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Geobunnik

Le blog d'un enseignant qui prépare au CAPES et au CRPE en géographie à l'ESPE de Corse à Ajaccio et Corte.

Marseille, métropole éclatée

Publié le 24 Février 2013 par geobunnik in La France en villes

Accroche :

  • L'image de Marseille (football, métropole du sud, port, immigration, quartiers nord) => une perception très passionnelle.

  • Marseille 2013 capitale de la culture … avec Aix et l'aire urbaine.

  • Cela pose deux questions : l'image la ville + les limites de la ville.

Sujet :

  • Marseille, agglomération de 1,7 millions d'habitants (INSEE-2010 ; 3° aire urbaine de France derrière Paris et Lyon), mais ville de 850 000 habitants (2006) ; ville de la Méditerranée, grand port européen et français depuis longtemps (les phocéens qui fondent Massalia vers 600 av JC.) ; Les limites du sujet sont à placer ici : faut-il englober Aix-en-Provence ? Fos-sur-Mer ? On le peut.

  • Une métropole = centre décisionnel, population nombreuse et cosmopolite, rang national ou européen (cf classements ROZEMBLAT et CICILE : Marseille en classe 4, avec Lyon, Hambourg, Florence, Zurich, Oslo, Genève, Toulouse, etc. Au 23° rang, loin derrière Paris-Londres, mais aussi Milan, Barcelone, Athènes ou Lisbonne (pour citer des villes méditerranéennes) ; Pose la question de la métropolisation aussi.

  • Une métropole éclatée : une problématique, une piste pour dire que la ville ou l'agglomération est divisée, clivée : clivages sociaux ? (nord-sud ?), division politique (intercommunalité ?), clivages économiques ? etc.

Problématique : outre le fait que le sujet est déjà problématisé, on peut se demander si on assiste actuellement à une métropolisation de Marseille grâce à une politique de concentration des activités métropolitaines par des projets urbains de grande envergure ?

 

Plan :

  • Une métropole qui organise un hinterland réduit.

  • Une agglomération et une métropole éclatées.

  • Des projets pour concentrer et pour dynamiser la ville.

 

1- Une métropole qui organise un petit hinterland


1.1. Un nœud de communication


a- Une situation favorable :

  • Situation favorable : sur l'arc méditerranéen, proche de l'embouchure du Rhône ;

  • Cette situation est liée aux connexions autour de Marseille :

    • Le Rhône, vers le nord, qui permet une relation à Lyon et au nord de l'Europe, situation renforcée par le TGV, les autoroutes (A7)

    • la Méditerranée, vers le Maghreb

    • les axes routiers et autoroutiers vers l'est et l'ouest (A8 , A54)

  • Marseille est donc un nœud de communication important pour le sud de la France, mais aussi pour le sud de l'Europe.

b- Un pôle majeur en Méditerranée

  • Le port de Marseille est devenu un des premiers pôles logistique du sud de l'Europe, un hub majeur.

    • Un port d'hydrocarbures surtout, qui représentent 55 % du trafic (mais 80 % en 1980). La zone industrialo-portuaire (ZIP) accueille 4 raffineries (étang de Berre et golfe de Fos) qui traitent 32 % du raffinage français. Marseille est le 3° port pétrolier au monde.

    • Un port de marchandises : 1M d'evp et 83 M de tonnes en 2009 (mais 100 M de t en 2006 ...) mais 27 M à Singapour, 26 à Shanghai, 23 à Hong Kong, 11 à Rotterdam, 10 M à Hambourg,3,5 à Gioia Tauro, 8,5 M à Los Angeles,

    • Un port de passagers : vers la Corse et vers l'Afrique du Nord (Algérie surtout) et en fort développement, les croisières (9 000 passagers en 1993, 380 000 en 2006, 700 000 en 2010). Au total, 2 millions de passagers par an.

