Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Geobunnik

Le blog d'un enseignant qui prépare au CAPES et au CRPE en géographie à l'ESPE de Corse à Ajaccio et Corte.

3- Les Français dans le contexte européen

Publié le 17 Septembre 2012 par geobunnik in CRPE Ajaccio

Nous avons vu dans le chapitre 2 que la France est une puissance européenne aux ambitions mondiales. Elle est un des moteurs de l'UE, voyons ce qui en fait un pays particulier mais aussi malgré tout un pays peu original en Europe.


3.1. Un pays relativement peu peuplé et vieillissant

Selon le site de l'INSEE (link), au 1er janvier 2012, 65,35 millions d’habitants résident en France, dont 63,46 millions en France métropolitaine et 1,89 million dans les départements d’outre-mer (DOM) hors Mayotte. Avec les 780 000 résidents des collectivités d’outre-mer (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna, Saint-Martin et Saint-Barthélemy), la population totale des territoires français atteint donc 66,1 millions d’habitants. La population s’accroît en 2011 au même rythme que ces dernières années (+ 0,5 %), rythme légèrement moindre qu’au début des années 2000 (+ 0,7 % par an entre 2001 et 2006).

 

 

3.1.1. "Paris et le désert français" ?

Rappel : Paris et le désert français, c'est un livre de Jean-François GRAVIER en 1947 pour expliquer que la France pourrait se couper en deux parties si l'Etat n'oeuvrait pas dans une politique d'aménagement du territoire. L'expression est restée, pour expliquer qu'il y a quand même une différence entre ces deux espaces.

 

a- Une répartition de la population en France plutôt déséquilibrée : observer des cartes de la répartition de la population. Que remarque-t-on ? Que la population est plutôt mal répartie en France, avec :

  • Des espaces pleins (à placer sur un croquis) : Les villes ; Les métropoles ; Les littoraux ; Les vallées des fleuves ; Les DROM (sauf Guyane)

4 régions (IdF, Rhones-Alpes, PACA, NPC) = 42 % de la pop°

  • Des espaces vides : (à placer sur le croquis) : Une « diagonale du vide » qui va des Pyrénées à la frontière belge ; Des régions isolées de montagne (Pyrénées, Alpes du Sud, Corse, Massif Central) ; La Guyane.

9 régions (sur 22) = 20 % de la pop°.

 

 

b- Les raisons de cette répartition :   

  • Des raisons historiques : Les principales villes de France sont des villes installées depuis longtemps : Des villes antiques : Marseille par les Grecs, Nîmes avec les Romains ; Des origines médiévales (Carcassonne, ) ; Des villes de l'époque moderne (Aigues-Mortes, Rochefort) ; Des origines plus récentes liées à l'industrialisation (mais c'est surtout un passage de petite à grande ville, comme Sochaux, Clermont-Ferrand)
  • Des raisons économiques : l'industrialisation a ren-forcé les axes de transport, les littoraux et les villes, tout en vidant les péri-phéries montagneuses, apparition alors d'une ligne Le Havre-Marseille (moins nette aujourd'hui).
  • Des raisons naturelles : les reliefs jouent encore un rôle (des villes surtout dans les plaines, peu dans les montagnes ... et dans ce cas dans les vallées accessibles) ; le long des fleuves (axes de communication)
  • Des raisons plus récentes : La littoralisation accélérée par la mondialisation qui favorise les régions portuaires ; "l'effet sud" ou "héliotropisme" , c'est à dire le déplacement des populations et des activités de haute technologies et de services vers les régions situées au sud.

 

c- Des populations sont plus mobiles qu'auparavant : (mobilités internes, c'est à dire en France, pas les migrations internationales) 

  • Cette mobilité est calculée par un taux de mobilité annuel moyen : entre 1990 et 1999, 8,07 % de la population a changé de logement, 5,32 % a changé de commune et 1,59 % a changé de région.
  • Le taux de migration annuel moyen est plus fort autour de 25-34 ans (> 10 % de la classe d'âge), lorsqu'on quitte le domicile parental, pour faire ses études, vivre en couple. On démanage aussi après le 1er enfant, et après les autres aussi parfois. 
  • L'attractivité des régions est variable :  L'Ile de France est la région qui attire le plus : elle capte 42 % des flux migratoires (étudiants, jeunes travailleurs arrivent, familles et retraités partent). De plus, le nord se vide au profit du sud, (à nuancer). L'Ouest attire de plus en plus (Bretagne, Midi-Pyrénées, Aquitaine) : cadre de vie, emplois.

