mémoires des populations :

  • L'Algérie :

    • une guerre civile très violente entre 1991 et 1999.

    • Déclenchée par un refus du régime au pouvoir depuis l'indépendance (le FLN soutenu par l'armée) ed reconnaître sa défaite lors des élections de 1991 (victoire du Front Islamiste du Salut).

    • La guerre se termine par une libération des islamistes les moins virulents (promesse de se retirer de la vie politiques) et une répression accrue contre les mouvements les plus violents qui se rallient à Al Qaida pour former AQMI en 2007.

  • Le Liban :
    • Une guerre tout aussi meurtrière et destructrice entre 1975 et 1990.
    • Des destructions concentrées dans Beyrout,   
    • Une diaspora important.
    • Un Etat affaibli encore aujourd'"hui, toujours sous la menace de ses deux voisins (Syrie et Israël).
  • La Bosnie-Herzégovine :  
    • Une guerre elle aussi violente puisqu'elle a abouti à des massacres de masse (200 000 morts, dont Srébrenica, 8 000 victimes) et à une logique de « purification ethnique ».  
    • La guerre éclate en 1992 entre des forces bosniaques et l'armée serbe.  
    • Le principal lieu des combats est Sarajevo.  
    • A partir de 1992, intervention de casques bleus mais inaction car il y a mésentente entre les puissances européennes, notamment entre la France et l'Allemagne.

 

  •  
    • Fin de la guerre en 1995 avec les accords de Dayton (donc sous autorité des Etats-Unis) qui aboutissent à un partage du pays en différents territoires ethniquement homogènes.

 

4.3.4. Un conflit de basse intensité : Chypre

 

 

La question de Chypre oppose les deux communautés de l’île ainsi qu’Athènes et Ankara et demeure entière depuis l’invasion des troupes turques en 1974.

L'île est officiellement coupée en deux Etats en 1983 lorsquie la Turquie met en place la République turque de Chypre du Nord. Entre 50 000 et 100 000 colons turcs s'y installent aux côtés des 35 000 soldats turcs.

En 2004, échec du référendum (plan ANNAN) pour la réunification de l'île (accepté par 2/3 des turcs, rejeté par ¾ des grecs). 

 

4.3.5. Des conflits avec les minorités :

 

a- Kurdes en Turquie,

b- Berbères au Maghreb,

c- chrétiens d'orient

 

4.3.6. Des régionalismes porteurs de conflits de très basse intensité :

 

a- Corse

 

b- Catalogne

 

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