    • Le commerce vers l'UE en priorité (15 M d'€ en 2005), mais aussi vers la Mediterranée (surtout le Maghreb 7,3 M), vers l'Europe de l'Est (4 M), l'Asie (3,5 M), l'Alena (1,9 M)

 

  • L'aéroport de Marseille est aussi un hub important.  
    • … à l'échelle de la France seulement : 8,2 M de passagers (loin derrière Madrid 48 M, Rome 33,5 M, Barcelone 27 M ou Milan 17 M de passagers), 3° aéroport de province (Nice 11,1 M et Lyon 8,5 M) et 5° de France. (Roissy 61, Orly 27,2 M). (Ajaccio 1,2) 
    • de plus, les lignes régulières desservent surtout : la France (20 lignes), l'Europe (38 lignes), la Méditerranée (21 lignes), le reste du monde (5 lignes).

1.2. Une concurrence forte sur une façade maritime majeure

 

a- Une façade maritime majeure en Europe et en Méditerranée.

  • C'est la deuxième façade maritime après la Northern Range.

  • De Gibraltar à Athènes, succession de ports importants, qui longent la route méditerranéenne : Algésiras, Valence, Barcelone, Marseille, Gènes, La Spezia, Livourne, Gioia Tauro, Marsaxlokk, Le Pirée.

  • Notion d'arc méditerranéen à rappeler

PACA se situe entre la 1° région économique d'Espagne (Catalogne), la 1° région économique d'Italie (Lombardie) et la 2° région économique de France (Rhône Alpes).

La faiblesse de Marseille tient à la faiblesse de son poids international face à Barcelone par exemple.


b- Un port en recul

  • Marseille occupaient le 36ème rang mondial a rétrogradé au 39ème rang (voire même au 71° en 2011 selon le blog Ocean Attitude http://www.oceanattitude.org). Cette érosion de la compétitivité de nos ports renvoie à la forte concurrence qu'exercent les ports de la façade nord de l'Europe (Rotterdam, Anvers, Hambourg) et de la façade méditerranéenne (Barcelone, Gêne, Malte).

Attention, ce n'est pas spécifique à Marseille : La part de marché des ports français en Europe s'est considérablement restreinte, passant de 19 % à 15 % entre 1989 et 2004.


La cause principale est le passage raté à la conteneurisation des ports français, en particulier Marseille. Si le trafic de conteneurs a augmenté de 58 % entre 1989 et 2005, les ports français ont perdu des parts de marchés considérables en Europe. En 2005, le premier port à conteneurs du monde était Singapour avec 23,2 millions d'EVP et le premier port à conteneurs européen Rotterdam, avec 9,3 millions d'EVP. Dans le même temps, Marseille ne transborde que 1M d'evp/an.

 

c- Une adaptation nécessaire


L'adaptation au conteneurs s'est faite à la fin des années 1990, avec le projet Fos XXL lancé en 1998, mais réalisé à partir de 2007.

Le Port Autonome de Marseille travaille déjà sur la phase suivante, Fos 3XL, avec une extension sur 50 hectares et 800 mètres de quais supplémentaires, dans le but d'augmenter le trafic d'un million d'EVP.


1.3. Un hinterland réduit

 

a- Un hinterland assez réduit par rapport à ses concurrents directs (Barcelone, Gènes) 


b- Des liaisons difficiles avec les autres métropoles :

  • Une saturation du couloir rhodanien (route, chemin de fer, voies navigables)

  • Des liaisons faibles avec l'Italie du Nord

  • Les liaisons ferroviaires à grande vitesse ne dépassent pas Marseille en direction de Paris, rien vers l'est, Nice et Italie.

  • Des liaisons saturées avec l'Espagne.

  • Des liaisons fluviales réduites aussi :


2. Une agglomération et une métropole éclatées.

 

2.1. Une ville d'immigration qui attire toujours


a- La 3° ville de France en population

  • Agglomération de 1,7 M d'habitants, mais ville de 850 000 habitants (2006).

  • Densité de 3 535 habitants par km², Marseille a connu une hausse de 9,7% de sa population depuis 1999.