 

d- La particularité de la France par rapport aux autres pays européens :

  • Un pays moyennement peuplé :  (Mettre en relation la carte de la population en Europe et la carte de la densité de population en Europe).

La France est un pays moyennement densément peuplé en Europe : elle se situe au 9e rang de l'Union européenne, loin derrière des États comme les Pays-Bas (460 h/km2), le Royaume-Uni (240 h/km2), l'Allemagne (235 h/km2), l'Italie (195 h/km2).

  • Une fécondité relativement forte :

    • Indice Synthétique de Fécondité : 1,5 enfants par femme en Europe (France : 2)

    • La carte de la fécondité en Europe marquée par la présence de 4 espaces :

      • la Scandinavie + les îles britanniques + Islande + France + ex-Yougoslavie : Indice Synthétique de Fécondité de 1,75 à 2,6 enfants par femme.

      • L'Europe anglo-saxonne, avec des moyennes autour de 1,6 e/fe ;

      • Les pays médi-terranéens, autour de 1,4-1,5 e/fe ;

      • Les pays de l'Est et du centre + Grèce : ISF autour de 1,2-1,3e/fe. (légère reprise depuis qq années)

  • - un pays assez vieux :

  • Un taux de mortalité en France dans la moyenne européenne (9,3 %o)

  • Les deux cartes de l'espérance de vie en Europe en moyenne, (75 ans pour les hommes et 81,2 ans pour les femmes en 2004) montrent que là aussi, différents régimes coexistent : à l'est, une espérance de vie à la naissance plus courte, à l'ouest, plus longue, de même on peut faire un gradient Nord-Sud (plus vieux au Nord qu'au sud).

  • De plus, il faut remarquer une différence hommes-femmes notables : L'écart homme-femme est de 7 ans en France, qui se réfuit, loin des 10 ans en Russie ou Moldavie, mais dans la moyen en européenne.

  • On peut donc parler de la fin de l'exception française liée aux deux guerres mondiales (surtout la 1°) et des conditions de travail ou d'hygiène différentes.

 

3.1.2. Une population vieillissante.

a- A l'échelle nationale : 

  • Au 1er janvier 2010, 24,7 % de la population a moins de 20 ans. Même si cette part diminue, le nombre de jeunes continue d’augmenter grâce aux naissances relativement nombreuses de ces dernières années. Comme les premières générations du baby-boom d’après-guerre ont atteint ou dépassé les 60 ans depuis 2007, le nombre des personnes de 20 à 59 ans diminue depuis cette date. La part des personnes de 60 ans ou plus continue en revanche d’augmenter et atteint 22,6 % au 1er janvier 2010.

Un vieillissement par le haut :

  • L'espérance de vie croît régulièrement depuis un siècle. L'espérance de vie à la naissance des femmes progresse de deux mois en 2009 par rapport à l'année précédente. Une fille née en 2009 peut espérer vivre jusqu'à 84 ans et demi (si les conditions de mortalité à chaque âge restent identiques tout au long de sa vie à celles observées en 2009). La baisse de la mortalité entre 70 et 90 ans en 2009 explique l'augmentation de l'espérance de vie de deux mois.
  • Pour les hommes, l'espérance de vie à la naissance progresse également de deux mois et atteint 77,8 ans. Leur gain d'espérance de vie s'explique en grande partie par le recul de la mortalité entre 70 et 79 ans.
  • En dix ans, les gains d'espérance de vie sont de trois années pour les hommes et de deux années pour les femmes. L'écart entre les deux sexes se réduit, comme les années précédentes, et passe à 6,7 ans en 2009 (contre 7,6 ans dix ans auparavant).
  • Les premières générations du baby-boom d'après-guerre ont atteint ou dépassé les 60 ans depuis 2007. La part des personnes de 60 ans ou plus continue d'augmenter et atteint 23 % au 1er janvier 2010. En 2009, une femme âgée de 60 ans a encore une espérance de vie de 27 ans, soit 1,7 an de plus qu'il y a dix ans, tandis que celle d'un homme du même âge dépasse 22 ans et croît de 2 années en dix ans.
  • En 2009, 546 000 personnes sont décédées en France. Le vieillissement de la population explique en partie l'augmentation du nombre de décès qui progresse de 0,6 % par rapport à l'année précédente. Le taux de mortalité est stable et s'établit à 8,5 ‰.