  • Une ville d'immigration, donc une ville cosmopolite :

    • 57 000 habitants sont français par acquisition

    • 54 500 sont étrangers dont 32 000 ( + de 60 %) originaires du Maghreb.

    • Au total la pop° d'origine étrangère représente 14 % de la population de la ville.

  • Une immigration très ancienne; liée même à la fondation de la ville par les Phocéens au VII° siècle avant JC. A partir du XIX° siècle, avec les Arméniens, les Nord Africains, les Comoriens, les Espagnols, les Italiens, les Corses, les rapatriés d'Algérie, etc.

  • En 30 ans, la population vivant dans le périmètre actuel de la région urbaine de Marseille – Aix-en-Provence a augmenté de 28 %. Après l’apport migratoire très important du début des années 1970, suscité par le développement industriel, l’attraction qui s’exerce toujours est devenue moins intense.

  • Au cours des années 1990, l’apport migratoire a participé pour 44 % à la croissance de la population de la région urbaine. Cet excédent migratoire est le résultat de nombreux mouvements résidentiels avec l’extérieur du périmètre : arrivées dans la région urbaine de personnes en provenance d’autres communes de la région PACA, d’autres régions ou encore de l’étranger et, en sens inverse, départs vers ces mêmes destinations. Ainsi, entre 1990 et 1999, la région urbaine a gagné environ 40 000 personnes, soit en moyenne 4 500 par an.


b- Une métropole étendue qui est très divisée politiquement :

  • Une très grande commune en superficie, car elle s'étend sur 240,6 km² (soit 2,5 fois Paris ou 5 fois Lyon)

Une tache urbaine qui s'étend surtout depuis 1980-2006 : + de 300 ha/an (1980-2006)

 

La périurbanisation a commencé dans les années 1975-1980, et qui s'est encore renforcée depuis : Marseille comptait pour 63 % de la pop° de la région urbaine, 47 % aujourd'hui.

 

Un fort éclatement politique :

  • Une communauté urbaine (Marseille Provence Métropole),

  • 4 communautés d’agglomération :

    • Pays d’Aix ;

    • Salon Agglopôle ;

    • Ouest Étang de Berre ;

    • Garlaban-Huveaune-Sainte Baume [Aubagne]),

  • un syndicat d ’agglomération nouvelle (Étang de Berre),

  • plusieurs communautés de communes.

Un dialogue entre ces structures est handicapé par des rivalités historiques (Aix – Marseille) ou plus récentes, par exemple entre Marseille et l’Étang de Berre sur la question de la localisation de l’incinérateur de déchets urbains ou encore lors de la rédaction du projet de Marseille 2013.


2.2. Une métropole qui est éclatée en trois pôles principaux :


La ville reste le principal pôle économique méditerranéen en France, avec 600 000 emplois, conforté par le pôle toulonais très riche + le triangle Avignon/Arles/Nîmes (100 000 emplois). La ville entend se positionner comme un pôle majeur de la Méditerranée, au même titre que Barcelone.

 

a- Trois pôles principaux :

  • Marseille et ses 300 000 emplois, dont 50 000 emplois métropolitains répartis en plusieurs pôles :

  • Le centre-ville et le vieux-port de Marseille :

    • Un pôle économique (entreprises, bureaux, Forum Euro-méditerranéen des instituts économiques ;

    • Un pôle commercial ; 

    • Un pôle administratif (Mairie, Conseil général, Hôtel de Région ; siège de la Communauté Urbaine ;

    • Une gare TGV qui relie Paris en 3h00. 

    • Un pôle culturel : 

      • Les Rencontres d'Averroès (17 ° édition en 2010 : intellectuels de toute la Méditerranée autour de sujets comme "La Méditerranée au temps du monde », en 2007, puis « Entre Islam et Occident, la Méditerranée » en 2008, « Méditerranée, figures du tragique" ou encore "Méditerranée un monde fragile" (2010).

      • L'opéra, 

      • le Théâtre nationale de la Criée.