  • Avec 3,8 décès d'enfants de moins d'un an pour 1 000 naissances vivantes en 2009, le taux de mortalité infantile est stable depuis 2006. Après avoir diminué fortement jusqu'en 2004, il semble avoir atteint un palier. En Europe, quelques pays ont réussi à obtenir de meilleurs résultats : 2,5 pour 1 000 en Suède en 2008, 2,6 en Finlande ou 3,5 en Allemagne. 

Un vieillissement par le bas :

  • Avec 821 000 bébés nés en 2009, le nombre de naissances baisse légèrement (– 7 500 par rapport à 2008) mais reste supérieur à la moyenne des dix dernières années. Un quart de cette baisse, soit environ 2 000 naissances, s'explique mécaniquement par le fait que 2008 était une année bissextile. Un cinquième de cette baisse est due à la diminution de la population féminine de 15 à 50 ans entre 2008 et 2009. Si les effectifs à ces âges étaient restés les mêmes qu'en 2008, il y aurait eu 1 500 naissances supplémentaires. n, la baisse des taux de fécondité des femmes de moins de 30 ans explique le reste de la diminution du nombre des naissances. La fécondité des femmes de plus de 30 ans continue, quant à elle, d'augmenter. 
  • Ainsi, en 2009, l'indicateur conjoncturel de fécondité diminue très légèrement par rapport à l'année précédente. En 2008, il avait atteint son niveau le plus élevé depuis 1975 et le seuil symbolique des deux enfants par femme avait été dépassé. En 2009, il est encore malgré tout à un niveau nettement plus élevé qu'il y a dix ans.  
  • La France reste toutefois en tête des pays européens en termes de fécondité.
  • L'âge moyen à l'accouchement progresse depuis 30 ans : en 2009, il s'établit à 29,9 ans. Pour la première fois, il franchit la barre des 30 ans en métropole.
  • L'âge moyen à l'accouchement augmente partout en Europe et la France se situe dans la moyenne européenne : en 2006, l'âge moyen à l'accouchement est de 30 ans dans l'Europe des 15. Si l'on prend en compte les pays de l'Est, récemment entrés dans l'Union européenne, cet âge est un peu plus faible (29,5 ans).
  • Entre 2007 et 2008, le taux de natalité brut augmente dans tous les États membres excepté l'Allemagne. Les plus fortes progressions se situent en Lituanie (10,4 ‰ contre 9,6 ‰ en 2007), en Irlande (16,9 ‰ contre 16,2 ‰), à Chypre (11,6 ‰ contre 10,9 ‰) et en Pologne (10,9 ‰ contre 10,2 ‰).  

La France et l'Europe ont terminé leur transition démographique. La population a un comportement de population de pays riche, elle fait peu d'enfants.

  •  

    Raisons :

    • des femmes qui font des études plus longues, donc retardent l'age du permier enfant ;

    • des raisons culturelles : la France a commencé sa transition démographique plus tôt que les autres pays (au XVIII° siècle).

    • une politique volontariste ancienne (dès les années 1900 on s'inquiète de la dénatalité en France, politique nataliste forte depuis 1945.

  • La différence avec d'autres pays européens s'explique par :

    • Des raisons culturelles et politiques (lois sur la succession, ...) 
    • une politique volontariste ancienne (dès les années 1900 on s'inquiète de la dénatalité en France, politique nataliste forte depuis 1945).
    • Un solde naturel qui est donc assez fort : à + 275 000 personnes en 2009, (mais + 286 000 en 2008). 

 

b- A l'échelle régionale :

  • Le clivage principal n'est pas forcément Nord-Sud mais plutôt ville-campagne : les régions rurales sont plus vieilles et attirent moins de jeunes (plutôt des retraités), alors que les régions urbaines sont plus jeunes, plus dynamiques (fécondité plus grande) et attirent plus de jeunes (études, emplois).

  • Il existe donc des régions vieillies et des régions jeunes.

 

3.1.3. Les migrations. 

Il faut distinguer des migrations de population internes entre les régions du nord et celles du sud, mais aussi autour de Paris, une ville qui attire et qui émet des migrants. et des migrations de population externes qui ne sont pas finies : Au 1er janvier 2007, on comptait 89,9 % de la population française de naissance + 4,3 % français par acquisition + 5,8 % étrangers.

 

Attention, Il faut bien faire la différence entre les termes que vous utilisez : 

  • Les étrangers représentent  5,9 % de la pop° française, soit 3 771 000 personnes (source INSEE aout 2012).

Un étranger est une personne qui réside en France et ne possède pas la nationalité française, soit qu'elle possède une autre nationalité (à titre exclusif), soit qu'elle n'en ait aucune (c'est le cas des personnes apatrides).