      • Notre Dame de la Garde ;

      • L'université (halle Puget, sciences économiques, Canebière droit et économie, St  Charles sciences)

      • Le pôle audiovisuel de la Belle de Mai (Plus Belle La Vie) ; 

    • Un pôle touristique :

      • le vieux port ;

      • la Canebière ;

      • les croisières (630 000 croisiéristes en 2009 ; 810 000 en 2011 ; 950 000 en 2012 ;  

  • Le technopôle de Chateau-Gombert (université de sciences, Un pôle de compétitivité consacré à l'optique (OPTITEC) que l'on peut associer à l'université de St Jérôme.

  • Les pôles universitaires de Luminy, (Beaux Arts, Architecture, sciences, commerce). Un pôle de compétitivité consacré aux biotechnologies). Peu loin se trouve le siège de la COMEX.

  • La Timone : un hôpital, mais aussi la faculté des métiers de la santé : médecine, pharmacie, …

  • Le port de la Joliette :

    • siège du 3° armateur mondial (CMA-CGM)

    • une partie du port de Marseille destiné aux croisières mais aussi aux ferrys pour la Corse et pour l'Afrique du Nord.

  • La vallée de l'Huveaune (industries)

  • Aix en Provence :
    • 150 000 habitants
    • Nœud routier,  
    • Centre administratif (sous-préfecture ; tribunal de Grande Instance + cours d'appel)  
    • Premier pôle universitaire régional, équipements scolaires, universitaires, sociaux, ce qui fait que les fonctions sont relativement grandes par rapport à sa taille.
    • 65 000 emplois dont des emplois de haute technologie (microélectronique, robotique, nucléaire, ingénierie, => technopôle de l'Airbois au SO, un pôle de compétitivité consacré à la gestion des risques et à la vulnérabilité des territoires   
    • Un pôle touristique (urbain et "provençal")
  • L’Étang de Berre autour de Fos-sur-Mer + Martigues* + Marignane* + Vitrolles* + Berre l’Étang + Istres*.   
    • C'est un pôle administratif, avec des bassins de vie autonomes mais qui sont très liés à Marseille : 4 communes de + 30 000 habs (*) qui jouent un rôle commercial et administratif (Istres est sous-préfecture)
    • mais c'est surtout un pôle industriel, avec de l'industrie lourde depuis 1970 :  
      • pétrochimie : 4 raffineries : Shell- Étang de Berre / Esso-Fos / La Mède-Total / Martigues-BP => 1/4 du raffinage de France
      • de la sidérurgie sur l'eau à Fos-sur-Mer : Arcelor-Mittal jusqu'en 2009 + Ascometal les sous traitants = 5 000 emplois
    • Mais aussi avec des industries de haute technologie (aéronautique : Eurocopter à Marignane / + centre d'essais en vol à Istres) et le pôle de compétitivité PEGASE consacré à l'aéronautique.  
    • Ce sont aussi des centres logistique :   
      • Distriport à Port-Saint-Louis-du-Rhône ;
      • Clésud à Miramas ;
      • L’aéroport de Marignane

b- D'autres pôles secondaires :

  • Salon de Provence,

    • très résidentiel ;

    • économie agro-tertiaire et agricole ;

    • fonction militaire avec l'école de l’armée de l'air + la Patrouille de France) ;

    • tourisme ;

  • Aubagne,
    • ville surtout résidentielle et commerciale, entre Marseille et Toulon.  
    • On peut y associer La Ciotat qui a été industrielle jusqu'en 1986 (fermeture des chantiers navals)  
    • Le tourisme (Cassis / massif de Sainte Baume)   
    • L'agriculture (maraîchage + vignes)
  • les territoires du tourisme :  
    • Les calanques,
    • La montagne Sainte Victoire
  • les centres commerciaux :  
    • Plan de Campagne ( 6000 emplois, 150 000 visiteurs par WE, dont la moitié d'acheteurs),
    • Les Milles, 
    • Grand Littoral, dans la vallée de l'Huveaune,  
    • La Valentine.
  • Cadarache / ITER (International ThermonuclearExperimental Reactor - prototype de réacteur nucléaire à fusion), un programme mondial de recherche expérimentale sur la fusion nucléaire : un projet scientifique et industriel international qui a permis de créer 500 emplois directs. Un pôle de compétitivité nommé CAPENERGIES

2.3. Dans Marseille, Des quartiers bien différenciés :

  1.  
    • Les effets de la crise économique des années 1975 et la désindustrialisation de l'agglomération ;

    • Le fait que Marseille ait depuis un siècle absorbé, aggloméré ses banlieues, des territoires qui sont aujourd'hui intégrés au territoire administratif marseillais. Le cas rare d'une commune de cette taille qui englobe ses banlieues.

  2. La ville est une championne des inégalités : le revenu moyen par foyer fiscal est parmi les plus faibles des grandes villes de France, varie de 1 à 3 entre le 1er et le 9° arrondissement. + 20 % des habitants de + 25 ans touche le RMI (surtout ds les 3ers arrondissements).

    Deux raisons à cette situation :

Le centre, (Arrondissements 1 à 6)

  • 230 000 habitants

Une zone paradoxale :

  • On y trouve de nombreux emplois publics, commerces, services : une zone où se concentrent les emplois (127 000) et qui se vide (- 53 000 habitants depuis 1975)

Le tout dans un environnement urbain dégradé et des habitants en situation précaire : C'est le lieu d'accueil traditionnel des migrants, pop° plutôt pauvre, âgée, d'origine étrangère => habitat dégradé, sous-emploi, difficultés de circulation.

C'est logiquement un territoire qui relève de la politique de la ville : le programme de réhabilitation a débuté dans les années 1995 pour faire revenir des habitants dans le centre-ville par des actions de rénovation des habitats, la construction d'équipements de services publics de centralité (fac de droit + commissariat de police dans l’hôtel Noailles sur la Canebière ; réaménagement du quartier de la gare St Charles autour du TGV ; ouverture de la bibliothèque municipale de l'Alcazar -20 000 m²- ; création d'un pôle culturel au Palais Longchamp en vue d'y placer le musée des origines) ou encore par la mise en place d'un tramway. On peut y ajouter un renforcement du pôle universitaire de St Charles (sciences) et Colbert (sciences éco).

Enfin ,c'est le cœur du projet Euroméditerranée.


Le Sud, (Arrondissements 7 à 9)

  • 184 000 habitants,

Ce sont les quartiers chics, avec des résidences de luxe, des emplois dans la finance et les services aux entreprises. Les habitants y disposent d'un fort pouvoir d'achat : cadres supérieurs, professions libérales, résidences de luxes (La Cadenelle, Les Alpilles), lieu où se concentrent les consulats.

Quartiers chics : Le Roucas-blanc, Bonneveine, Périer, Saint-Giniez, Sainte-Anne, ...

Des quartiers très bien pourvus en équipements :


Nombreux espaces verts : Parc du 26° centenaire, Parc Borely, calanques,

équipements publics de qualité (palais du Pharo, un espace de congrès)

Parc scientifique de Luminy

 

Logiquement, Forte pression foncière.


L'Est, (Arrondissements 10 à 12)

  • 156 000 habitants ;

  • Un territoire anciennement industriel en reconversion. Cette zone a été la 1ère zone industrielle de la ville dans la vallée de l'Huveaune jusqu'aux portes d'Aubagne, quelques grandes entreprises y étaient implantées : DANONE, NESTLÉ, RIVOIRE et CARRÉ, PECHINEY, ... un quartier alors surnommé le "triangle d'or de l'industrie". Aujourd'hui, il reste 2 usines : les moteurs BAUDOUIN et ATOFINA, classé Seveso et à l'avenir incertain.