Les personnes de nationalité française possédant une autre nationalité (ou plusieurs) sont considérées en France comme françaises.

Un étranger n'est pas forcément immigré, il peut être né en France (les mineurs notamment).

  • Les immigrés : 8,4 % de la pop° ,soit 5 433 000 personnes. (même source)

Selon la définition adoptée par le Haut Conseil à l'Intégration, un immigré est une personne née étrangère à l'étranger et résidant en France.

Les personnes nées françaises à l'étranger et vivant en France ne sont donc pas comptabilisées. À l'inverse, certains immigrés ont pu devenir français, les autres restant étrangers.

Les populations étrangère et immigrée ne se confondent pas totalement : un immigré n'est pas nécessairement étranger et réciproquement, certains étrangers sont nés en France (essentiellement des mineurs). 

La qualité d'immigré est permanente : un individu continue à appartenir à la population immigrée même s'il devient français par acquisition. C'est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l'origine géographique d'un immigré.

 

En 2011, le solde migratoire de la France est estimé par l'INSEE à + 77 000 personnes. Cet apport modeste des migrations, en comparaison du solde naturel, est une caractéristique propre à la démographie française et ne se retrouve pas chez les principaux voisins européens de la France.

La France est un vieux pays d'immigration, avec des vagues d'immigration successives qui ont enrichi la population ;

Des européens au début du XX° siècle (Polonais, Belges, Allemands, Italiens, Russes)

Des sud-européens dans les années 1950-1970 (Italiens, Portugais, Espagnols) ;

Des méditerranéens dans les années 1960-70 (Algériens, Tunisiens, Marocains, Yougoslaves)

Des Asiatiques dans les années 1970 (Boat-People) ;

Des Noir-africains dans les années 1980-90 (Maliens, Sénégalais, ...) ;

Des Chinois dans les années 1990-2000.

En 2008 (derniers chiffres fournis par l'INSEE), la population étrangère est :

- à 42,5 % africaine (13 % Algériens, 13 % Marocains, 4 % Tunisiens, etc.)

- à 38 % Européenne (11 % Portugais, 6 % Italiens, 5 % Espagnols, 3 % Britaniques, 12 % de l'UE, etc.)

- à 14 % Asiatique (dont 4.5 % de Turcs)

- à 5,5 % Américaine

 

Une politique d'immigration coordonnée au niveau européen : L'espace Schengen est un territoire dans lequel les personnes peuvent circuler librement. Les frontières ne sont donc plus nationales mais collectives ; les visas pour les extra-européens sont valables pour tout l'espace Shengen. Pourtant, chaque Etat a sa propre politique d'immigration :

 

Allemagne :

- Pas de quota
- Pas de contrat d'intégration

- Maîtrise de la langue ("Bonnes notions" d'allemand demandées).

- Regroupement familial pour un contrat de travail de plus d'un an.

- Accord sur les métiers à pourvoir entre les deux pays. Equivalence des diplômes.

 

Espagne

- Pas de quota
- Pas de contrat d'intégration

- Regroupement familial sous condition de ressources et de logement après un an de séjour.

- Listes régionales des secteurs ou métiers ouverts. 

 

France : 

- Pas de quota

- Contrat d'intégration
- Promesse d'embauche
- Test linguistique
- Regroupement familial
sous condition de ressources, de logement et de maîtrise de la langue.

- Liste de trente métiers ouverts, pouvant être élargie si accord avec le pays d'origine. 

 

Royaume-Uni : 

- Pas de quota
- Pas de contrat d'intégration
- Regroupement familial

- Promesse d'embauche
- Test linguistique

- Système à points pour le candidat à l'immigration (âge, qualification ...). Priorité aux professions hautement qualifiées : ingénieurs, scientifiques, médecins spécialistes ...

 

On remarque ainsi un rôle de l'immigration moins important que dans les autres pays européens : une intégration plus poussée (plus d'étrangers qui deviennent français, moins de communautarisme qu'en GB, une immigration plus ancienne, sauf en GB), avec des débats de société sur la place des étrangers et des immigrés dans la société qui ont précédé les débats que l'on entend aujourd'hui en Allemagne sur le modèle « multi-culti », aux PB sur l'intégration et la tolérance religieuse, en Italie ou en Espagne qui sont devenus des pays d'immigration massive plus récemment (Nord-Africains en Méditerranée , Turcs et est-européens en All). 

 

Commenter cet article