  • Des arrondissements peuplés par les classes moyennes : en particulier le XII° arrondissement, entre Quartiers Nord et Huveaune où l'on trouve des classes moyennes, des rentiers. Des quartiers sans grands ensembles mais traversé par une rocade. Pop° plutôt âgée. Les deux autres arrondissements tentent une reconversion vers le tertiaire, notamment autour du centre commercial de Valentine.

  • Un territoire sans centralité, mal équipé en équipements publics.


Les quartiers Nord, (Arrondissements 13 à 16).


224 000 habitants

Marqué par les grands ensembles et d'importants problèmes économiques et sociaux : un chômage énorme dans un territoire qui, après avoir été un lieu recherché de villégiature (bastides d'armateurs au XVIII° siècle), est devenu un espace industriel développé autour du port : industries mécaniques, chaudronnerie, réparation navale, chimie, agroalimentaire. La crise économique de 1975 a changé la donne, l'industrie portuaire s'est déplacée vers Fos, les usines ont fermé, le taux de chômage tourne autour de 18-20 %.

Dans les années 1960, pour répondre à plusieurs demandes (rapatriés d'Afrique du Nord + exode rural), on a construit des grands ensembles mal reliés aux centre-ville, sans soucis de cohérence architecturale, rapidement dégradés. Aujourd'hui, on y trouve une population jeune, peu qualifiée, pauvres (76 % ne sont pas imposables, 11 % sont allocataires du RSA). Exemple de quartiers : Malpassé, Frais Vallon, St Just (XIII°), La Delorme, La Paternelle, St-Joseph (XIV°), Consolat, les Trois Cités, la Savine (XV°). Des quartiers qui connaissent de multiples contrats de ville, dont un "Grand projet de ville" dont l'objectif est de recoudre les quartiers nord au reste de la ville. (cf la pbq : une ville éclatée)

Des quartiers isolés : éloignement économique et social, mais aussi et surtout physique, par la zone portuaire de la Joliette on est loin des pôles d'emploi, le métro n'y va pas, etc.

 

2.4. Des mobilités accrues

  1. Des mobilités entre les pôles

    • La population de l'agglomération se déplace quotidiennement pour rejoindre différents pôles d'emploi mais aussi les centres commerciaux et les centres culturels ou sportifs.

    • Les quartiers au cœur de Marseille et d’Aix-en-Provence (services administratifs et la présence de sites universitaires)

    • Des pôles en périphérie comme Les Milles ou La Valentine, avec leurs zones industrielles et commerciales, ou encore le site universitaire de Luminy à Marseille. L’activité économique de Vitrolles et l’implantation dee Réseau Express Métropolitain
    • l’aéroport Marseille-Provence à Marignane.

b- Des axes de transport nombreux

  • Autoroutes

  • trains

  • réseau de transports urbains : bus, tram, métro

  • un réseau de transport interurbain aussi : bus, TER, autoroutes ;

  • un réseau saturé (A7 entre Marseille et l’Étang de Berre, A51 entre Marseille et Aix , A50 entre Marseille et Aubagne).

c- Des flux quotidiens intenses :

  • Plus de 87 % de la population effectue au moins un déplacement par jour. On entend par déplacement le fait de se rendre d’un lieu à un autre, sur la voie publique, pour y réaliser une activité en utilisant un ou plusieurs modes de transport. Ce sont ainsi près de 5 580 000 déplacements quotidiens qui sont effectués par un million et demi de personnes âgées de cinq ans ou plus, soit une moyenne de 3,6 par jour.

  • Pour les déplacements, la voiture domine, avec 58 % des déplacements (3/4 des ménages ont une voiture, et 28 % en possèdent même deux ou plus). Cependant, trois déplacements sur dix se font à pied. Les transports collectifs sont, quant à eux, moins fréquentés (9 % des déplacements) qu’en région lyonnaise (14 %) ou parisienne. Leur utilisation est toutefois plus élevée que dans les agglomérations toulonaise et niçoise où ils représentent 6 % des déplacements. L’usage des deux-roues demeure limité à 2 % des déplacements, moins qu’à Nice (4,5 %) ou qu’à Strasbourg (7 %).

  • La dispersion de l’habitat accroît la distance et le volume des déplacements. Les secteurs où le taux de recours à la voiture est le plus important sont des zones résidentielles comme la Côte Bleue, les quartiers du nord d’Aix-en-Provence ainsi que les communes situées entre Aix-en-Provence et Marseille comme Les Pennes-Mirabeau, Cabriès ou Simiane-Collongue. (raison : mal desservis par les transports collectifs + réseau autoroutier les reliant rapidement aux centres urbains).

  • Chaque jour près de 192 000 déplacements ont lieu vers le centre de Marseille, 91 500 vers le centre d’Aix-en-Provence et 41 000 vers le centre d’Aubagne.

d- Des mobilités résidentielles fortes

  • Dans l’Aire Métropolitaine Marseillaise, le taux de mobilité est en moyenne de 13,3 %. (= nombre « d’emménagés » sur une année par rapport au parc de résidences principales du territoire dans lequel ils se sont installés). Cette mobilité a été mesurée par l'Insee qui a découpé le territoire de l'aire urbaine en treize bassins d’habitat qui présentent une certaine homogénéité du point de vue des pratiques et des marchés de l’habitat.

  • Ce taux de mobilité est de 26 % à Aix-en-Provence, 15 % à Marseille et 7 % dans sa périphérie. Une mobilité résidentielle liée au statut des personnes (étudiants, retraités, employés, ...), à leur âge et à l'accession à la propriété (surtout en périphérie, à relier avec l'étalement urbain et principalement dans les bassins extérieurs aux deux grandes villes : de 30 à 40 % dans le Pays d'Aix Ouest, les bassins de Salon-de-Provence et de Marseille, le Haut Var, 5 % à Aix-en-Provence, 14 % à Marseille, pour une moyenne de 16 %. (INSEE)

 

3. Des projets pour concentrer et pour dynamiser la ville.

 

3.1. Le projet Euroméditerranée, pour concentrer les activités

  1. Une volonté politique :

Il s'agit d'un EPA (Établissement Public d'Aménagement) lancé en 1995 qui s'étend sur 311 ha, dont 110 sur le domaine public maritime.

Un projet qui a le statut d'Opération d'Intérêt National, qui reçoit des subventions de l’État, de la région, de la Communauté Urbaine de Marseille Provence Métropole, du département, de la ville de Marseille mais aussi de fonds européens. (8 milliards d'€ d'investissement)


L'objectif de départ est celui d'une requalification urbaine sur des quartiers dégradés en friche : Joliette + Grand Carmes + Arenc.

Cette volonté se base sur quelques atouts : une forte accessibilité (proche du TGV de la gare St Charles + proche du port + 3 autoroutes qui accèdent aux sites), mais aussi un patrimoine immobilier à fort potentiel (très faible prix de l'immobilier dans des zones industrielles abandonnées en grande partie) et enfin une façade maritime de 3 kilomètres.


b- La volonté de reconcentrer les activités

  • Cinq pôles de développement au cœur de la ville sur 310 hectares actuellement, 480 à terme :

    • le quartier des affaires de la Joliette,

    • la Cité de la Méditerranée en bord de mer,

    • le pôle culturel et multimédia de la Belle de Mai,

    • le pôle St Charles-porte d'Aix,

    • la rénovation de la rue de la République.

  • Trois secteurs économiques prioritaires ont été définis :

    • les industries de l'information,

    • les fonctions tertiaires de l'entreprise,

    • les services au commerce international liés au transport, à la logistique et au commerce.

  • L'objectif final est de créer 1 million de m² de bureaux, 35 000 emplois, 18 000 logements neufs et 7 000 réhabilités (40 000 habitants), 40 ha d'espaces verts, 200 000 m² de commerces.

  • En fait, il s'agit bien de créer un centre-ville digne de ce nom à Marseille, un centre qui élargirait le centre actuel (Canebière - Vieux Port) vers le nord.

c- La volonté de dynamiser la ville

  • Le but premier était de mettre un terme à la logique de déclin que connaissait la ville, Euroméditerranée étant vu comme un outil du renouveau économique de Marseille en :

    • rétablissant au centre de Marseille des ouvertures sur la mer, en vue de recréer une forte interface ville-port, comme à Hambourg, Barcelone par exemple.

    • favorisant une certaine mixité des fonctions : tourisme (croisières), bureaux, logements, commerces, en suivant l'exemple d'Oslo, de Gènes ou de Glasgow.

    • concentrant des activités dans un seul quartier, alors qu'elles étaient disséminées ds toute la ville (Le Prado, Castelanne, Bonneveine, ...) Marseille apparaissait comme la seule métropole européenne sans réel quartier d'affaires ...

    • diversifiant les activités économiques vers l'audiovisuel et le multimédia en reprenant la tradition cinématographique de Marseille.

    • développant le tourisme, à travers une offre d'équipements touristiques, culturels ou de loisirs + des hôtels, des salles de conventions et de séminaires (cf Euromed Center).

Ce dynamisme se traduit dans les paysages, avec l'intervention d'architectes majeurs : Jean NOUVEL (projet constructa), Yves LION (Cité de la Méditerranée), Zaha Hadid (Tour CMA-CGM), Maximiliano FUSKAS (Euromed Center),..


Bilan après 10 ans : très positif, déjà 200 000 m² de bureaux, 10 000 emplois ; naissance du pôle audiovisuel ds la Belle de Mai (cf Plus Belle la Vie), concentration des emplois, venus d'autres quartiers réussie, positionnement international en cours, quelques victoires contre des métropoles voisines (Barcelone, Milan,...) : des centres de directions d'entreprises pour la Méditerranée ou l'Europe du Sud.
En cours ; réhabilitation de la rue de la République (2 300 logements à réhabiliter, opération parmi les plus grandes d'Europe).

 

3.3. Marseille Provence 2013

  1. Du sport à la culture ?

    • La volonté de replacer Marseille au cœur de la vie culturelle européenne, alors qu’elle misait traditionnellement sur le rayonnement de son club de football et sur sa capacité à organiser de grands événements sportifs (Coupes du monde de football en 1998, de rugby en 2007, présélection pour la Coupe de l’America en 2007).

    • D'énormes investissements sont faits à la fois dans le cadre du projet Euroméditerranée et dans le cadre de Marseille Provence 2013 :

      • le Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée,

      • la salle de concert du Silo,

      • le Centre régional de la méditerranée,

      • la Cité des Arts de la rue,

      • le Frac…

b- Changer son image ?

  • Faire comme Édimbourg ou Lille, profiter de l'occasion pour changer l'image de la ville, la rendre plus positive.

  • Attirer des touristes (lisibilité) 10 Millions ?

  • Marseille-Provence, actuellement 23e au classement des métropoles européennes, s’est fixée comme objectif d’entrer dans le Top 20. (selon la CCI de Marseille).

c- Gagner de l'argent ?

  • Dans tous les esprits et sur toutes les brochures, les chiffres obtenus par Lille 2004: 6 euros de retombées pour 1 euro investi, les millions de touristes et les «10 ans de notoriété gagnés».

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cuzacq 25/05/2013 21:07

Bonjour,

Je trouve ce cours sur Marseille très complet et très utile pour l'oral à châlons. Pouvez-vous me dire de quelle biblio vous vous êtes servi ? Merci et très bon blog bravo

geobunnik 27/05/2013 16:20

Bonjour,
Merci pour ce petit mot.
Mes deux sources de départ ont été
- la carte IGN de Marseille série bleue (1/25 000) n° 3145ET
- Philippe LANGEVIN et Jean-Claude JUAN, Marseille, une métropole entre Europe et Méditerranée, Études de la Documentation Française, 2007

Je n'ai pas lu le livre de Boris GRESILLON, Un enjeu "capitale", Marseille-provence 2013 aux éditions de l'Aube (sorti fin 2011).